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27 juin 2017

Accompagnement en design énergétique – 6 exemples

Accompagnement, coaching… Ces mots sont aujourd’hui tellement utilisés que lorsque je parle d’un « accompagnement en design énergétique », il est bien normal de se demander ce qui se cache derrière…

Comme quelques exemples valent mieux qu’un long discours, je cite ici brièvement plusieurs cas tirés de la vie réelle. J’espère qu’ils pourront illustrer à quoi peuvent bien servir ces prestations. Bien que je ne cite pas explicitement les personnages et les bâtiments de ces situations, ils sont tous réels !

Vous vous reconnaissez dans l’un de ces exemples ? Et bien… soit nous l’avons vraiment vécue ensemble, et je vous en remercie. Soit vous voyez très bien de quoi je parle, et peut-être les autres situations vous inspireront ?

Accompagnement en design énergétique : cas n°1

Allo Pascal ? Dis, pour les 1500 m² de bureaux que nous réhabilitons, l’instructeur du permis de construire nous demande une attestation RT2012… C’est normal ?

Ah ! Les joies des interprétations et usages en matière de règlementation… Les variantes à cette question sont infinies : prise en compte des surfaces, niveaux d’exigences, formulaire officiel ou non, etc. Très franchement, quand je me dis que les architectes doivent aussi gérer l’accessibilité, la sécurité incendie, les normes sismiques, les bureaux de contrôle, le chantier, etc… Et bien je me sens soulagé de m’occuper SEULEMENT d’énergie.

Dans ce cas précis survenu en Lorraine, il s’agissait d’une réhabilitation lourde. A force de réclamation du service instructeur (et malgré le texte officiel), l’opération a été classée en « construction neuve », et menée ainsi avec succès. Quelques mois plus tard, l’un des organismes de financement qui avait soutenu cette réhabilitation exemplaire nous a néanmoins réclamé la note de calcul « rénovation ». La vie a parfois un parfum kafkaïen…

(le définition précise d’une rénovation a par la suite été publiée, comme le montre ce texte)

Accompagnement en design énergétique : cas n°2

Allo Pascal ? Dis, je travaille en station de ski, sur un projet de bâtiment de vente de forfait. Je ne vois pas comment faire. Soit on chauffe le local pour que les vendeurs.ses puissent travailler, et ça nous coûte une fortune avec les portes toujours ouvertes. Soit on ne le chauffe pas pour que les clients en doudoune soient bien, mais les employé.e.s vont se cailler… On fait comment ? 

accompagnement en design énergétique - guichet forfait skiBien souvent, quand on ne trouve pas la solution, c’est que le problème est mal posé. Nous avons tellement l’habitude de raisonner en « chauffage d’ambiance » qu’on en oublie que l’objectif est le confort des personnes. En l’occurence, il suffisait de se demander de quelle manière offrir à des caissier.e.s une sensation confortable, ce qui ouvre l
argement le champ des possibles. Il y a 6 paramètres au confort thermique humain, et la température d’ambiance n’en est qu’un. De plus, on peut « ré-alimenter » en chaleur un corps humain de différentes manières, par exemple par le siège (on le fait par exemple dans les voitures). Il y avait donc toute une variété de solutions techniques et organisationnelles (mettre un chat sur les genoux en est une !-)).

La conclusion de l’histoire est un peu triste… l’exploitant de la station a finalement opté pour des automates de vente. Du point de vue énergétique, la question reste posée, mais il est certain qu’en gestion de personnel, c’est beaucoup plus simple !

Accompagnement en design énergétique : cas n°3

Allo Pascal ? Dis, je suis sur une fromagerie dans un parc National, ils font de formidables fromages fermiers… Mais alors, ça leur coûte une fortune en électricité sur les frigos, les tanks, etc. Il n’y pas moyen d’améliorer tout ça ? 

accompagnement en design énergétique - fromagerieMais bien sûr ! Lorsqu’il y a un « process » dans un bâtiment (et cela comprend l’informatique), en général, je me frotte les mains. Car cela signifie que très probablement, de l’énergie (souvent de l’électricité) est présente, et est diffusée en chaleur en sortie de process. Si on est futé, et qu’on s’y prend suffisamment en amont, il y a souvent moyen de la récupérer, de la stocker et/ou de la transférer. En l’occurence, une fromagerie réalise des opérations complémentaires : elle chauffe le lait pour fabriquer le fromage, puis elle utilise des réfrigérateurs. Bien souvent sur les petites installations, les appareils sont indépendants, on consomme des deux côtés !

Quelques échanges avec un frigoriste qualifié, et une boucle d’échange fut installée entre les appareils chauds et les appareils froids, pour une impressionnante réduction de la consommation électrique.

Accompagnement en design énergétique : cas n°4

Allo Pascal ? Dis, pour la crèche qu’on a livrée en janvier… il vient d’y avoir un pic de chaleur, le directeur dit qu’il fait 30° dans les pièces, que c’est inhabitable et qu’il va nous attaquer pour malfaçon. Pourtant, tu avais fait des simulations, non ? 

Aïe… quand le bâtiment est neuf, on est évidemment plus inquiet quand ça ne part pas bien… Vite, vite, visite de chantier avec l’architecte, le maître d’ouvrage… A première vue, pas de souci, les quelques modifications survenues en cours de chantier sont mineures et ne peuvent expliquer un tel phénomène. Mais dans la buanderie, surprise : 3 sèche-linge empilés tournent. « Oui, bien sûr ils tournent toute la journée », nous dit le directeur. De retour au bureau, quelques rapides simulations d’appoint dans cette configuration jamais mentionnée en conception le confirment : la chaleur dégagée se transmet aux autres locaux, le bâtiment n’arrive pas à « destocker ». Au lieux de commencer la journée à 19°C, comme prévu, il « part » de 24°C. Le moindre coup de soleil, qui ne devait pas faire monter à plus de 25°C dans les pires situations fait remonter le tout au delà de 30°C.

Alors… problème de conception ou d’usage ? C’est une question importante et lourde de conséquences (voir ici un article où j’aborde un peu cette question).

Du côté du maître d’ouvrage, pas moyen d’ajuster la stratégie retenue (autres modèles de lave-linge, choisir une grosse machine performante plutôt que 3 petites peu performantes, etc.). La solution ne peut donc être que technique, donc souvent… coûteuse.  Nous avons eu de la chance dans notre malheur : il a été possible d’ajouter une extraction spécifique sur ce local, afin de le désolidariser, thermiquement parlant, du reste du bâtiment.

Depuis, je garde un oeil toujours plus méfiant sur les buanderies !

Accompagnement en design énergétique : cas n°5

Allo Pascal ? Voilà, mon client est une agence de design parisienne, ils ont des ordinateurs partout. Ils vont déménager, et ont trouvé un très beau et ancien garage automobile à réhabiliter. Ca va être super, mais… comment on va chauffer ce truc ? Pas vraiment moyen d’isoler beaucoup, on perdrait trop de mètres carrés…

accompagnement en design énergétique - garage automobileEt bien… on ne va pas essayer de résoudre un problème avant même de savoir s’il y en a un ! L’informatique peut facilement être le cauchemar du designer énergétique… ou bien sa baguette magique ! Après un rapide calcul de coin de table, nous avons vite vu que la puissance des ordinateurs suffisait largement à chauffer le bâtiment, même par un froid polaire, même sans isoler beaucoup ce local très particulier. En revanche, il a fallu faire un travail très soigné sur la stratégie et la conception de ventilation.

Et vous ais-je parlé des crash-tests ? Si cela ne vous dit rien, voyez cet article.

Ici, il y en avait au moins deux vraiment basiques… Les ordinateurs ne vont pas s’arrêter pendant l’été… est-on certain que le local sera encore confortable ? Et surtout… un parc informatique, ça évolue ! Si demain, les designer optent pour des modèles deux fois moins gourmands (ou réduisent la taille de l’entreprise), alors la « chaudière » est deux fois plus petite.

Nous sommes ici au point où la stratégie énergétique est fortement couplée avec la stratégie générale du projet, de l’entreprise, des gens qui y travaillent. Autant d’endroits où il est possible d’affiner, d’optimiser, de repérer des gisements et des astuces.

Accompagnement en design énergétique : cas n°6

Allo Pascal ? Je t’appelle pour un projet que je pense impossible… Voilà, c’est un parc d’attraction, et ils voudraient que leurs clients puissent dormir dans des yourtes accrochées dans des arbres à 10 mètres de haut. Et pas des yourtes rustiques : il faut le chauffage, des toilettes, l’eau chaude et la lumière. Evidemment, ça se passe dans une zone du parc sans accès électrique. J’ai envie de refuser, ça sent la galère, non ? 

accompagnement en design énergétique - Yourt

Conception : L. Paget

Surtout pas ! Projet hyper contraint = grandes possibilités créatives. L’avantage des sites isolés (refuges de montagne, véhicules, etc.), c’est que le problème est vite posé : il va falloir faire avec les ressources présentes sur place. Et ce qui est rassurant, c’est que de très nombreuses personnes dans le monde vivent en site isolé, en utilisant souvent des solutions énergétiques astucieuses, robustes et très économes. On peut bien souvent les adapter à nos contextes occidentaux, ou au moins s’en inspirer.

Ainsi, nous avons modifié les yourtes pour qu’elles consomment 5 fois moins d’énergie de chauffage qu’en temps normal. Nous avons également choisi un système de cuisson/chauffage/production d’eau chaude astucieux combinant le bois et le soleil. Et pour la cuisson (c’est mon dada !)… Certes le cuiseur à bois (ou gaz, selon les options) que nous avons mis en place est très efficace. Mais surtout nous avons garni la cuisine de nombreux accessoires astucieux qui permettent de réduire la demande en énergie d’un facteur 10 à 20… si l’on sait s’en servir. La liste de ces accessoires… et bien… c’est un petit secret dont je vous parlerai dans un prochain article.

Conclusion

Les variantes sont évidemment quasiment infinies… Si néanmoins on cherchait une ligne commune dans ces exemples, voici ce que j’en dirais : l’énergie n’est bien souvent qu’un « point d’entrée ». C’est un angle de réflexion pour aborder la réalité dans sa complexité. Comme je l’explique dans l’essai Vers un Kamasutra de l’Énergétique, la consommation énergétique est un témoin de l’adéquation entre la technique et l’usage. Voilà pour le contenu et les thèmes.

L’autre point qui me semble essentiel, c’est qu’un tel travail repose sur la confiance. Son efficacité repose sur la certitude que toute question mérite d’être posée, qu’un problème est une porte vers plus de créativité. Souvent, même si les contacts sont brefs (quelques minutes suffisent parfois), la relation se construit dans la durée. Et je trouve rassurant que mes clients n’hésitent pas, à la moindre question, à me solliciter pour échanger un moment ou débloquer une situation. Après tout… je suis là pour ça, non ?

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pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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