7% d’économie pour un degré de moins : non !

C’est quasiment un « marronnier » lorsque l’hiver arrive et que les chauffages s’allument. À la télévision, dans les magazines et les journaux, et bien sûr, sur internet, vous pouvez voir passer ce conseil :  « si vous voulez réduire vos consommations de chauffage, il suffit de baisser vos consignes de 1°C et vous économiserez 7% sur votre consommation de chauffage ». Je pense qu’avant ma naissance, qui commence à dater, il circulait déjà. Et bien ce chiffre, il pose plusieurs problèmes dont je voulais vous parler. Après tout, moi aussi j’ai le droit de suivre les saisons pour mes sujets.

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Yves Marignac, expert nucléaire non-institutionnel (1)

Lorsque j’ai « plongé » dans les questions énergétiques, il y a maintenant quelques années, je pensais avoir les idées claires sur le sujet de l’énergie nucléaire. Et puis, j’ai rencontré Yves Marignac. La première fois que je l’ai entendu, je suis resté bouche bée pendant une heure. Cela se renouvelle à chaque fois que nous nous croisons, depuis maintenant plus de dix ans. Ces dernières années, je me disais à chaque fois : « mais POURQUOI n’ais-je pas mon enregistreur avec moi ? ».

Car cet homme a une capacité incroyable : vous prenez tranquillement un café, vous lancez une question apparemment anodine… et vous voilà parti pour un voyage. Non seulement il raconte une histoire digne d’un roman, mais il tisse pour vous des liens qui vous étaient invisibles et donnent une profondeur inimaginable au sujet. Et vous sortez de cette rencontre avec la sensation d’être plus intelligent, mieux armé pour réfléchir par vous-même. Il ne vous donne pas les réponses : il vous donne les outils pour construire les vôtres.

Nous évoquions depuis plusieurs mois l’idée d’écrire ensemble, et il m’a fait l’honneur et le plaisir d’accepter une interview. Au delà de son très haut niveau d’expertise qui l’amène à intervenir partout dans le monde, j’ai eu envie d’entendre Yves parler de sa position d’expert non-institutionnel. Car c’est un rôle rare, précieux pour nous citoyens, et dont la pratique relève, à mon sens, d’un quasi art martial.

(L’interview sera publiée en deux parties. Cette première partie aborde principalement son rôle d’expert non-institutionnel. Dans la deuxième partie, Yves nous donnera son analyse des principaux sujets de vigilance et d’inquiétude actuels sur le nucléaire).

Yves Marignac – des mathématiques à l’expertise nucléaire

Pascal Lenormand : Bonjour Yves ! Pour ceux de nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore, peux-tu commencer par te présenter brièvement ? D’où viens-tu, et que fais-tu ?

Yves marignac - cop 21

Yves Marignac parle lors de la COP 21

Yves Marignac : On peut dire que mon parcours commence par des études en mathématiques fondamentales, à l’Université d’Orsay – je préfère ce terme à celui qui était utilisé de « maths pures ». Je pense que cela m’a aidé à me structurer, même si j’ai ensuite renoncé à poursuivre dans ce domaine.

La première bifurcation importante se fait en 1991, lorsque je découvre presque par hasard un DEA d’information scientifique et technique. Il venait de se créer autour de ce thème : comment articuler le progrès scientifique et technique avec son contrôle ? Quelles formes démocratiques d’évaluation et de décision ?

Au cours de ce DEA, puis de 3 ans de thèse (malheureusement non achevée) au sein d’une université scientifique, j’ai vraiment découvert cette communication didactique à double sens : de ceux qui ont la connaissance scientifique et technique vers les différents publics, mais aussi à l’inverse, de ceux qui ont des préoccupations sociétales diverses et légitimes à exprimer vers la sphère scientifique et technique. Cela pousse les scientifiques à apporter des réponses à ces préoccupations précises, et non pas produire puis imposer, au nom de leur savoir, leurs propres réponses toutes faites.  

Un sujet parmi d’autres s’imposait :  le nucléaire. Mon travail portait donc sur l’information autour du démantèlement des installations nucléaires.

Pascal Lenormand : Un travail universitaire sur le démantèlement nucléaire ? 

Yves Marignac : Ma thèse s’est déroulée dans le cadre d’une convention CIFRE. Elle était souhaitée par le CEA, très demandeur de ces travaux, et portée par STMI une entreprise du monde nucléaire. J’ai donc été pendant trois ans, à mi-temps, cadre technique en entreprise. Je n’y avais aucune fonction opérationnelle, mais cela m’a permis aussi de voir l’industrie et son fonctionnement de l’intérieur.

En réalité, cette première bifurcation dans mon parcours venait toucher mes préoccupations politiques, mon engagement sur le thème du débat démocratique. 

Et à la fin de ma thèse, en 1996, deuxième hasard : je suis propulsé secrétaire scientifique d’un colloque, en hommage à la journaliste scientifique Martine Barrère  qui venait de décéder.

Ce colloque était organisé par diverses organisations, dont Global Chance. C’est à cette occasion qu’on m’a présenté à Mycle Schneider, le directeur de WISE-Paris à l’époque, avec l’intuition que nous devrions travailler ensemble

L’intuition était bonne, puisque quelques mois après, je deviens stagiaire puis je suis embauché comme chargé d’études. J’y travaille plusieurs années avec Mycle, à une époque où la structure se développe, jusqu’à en devenir le directeur adjoint en 2001. En 2003, Mycle souhaitant se recentrer sur des activités de consultant, je deviens directeur de WISE-Paris. 

Yves Marignac – l’histoire de WISE-Paris

Pascal Lenormand : Peux-tu nous expliquer ce qu’est cette structure ? Une association ? Un bureau d’études ?

Yves Marignac : Mycle Schneider a créé WISE-Paris en 1983. L’idée fondatrice, c’est la promotion d’une information critique et le développement d’une expertise pour aider l’évaluation et la prise de décision dans une vision extrêmement démocratique. 

Notre cœur de métier, c’est d’appliquer cette vision au nucléaire et à ses risques, mais aussi plus largement aux politiques énergétiques, à la prospective sur l’énergie, et à tout ce qui relève des processus d’évaluation et de décision sur ces questions. 

Je crois que WISE-Paris a vraiment incarné cette idée d’une expertise indépendante (je préfère dire aujourd’hui non institutionnelle) sur le nucléaire, basée sur une approche systémique. Il s’agit d’une expertise connectant tous les sujets liés au nucléaire au sein d’une politique énergétique. Cette approche constitue pour nous une dimension essentielle de l’information du public et du débat politique, au sens noble du terme, sur ces questions dans notre pays.

Yves Marignac – une trop rare expertise indépendante

Pascal Lenormand : Il me semble que vous êtes la seule structure aussi spécialisée sur le sujet, et avec une telle démarche ? 

Yves Marignac : Non, nous ne sommes pas les seuls, il y a quelques pôle d’expertise indépendants sur le nucléaire en France, mais ils sont beaucoup trop rares.

En 1986, l’accident de Tchernobyl et son traitement officiel ont été un grand choc, et on a vu se créer de nouvelles structures d’expertise indépendante, par exemple la CRIIRAD et l’ACRO, respectivement plutôt dans la vallée du Rhône et dans l’ouest, autour de La Hague. Les projet associatifs sont proches : doter un collectif citoyen d’une capacité de mesure de la radioactivité pour ne pas se retrouver dans la même situation que lors de l’accident de Tchernobyl, avec des pouvoirs publics manipulant l’information sur la radioactivité pour rassurer la population et éteindre toute opposition sur ce sujet.

Ces structures remarquables existent encore et interviennent plus ou moins régulièrement et fortement dans le champ des risques nucléaires et des activités de l’industrie nucléaire, mais leur point d’entrée est beaucoup plus celui de la radioactivité, c’est à dire des conséquences de l’activité nucléaire. 

Yves - journal de 20 heures

Les EPR chinois de Taishan : le genre de sujets sur lesquels les grands médias sollicitent beaucoup Yves.

C’est resté très difficile d’ouvrir à une expertise pluraliste le champ, en amont, des causes et donc des activités nucléaires en elles-même, de leur régulation et de leur évolution. Sur ce champ-là, où WISE-Paris a toujours été actif, l’accident de Fukushima en 2011 marque peut-être un nouveau cycle.

(Ici un lien vers Un passionnant débat sur le thème « Quel nucléaire après Fukushima ». Une illustration de la rigueur et de la clarté des propos d’Yves, quelques soit le contexte et l’interlocuteur)

Il y a d’autres structures, d’autres experts, notamment le GSIEN (Groupement de Scientifiques Indépendant pour l’Information sur l’Énergie Nucléaire), avec des figures historiques comme  Raymond et Monique Sené. On peut citer bien sûr Global Chance, avec notamment Benjamin Dessus et Bernard Laponche sur les thématiques nucléaires.

Mais d’une part, ces structures ne se sont jamais professionnalisées et d’autre part, elles ont reposé sur l’engagement de quelques personnes qui malheureusement, avec l’âge, ne peuvent plus être aussi actives aujourd’hui. Cela fait aujourd’hui de WISE-Paris la seule structure professionnalisée développant une expertise indépendante dans ce champ sous cet angle systémique. Et elle est de plus en plus seule, alors que les besoins sont de plus en plus grands. 

Yves Marignac – WISE-Paris, un positionnement unique

Pascal Lenormand : Pourquoi précises-tu à chaque fois « WISE-Paris » ? Il y a donc d’autres WISE ailleurs dans le monde, comme les magasins de haute couture ?

Yves Marignac : WISE signifie « World Information Service on Energy ». La structure de Paris  s’est crée par opportunité. L’idée était dès l’origine de relier les niveaux français et international.

Il s’agissait notamment de faire mieux connaître dans d’autres pays la situation française et les leçons plus générales qu’on peut en tirer sur les questions nucléaire et de politique énergétique. C’était naturel, parce que la France présente de ce point de vue là une histoire tout à fait spécifique. Il est important d’en tirer les enseignements, quelqu’ils soient, pour éclairer les choix dans d’autres pays.

Dans notre vision systémique aussi large que possible, cela parait tout aussi évident d’inscrire les réflexions sur la France dans le contexte international et donc d’amener dans le débat français l’expérience d’autres pays. Cette dimension internationale était évidente depuis le début.

Sur la base d’une première entité créée à Amsterdam en 1976, se développait alors un réseau « WISE-International ». Mais ce réseau a été dissous de fait au début des années 1990. 

Pascal Lenormand : Pourquoi ? Cela semblait une bonne idée pourtant…

Yves Marignac : Oui, mais il y a eu très vite un problème de fond. WISE-Amsterdam se revendique en quelque sorte « groupe anti nucléaire », alors que WISE-Paris revendique au contraire une expertise professionnalisée sur ces sujets. Or, si ce travail s’inscrit dans une perspective critique (c’est son rôle social), une expertise ne peut pas résulter d’un a priori, et donc être « anti-nucléaire ». C’est la divergence totale des projets associatifs qui a amené la dissolution du réseau. WISE-Paris est depuis totalement indépendant de tout autre entité portant le même nom.

Historiquement, ça a eu beaucoup d’importance, parce que l’industrie nucléaire française a souvent fait l’amalgame avec WISE-Amsterdam et ses prises de position très militantes pour essayer de discréditer l’expertise de WISE-Paris. À tel point qu’à une certaine époque, c’était un très bon indicateur pour nous de la qualité de ce qu’on produisait. Lorsque la première réponse était « de toute façon, ne prêtez pas attention à ce qu’ils racontent, parce que c’est WISE et qu’ils sont anti-nucléaires », c’est qu’on avait vraiment touché un point très sensible ! 

Yves Marignac – coups bas à Taiwan

Pascal Lenormand : Et quelle est justement aujourd’hui l’image de WISE-Paris, en France et ailleurs ? Est-ce que vous avez toujours des difficultés avec ce nom et cette histoire ?

Yves Marignac - Taiwan

Yves devant une commission parlementaire Taïwanaise. Il y a des gens pour qui, la question du retraitement des déchets, c’est vraiment du chinois.

Yves Marignac :  Je crois qu’aujourd’hui, la question est devenue secondaire. La situation a changé. L’expertise de WISE-Paris est beaucoup plus reconnue aujourd’hui : je suis par exemple, ainsi que ma collègue Manon Besnard, membre de plusieurs Groupes permanents d’experts auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Par ailleurs, la structure repose aujourd’hui sur deux salariés, alors qu’on a été jusqu’à 9 temps plein il y a une quinzaine d’années. L’image de WISE-Paris passe aujourd’hui au second plan, par rapport à mon nom et à ma propre image en tant qu’expert.

La dernière fois que j’ai été confronté à cette confusion, c’était en 2015 à Taiwan. J’avais été invité pour apporter des éclairages sur un projet de contrat de retraitement du combustible usé avec la France, au vu de la situation de cette activité en France. J’ai été auditionné par une commission parlementaire taïwanaise. Le premier commentaire des responsables de TaiPower après mon intervention a été d’expliquer aux parlementaires qu’il ne fallait pas qu’ils croient ce que je racontais, parce que « WISE est antinucléaire et il le dit sur son site ».

J’ai pu leur répondre en disant que visiblement, cette information erronée venait de leur contact chez AREVA, que cela me confortait dans l’idée que c’était le seul interlocuteur qu’il avaient eu, et que cela ne pouvait pas leur permettre d’avoir une vison réellement informée des enjeux et des risques. Les parlementaires leur ont alors demandé à qui ils avaient parlé en France, et il s’est avéré qu’effectivement, ils n’avaient parlé qu’avec AREVA. L’argument s’est donc retourné contre eux, et un journal de Taiwan en avait fait un titre très cru du genre « un expert français en met plein la figure à Taipower ». Il faut remettre cela dans un contexte asiatique, mais ça laisse imaginer l’ambiance.

Yves Marignac – coups (très) bas autour du 11 septembre

Ce n’est qu’une anecdote mais cela illustre ce par quoi on est passé, la dureté des attaques. Le point culminant de cette lutte vraiment très dure se situe sans doute en 2001. Quand les attentats du 11 septembre se sont produits, WISE-Paris venait de remettre au Parlement européen un rapport sur la question des rejets de La Hague et Sellafield. Il traitait essentiellement des rejets en fonctionnement normal, mais nous y avions glissé un petit chapitre sur les rejets en situation accidentelle. Le texte évoquait le fait qu’une chute d’avion était une des causes potentielles de situations accidentelle de rejets massif. On y parlait, sous certaines hypothèses, de rejets de Césium-237 (le principal contributeur de l’exposition à long terme) 66 fois supérieurs à ceux de Tchernobyl.

(Voici un lien vers le document mentionné par Yves. L’extrait dont il parle se trouve page 45)

Après le 11 septembre, lorsque l’attention s’est focalisée sur les réacteurs nucléaires et leur résistance, nous avons vraiment estimé de notre devoir de porter ce risque là à la connaissance du public et du gouvernement. Nous l’avons fait alors même que le rapport n’avait encore été ni adopté, ni publié. Même s’il n’y a aucun lien officiel, cela a tout de même conduit à protéger temporairement les installations de La Hague par des missiles anti aériens. 

Nous avons alors subi des attaques juridiques, et un niveau de violence médiatique sans précédent. Nous étions donc juste après le 11 Septembre, et les Américains ripostaient en Afghanistan contre leur ennemi désigné. Et bien en réaction à la communication de notre analyse, AREVA communiquait dans la presse en disant que confier à WISE-Paris un rapport sur le retraitement, c’était comme commander aux Talibans un rapport sur le droit des femmes. Cela témoigne du refus très fort par le système, à cette époque-là, du principe même d’existence d’une expertise indépendante sur ces questions.

Yves Marignac – la posture de l’expert non-institutionnel

Pascal Lenormand : Tu viens de donner deux exemples, à Taïwan et en France, de situations que j’ai l’impression de voir se reproduire. Lorsque j’écoute tes interventions, je suis frappé de voir souvent, chez ton interlocuteur, des informations vagues, donnant l’impression d’un médiocre niveau de compétence. Et toi, tu viens avec de l’information très précise qui fait mouche. Mais c’est aussi une information très objective. 

Cela me renvoie à ce que tu as mentionné, sur l’expertise indépendante. Nous en avions déjà parlé ensemble : tu as nécessairement une opinion personnelle, mais ton travail est justement d’essayer de ne pas en avoir. Comment peux-tu gérer une chose pareille ? D’autant que cela se passe dans la durée…

Yves Marignac : Oui c’est compliqué… Evidemment, on ne peut jamais complément séparer son moi professionnel et son moi plus profond. 

En tant que citoyen, j’ai évidemment, des convictions. Mais d’une part, je veille à bien dissocier mon action dans l’espace public comme expert et comme citoyen, en réservant mes interventions publiques sur le sujet à mon activité d’expert, pour éviter toute confusion. 

D’autre part, j’ai certes un avis personnel sur la question nucléaire, mais fondamentalement, cette question ne me structure pas en tant que citoyen. C’est à dire que mes engagements citoyens, sont ailleurs, même pas forcément dans le domaine environnemental d’ailleurs, mais plutôt dans le domaine de la laïcité, de la justice sociale ou comme représentant des parents d’élèves par exemple

Dans ma vision du monde, en tant qu’homme et citoyen, le nucléaire n’est pas l’alpha et l’oméga. Je le fais peut-être inconsciemment, mais je réserve ma réflexion sur le sujet nucléaire et plus largement sur le sujet énergie à mon travail d’expert.

Mon engagement en tant qu’expert, c’est celui de l’explicitation des enjeux pour que chacun puisse les comprendre et prendre des décisions réellement informées. Je n’ai au fond  aucun problème avec le fait que la décision politique, à un moment donné, s’appuie ou fasse droit prioritairement à d’autres valeurs que les miennes, ça c’est le jeu démocratique. J’ai en revanche un vrai problème quand on prétend, au nom de certaines valeurs, agir d’une manière qui en sert d’autres.

Yves Marignac – lorsque le nucléaire a diminué notre indépendance énergétique

Pascal Lenormand : Je crois que je comprends, au moins sur le plan théorique. Aurais-tu un exemple ? 

Yves Marignac : Prenons la manière dont l’argument de la sécurité énergétique et la fameuse « indépendance énergétique française » a servi pendant des décennies de premier argument de vente, si je puis dire, au développement massif du programme nucléaire en France.

On nous parlait de ce chiffre un peu magique : « Grâce au nucléaire, la France a 50% d’indépendance énergétique ». Traduction : le nucléaire fournit 50% de l’énergie consommée en France. Et on nous annonce que le « taux d’indépendance » est passé de 25% avant le programme nucléaire en 1973 à 50% aujourd’hui. 

Un tel chiffre repose sur des conventions de comptabilité énergétique. Et ces conventions sont tout à fait discutables. On compte l’énergie primaire produite dans les centrales nucléaire, ce qui intègre les 2/3 d’énergie perdue sous forme de chaleur dans l’environnement, comme si on était très contents de l’avoir « consommée » !

On considère également dans ce calcul l’énergie nucléaire comme une énergie domestique. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on importe de l’uranium, c’est un minéral, qui n’est pas considéré comme une ressource énergétique avant d’entrer dans un réacteur.

Il y a donc un coté magique dans ce chiffre, une sorte de tour de passe-passe. Faisons l’exercice de changer de convention, et regardons les choses en considérant que l’électricité nucléaire est une énergie importée (parce que 100% de l’uranium est importé) et en considérant le bilan en énergie finale. 

Alors le « taux d’indépendance énergétique » passe de 30% en 1973 avant le programme nucléaire à 15 % aujourd’hui.

L’histoire racontée selon le choix de comptabilité est totalement différente !

Je pense que c’est une bonne illustration de mon travail. Essayer de faire en sorte à mon petit niveau, qu’on ne raconte pas aux Français une histoire assénée comme une vérité alors qu’elle est basée sur des choix qui sont toujours contestables. Et il est à mon sens important que les Français aient connaissance des différentes lectures possibles pour faire des choix en connaissance de cause.

Yves Marignac – le rôle citoyen de l’expertise non-institutionnelle

Pascal Lenormand : Si je te suis, l’enjeu n’est donc pas tellement de savoir si le nucléaire est « bien » ou pas, c’est plutôt d’affirmer que c’est une question politique et de choix citoyen. Et pour cela, il faut avant tout donner l’accès au mode de réflexion qui motive telle ou telle décision. 

Yves Marignac : Il n’existe pas de système énergétique ou sociétal répondant simultanément à toutes les demandes, à tous les besoins, à toutes les aspirations de la société. La société est traversée par des courants progressistes et conservatistes, par des gens qui ont des aspirations très différentes en terme de mode de vie, par des visions différentes de ce que doit être l’égalité, la justice sociale, la sécurité ou de ce que doit être notre relation à l’environnement. Cet environnement, doit-on le maitriser, le dominer ou au contraire le protéger, le respecter ?

Et n’importe quel expert développe une vision qui s’inscrit, d’une manière ou d’une autre, dans des valeurs. En ce sens, ce que je suis en tant que citoyen influence évidemment ce que je suis en tant qu’expert, par exemple, au sein de l’Association négaWatt ou je suis très investi dans une continuité totale avec le travail que je peux faire pour WISE-Paris.

Yves lors d’une rencontre de la Compagnie des négaWatt – on se croirait dans un élevage   intensif d’experts énergétiques

L’association négaWatt promeut une certaine idée de l’intérêt général : celle de la recherche prioritaire d’une soutenabilité environnementale incluant la lutte contre le changement climatique et la réduction de notre empreinte en terme de matériaux, d’usage des sols etc. C’est évidemment UNE vision, une dimension de l’intérêt général et d’autres dimensions existent qui sont portées par d’autres acteurs.

Ce qui est fondamental, c’est que des experts puissent expliciter les termes du débat de manière réfutable : c’est précisément cette caractéristique qui  distingue leur avis d’une simple opinion. Cela veut dire expliciter ce que sont aujourd’hui les choix de notre société et ce qu’ils peuvent être demain par rapport à ces différentes valeurs, sur la base d’informations, de données, d’hypothèses, d’arguments et de raisonnements qu’ils donnent à connaitre.

Il y a tout un champ de questionnement sur la difficulté par essence du nucléaire à être géré dans un cadre démocratique. Sinon, oui, une société peut démocratiquement choisir le nucléaire. Mais il faut qu’elle le fasse sur la base d’une compréhension aussi bonne que possible de ce que cela implique en terme d’enjeux et de conséquences.

Le rôle de chacun des experts depuis sa fenêtre, c’est vraiment de contribuer, par des mécanismes organisés d’expertise pluraliste ou simplement par l’expression diversifiée des expertises dans le débat public, à éclairer l’opinion et à éclairer la décision publique par rapport à ces différentes valeurs.

Bien sûr, on ne fait pas ce travail sans une forme extrêmement forte d’engagement. Ce qui me semble vraiment fondamental c’est de bien comprendre que cet engagement premier, il n’est pas de promotion, de défense ou d’attaque de telle ou telle option. Il est de contribution à un débat éclairé à partir des valeurs qui font ce que je suis, et à partir de la compétence d’expert que je construis au fil du temps. Et ce débat éclairé a pour but des processus d’évaluation et de décision aussi démocratiques et aussi respectueux de l’intérêt général que possible. 

Yves Marignac – vivre intérieurement la posture de l’expert non-institutionnel

Pascal Lenormand : Je t’ai demandé tout à l’heure comment tu vivais, intérieurement, cette posture et la manière dont se développent les débats ?

Yves Marignac : Je le vis d’une part, porté par mon engagement à remplir ce rôle social. Disons que c’est une sorte de mission. Je suis convaincu jusqu’a la moëlle que ce rôle social est essentiel, sur tous les sujets et en particulier sur un sujet aussi important en France que le nucléaire et l’énergie. C’est d’autant plus essentiel que nous sommes très peu à le faire. 

Mais il y a aussi, et heureusement, une forme de gratification, à faire ce travail. Elle n’est clairement pas financière, au contraire. C’est une gratification dans le succès, la reconnaissance qu’apporte le fait d’être toujours aussi rigoureux que possible, de toujours s’appuyer sur des faits, des données aussi complètes et actuelles que possible. Et surtout sans doute de toujours veiller à faire la distinction entre ce qui relève de constats, de quasi certitudes apportés par les données et les faits, et ce qui relève de l’interprétation de ces données.

Je pense que cette exigence dans la qualité d’informations sur laquelle on s’appuie et la rigueur dans la façon dont on travaille avec cette information font effectivement très vite la différence lorsqu’on est en face de gens qui, tout en se déclarant expert parce qu’ils ont effectivement une compétence sur le sujet, sont en fait enfermés dans la promotion d’une idée, d’une industrie et ont des discours qui jouent beaucoup plus sur l’ambiguïté entre les constats et les interprétations.

Je crois que lorsque le cadre d’une discussion permet d’aller au fond des choses et d’échanger en détail les arguments, c’est quelque chose qui se voit très vite. Et ça, c’est gratifiant, parce qu’on a chaque fois le sentiment d’avoir pu avancer.

 

En conclusion : un extrait du débat sur le nucléaire, lors de l’élaboration de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Je vous recommande en particulier la question sur le coût à partir de 12 mn environ.

La question des scénarios conventionnels : enjeu majeur de la RE 2020

Aujourd’hui, c’est un article sur un thème proche de l’article précédent : je vous avais expliqué qu’en ce moment, il y a un processus d’élaboration de la future réglementation environnementale qui sera la suite de l’actuelle réglementation thermique. 

Dans ce processus, les services de l’état demandent des contributions à des experts sur différents thèmes. Ce sont des contributions libres et j’en ai fait une précédemment à propos de la prise en compte du confort d’été et il y a un deuxième sujet sur lequel je vais faire une contribution, c’est celui (on appelle ça les usages) des scénarios conventionnels. 

Alors qu’est ce que c’est qu’un scénario conventionnel ? Et pourquoi c’est important d’en parler ? Pour que vous compreniez bien, je vais vous expliquer comment fonctionne une réglementation.

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Confort d’été et Réglementation Thermique

Vous pourriez me dire que décidémment, je vous parle beaucoup de surchauffe et de confort d’été en ce moment. Et que c’est un peu étrange, étant donné que la saison de la raclette a déjà commencé. Je vous l’accorde. 

Mais l’actualité réglementaire autour de l’énergie est parfois taquine. Alors que l’hiver s’annonce,  le processus d’élaboration de la nouvelle réglementation environnementale, prévue pour 2020, bat son plein.

Pour cela, les services de l’Etat font appel à des groupes d’experts. Parmi eux, le groupe d’experts n°8 va s’intéresser spécialement à la question du confort d’été. Cet article est fondé sur la contribution que j’ai apportée à ce groupe de travail.

Confort d’été et RT2012

La question du confort d’été ou de la surchauffe n’est finalement prise en compte qu’à trois endroits dans l’arrêté du 26 Octobre 2010, ce texte fondateur de la RT.

Confort d’été, RT2012 et Tic

D’abord sous forme d’une exigence de résultats, la Tic (Température Intérieur Conventionnelle). C’est un outil et un calcul ancien datant la RT200. Cela fait donc au moins 15 ans que cet outil existe.

Tique - RT2012

La Tic est seulement inutile, alors que la tique est franchement nuisible (merci à www.le-lorrain.fr)

Dans la pratique, je le considère inefficace et inutile, pour au moins 2 raisons.

  • Il ne nous dit rien de réaliste sur le confort d’été. Il suffit d’obtenir un résultat inférieur à une valeur dite « de référence ». Dans un monde où bien des acteurs cherchent avant tout à ce que « ça passe », il est très facile de « truander » ce paramètre.
  • Surtout parce que, si cette exigence avait un intérêt, on aurait observé en 15 ans d’application une maîtrise des situations de surchauffe dans les bâtiments livrés. Or il n’en est rien, et c’est même plutôt le contraire. L’expérience prouve l’inefficacité de l’exigence Tic à régler quoique ce soi.

Confort d’été, RT2012 et exigences de moyens

Le confort d’été apparaît à deux autres endroits, dans le fameux arrêté du 26 octobre 2010, au niveau du titre 3.

  • Le premier (article 21) porte sur la protection solaire des locaux de sommeil. Le concepteur est obligé de prévoir la protection des baies des chambres.
  • Le deuxième (article 22) porte sur la possibilité d’ouvrir les baies d’un local sur au moins 30% de leur surface, afin de pouvoir surventiler, « aérer » quand c’est possible.

Confort d’été et RT2012 – on se contente de gérer les défauts de conception

Nous avons donc une « obligation de résultat » inefficace, et deux obligations de moyens portant toutes deux sur des mesures correctives en situation de surchauffe.

Je soutiens que ces trois objets passent à côté du sujet. Oublions la Tic, qui pourrait être entièrement repensée. Observons plutôt que les obligations de moyens ne visent pas à maîtriser les causes de la surchauffe. Elles imposent de prévoir des mesures de correction à un défaut de conception majeur : la trop grande surface vitrée.

Car s’il est nécessaire de protéger des baies, c’est avant tout qu’elles sont trop grandes pour la capacité du local à gérer les apports.

Et s’il est nécessaire de sur-ventiler en ouvrant à 30% des surfaces (ce qui est très important !), c’est bien souvent parce que trop d’énergie est entrée dans le bâtiment !

Pire : l’exigence de moyens portant sur l’éclairage naturel (article 20) incite plutôt à survitrer les bâtiments. Nulle part, on ne trouve d’obligation de moyen portant sur le contrôle ou limitation de cette cause première des surchauffes : la surface vitrée.

Confort d’été et RE2020 – reprendre le problème à l’endroit

Confort d’été et RE2020 – limiter les surfaces vitrées

Imaginez que vous souhaitiez faire une réglementation pour éviter les débordements de baignoire. Le mode de pensée de la RT2012 vous amènerait à imposer un nombre minimum de trous de vidange. Rien sur le nombre et le débit des robinets.

C’est bien sûr absurde, cela revient à vouloir traiter les symptômes sans traiter les causes.

façade ouest - RT2012

Chambéry, 2018 – façade ouest d’un bâtiment tertiaire tout juste livré. Tout est réglementaire, surchauffes (ou clim) garanties pour les 40 prochaines années.

Je propose donc d’intégrer une obligation de moyen portant sur la limitation des surfaces vitrées des bâtiments.

Celle-ci pourrait s’exprimer de deux manières :

  • Soit par une valeur en rapport avec la surface de plancher des locaux. Par exemple, il paraît raisonnable d’interdire, sauf dérogation particulière, d’avoir plus de 50% de la surface de plancher en surface de vitrage. Et encore cette valeur est très élevée, 30% serait préférable.
  • Soit par une approche énergétique, ressemblant à l’obligation de moyen, portant sur la contribution des énergies renouvelables. On pourrait, par exemple, interdire que les apports solaires, calculés via le moteur RT, puissent atteindre une puissance supérieure à la puissance de chauffage du local selon la norme EN 12831.

On envisage la systématisation des enveloppes passives. Cela signifie des locaux que l’on peut chauffer, au plus froid de l’hiver, avec des puissances inférieures à 15 W/m2. Il est stupide et irresponsable de tolérer des entrées énergétiques aléatoires (solaires ou liées à l’usage) pouvant atteindre le même ordre de grandeur (c’est courant), voire les dépasser… d’un facteur 5 à 10 !

Cela n’empêche nullement de conserver des obligations de moyen similaires aux actuelles. Mais on s’attaquerait, enfin, à l’une des causes majeures du problème.

Le diesel au prix de l’essence – une erreur de calcul ?

Au début du mois d’octobre 2018, on a vu se multiplier les publications évoquant le rapprochement du prix du gasoil avec celui de l’essence. Comme souvent sur de tels sujets, les écrits sont de qualité variable. Il y a certes des papiers tapageurs, mais aussi certains de grande qualité, comme celui du très bon site des Décodeurs, restant valable même s’il date de 2015.

Pourtant, même dans ces articles plutôt fouillés, on n’évoque en général que ces quelques angles pour évaluer la question :

  • le prix d’un litre de gasoil comparé à un litre d’essence ;
  • le fait que les véhicules diesel consommeraient souvent moins qu’un véhicule à essence ;
  • la comparaison des prix d’achat entre un véhicule au diesel et un véhicule à essence.

Je le dis souvent dans les articles de ce blog, il y a un défaut courant dans les analyses énergétiques : celui de s’intéresser à l’énergie plutôt qu’au service qu’elle nous rend. Sur cette question de la comparaison entre gasoil et essence, cela n’a pas manqué, ce défaut dans l’analyse ré-apparait.

Plus grave, je ne trouve pas d’explicitation claire à cette annonce d’un « rapprochement entre le prix du gazole et celui de l’essence ». J’ai donc eu envie de m’y pencher un peu…

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Pourquoi l’humanité est-elle avide d’énergie ?

Depuis la publication du livre Le design énergétique des Bâtiments, j’ai reçu de nombreux messages de lecteurs. J’en suis toujours très touché, et souvent aussi, questionné, voire remis en question, ce qui est très stimulant !

Voici ce que disait récemment l’un de ces retours : « J’ai le sentiment que vous tentez de poser la première pierre d’une nouvelle discipline de l’énergétique ».

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Faut-il chauffer une salle de crossfit (ou pas) ?

Après une période de relative inactivité, je me suis remis au sport en 2017, vers le milieu du printemps. Sur les conseils d’un coach, j’ai alors découvert le Crossfit, une activité qui m’a déjà donné matière à réflexion dans un autre article.Vous avez par ailleurs déjà pu constater ma manière un peu compulsive d’aller mettre mon nez énergétique partout où je vais, que je fasse des crêpes, que je visite une église ou que je choisisse des chaussettes.

Il était donc normal que vers la fin juin, suant à grosses gouttes, j’aille voir Maxence, le sympathique propriétaire de la box Crossfit Chambéry pour lui parler surchauffe. 

Il m’a écouté, puis a dit : « mon vrai problème, c’est pas d’avoir trop chaud l’été, c’est qu’on a froid l’hiver. On prévoit d’ailleurs d’installer un chauffage ». 

J’écoute toujours attentivement Maxence, d’autant que c’est un rugbyman du genre tank de presque 100 kg, et que je le paye pour me faire souffrir. J’ai donc très rapidement accepté de suer tout l’été. Mais ce qu’il m’a dit de la stratégie qu’il envisageait pour l’hiver ne m’a pas rassuré. 

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Canicule : les quatre règles fondamentales

N’allez pas croire que je surfe sur l’actualité de l’été. Certes, canicule il y a, et selon bien des avis autorisés, ce n’est pas près de s’arrêter. Je me souviens de mes premières conférences dans lesquelles j’annonçais l’air grave une prédiction du GIEC. « Une canicule de 2003 tous les 2 ans en 2050 ». C’était au début des années 2000. A peine 20 ans après, cela semble déjà fort crédible. 

Mais non, je ne surfe pas sur l’actualité. La preuve ? Je parle avec les architectes de maîtrise des surchauffes depuis plusieurs années. Aujourd’hui, la formation spécifique que nous leur proposons a beaucoup de succès. Bref : ce n’est pas une nouveauté. Mais ces dernières semaines, je suis entouré de gens suants et épuisés.

Leur problème n’est pas de concevoir un bâtiment dans lequel il fasse frais. Il est de se sentir mieux dans les locaux dont ils disposent. Bien sûr, il y aura toujours ceux qui, lassés, se ruent sur les climatiseurs low-cost que les grandes surfaces proposent. Mais ce n’est pas une solution, c’est un palliatif. 

La question de la surchauffe est à la fois complexe et très simple. Complexe, parce que la sensation est le résultat, parfois, d’un grand nombre de facteurs se cumulant. Pire : le ressenti à un instant T dépend bien souvent de nos actes bien des heures plus tôt. Cela n’est pas sans rappeler la dynamique du réchauffement climatique : quand il fait trop chaud, il est déjà bien souvent trop tard pour corriger le tir.

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Énergie et financement d’origine renouvelable

Le fait de considérer l’argent comme une énergie peut apparaître, selon les milieux, comme très naturel ou complètement fantaisiste. Dans le cadre du design énergétique, j’ai l’habitude de penser l’énergie comme « cette chose qui nous permet de résoudre un problème ». J’aime aussi considérer que la mobilisation d’une forme d’énergie nous permet de résoudre l’écart entre ce qu’on a et ce que l’on voudrait.

Avec une telle acception du mot énergie, donc, je ne vois pas de frein majeur à appliquer quelques éléments de la réflexion énergétique à la circulation de richesse, dont l’argent est l’une des formes.Lire la suite…

Petite bibliothèque idéale du design énergétique

On me demande aujourd’hui régulièrement de quelle manière il est possible de se former au design énergétique. Après tout, d’où sort cette « discipline » dont je parle, qui semble reposer sur une méthode, des savoirs et des savoir-faire ? Peut-être un jour prochain allons-nous créer un cursus ou des évènements autour du design énergétique. En attendant, je peux partager avec vous les enseignements des maîtres qui ont nourri ma réflexion : les livres.

Un livre, c’est non seulement une mise à disposition des idées par les auteurs, mais également la possibilité d’intégrer ses idées dans notre parcours. On peut ainsi mettre en lien des principes issus d’univers a priori éloignés. C’est ainsi que dans cette micro-bibliothèque idéale, j’ai rangé un livre de cuisine et un récit de voyage à côté d’ouvrages sur l’énergie ou l’histoire.

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La Transition Énergétique par le Crossfit

À celles et ceux qui s’intéressent au comptage de l’énergie, je recommande très souvent un article que je trouve fondateur. Écrit par Jean-Marc Jancovici en 2005, il s’intitule Combien suis-je un esclavagiste ? Ce long document, en reprenant l’idée assez ancienne d’esclave énergétique (voir par exemple Énergie et Equité, de Ivan Illitch) illustre deux choses de manière frappante :

  • le corps humain est, entre autres choses, une « machine énergétique », que nous pouvons utiliser pour nous rendre des services énergétiques. Nous l’alimentons (avec du riz, des lasagnes ou des biscottes), et il convertit tout cela en chaleur, déplacement et/ou information/conscience. 
  • la domestication des énergies fossiles a permis à l’humanité de sortir du recours aux seulesforces musculaires, mettant à disposition de ceux qui peuvent se l’offrir des quantités phénoménales d’énergie. Ainsi, Jancovici estime que le service rendu par une petite voiture correspond à celui fourni par plusieurs centaines de cyclistes-esclaves.

Je vous invite bien entendu à lire l’article au complet. Ce qui m’intéresse ici, pourtant, ce n’est pas tellement ce constat de l’incroyable quantité d’énergie mise à notre disposition. Ce que je veux, c’est utiliser cette lecture des services énergétiques pour éclaircir certains aspects de notre quotidien. Lire la suite…

Manifeste pour une frugalité heureuse

Le blog s’ouvre aujourd’hui à un « article invité » d’un genre un peu particulier. En début d’année 2018, trois éminentes personnalités du monde la construction ont publié un Manifeste pour une Frugalité Heureuse. Je l’ai bien sûr signé dès que j’en ai eu connaissance, tant les sujets et les intentions rejoignent celles d’Incub’.

Je vous invite, si vous le souhaitez, à signer vous aussi ce Manifeste en suivant ce lien. Je laisse la parole à Alain Bornarel, Dominique Gauzin-Müller et Philippe Madec.

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L’innovation qui révolutionne la Transition Énergétique

Rares sont les inventions permettant d’envisager un avenir énergétique radicalement différent. Bien souvent, quand on entend parler d’une de ces « révolutions », cela s’avère au final bien décevant. Mais la technologie que je vous présente aujourd’hui fait exception. D’abord parce qu’elle est techniquement simple, donc robuste. Mais surtout parce qu’elle change complètement notre regard sur une activité majeure de notre société : l’attente.

J’ai longuement discuté avec avec le chercheur Michel Bonvin, du Centre de Recherche en Énergétique Universitaire (CREU) avant qu’il accepte que je vous parle de cette technologie révolutionnaire. Tout ce que vous trouverez ici est donc sous son contrôle.

Je suis sûr que vous finirez cet article convaincu qu’en matière de Transition Énergétique, le mieux est certainement d’attendre !

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12 mars 2018

Chauffage des églises : comment faire ?

Cet article est le troisième d’une série. Je vous recommande de lire au préalable les articles précédents, qui vous donneront des éléments de contexte et de méthodologie.

Alors que j’avais été invité à visiter des églises, je ne vous ai parlé dans les deux articles précédents que de locaux tertiaires presque classiques. Où sont donc les lieux de culte ? Et bien… les voici ! Une belle occasion de poser une bonne fois pour toute la question du chauffage des églises.

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Étude de cas : Locaux d’enseignement mal ventilés

Je vous ai raconté dans l’article précédent de cette série de quelle manière notre « visite d’églises » nous a finalement confrontés à des locaux que j’ai appelés « associatifs ». Un peu inattendus dans un tel contexte, ces locaux nous ont ammenés vers des pistes de travail apparemment surprenantes. En effet, les enjeux sur l’usage semblaient, en première approche, d’une priorité bien supérieure au travail sur les aspects techniques.

Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

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Rénover le bâtiment ou organiser l’usage ?

Cet article est le premier d’une série. Il fait suite à un Accompagnement en Design Énergétique que j’ai réalisé pour une association paroissiale en région Rhône-Alpes. La démarche utilisée, les constats, les pistes d’amélioration, tout cela m’a semblé représentatif du large panel de sujets pouvant être abordés par le prisme du Design Energétique. J’ai déjà évoqué cette variété dans un précédent article. Néanmoins, de nombreux lecteurs du blog m’ont demandé plus de détails quant à l’approche ou les aspects très concrets du travail d’accompagnement. Ces articles me semblent répondre à leur demande.

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6 février 2018

Le Mystère de la Crêpe Sournoise

J’adore les crêpes. Je trouve qu’elles permettent facilement de se sentir à la fois cuisinier inventif et papa attentionné. Un petit « et si on faisait des crêpes ce soir ? », et la journée est relancée. Les enfants ne tardent pas à me rejoindre pour ajouter lait et oeufs (coquille, parfois), puis je peux frimer en les faisant sauter et virevolter. J’en fais donc très régulièrement. Les trois derniers verbes s’appliquent évidemment aux crêpes, pas aux enfants.

Donc lorsque, pour la Chandeleur, mon frère Laurent est passé dans la région et m’a lancé une proposition par un SMS laconique, je n’ai pas hésité une seconde. Il disait : « Ce soir, je te fais des crêpes vintage. On se retrouve chez Maman à 20h ».

crêpes - Michel OliverIl avait ajouté le lien vers une vidéo intitulée « Les crêpes vintage de Raymond Oliver ». Je vous invite à découvrir ce monument télévisuel et culinaire. J’en ai autant apprécié le visuel que les commentaires plein d’esprit qui suivaient. Je trépignais.

Pourtant, les risques que j’allais encourir lors de cette Chandeleur n’étaient pas du tout ceux que j’imaginais. J’allais être confronté au mystère de la Crêpe Sournoise.

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22 janvier 2018

Attestations RT2012 gratuites pour les architectes : 10 raisons de les encourager

J’ai annoncé il y a quelques jours le lancement prochain d’une formation en ligne dont l’un des objectifs est d’aider les architectes à réaliser eux-mêmes gratuitement les attestations RT2012 demandées au dépôt du permis de construire. Fondamentalement, cette formation n’est pas une nouveauté. J’en anime une dizaine de sessions par an depuis plusieurs années, ce qui représente pas mal d’architectes formés.

Mais le fait de diffuser massivement cette information a provoqué un phénomène surprenant. J’ai reçu de nombreux messages. Certains sont enthousiastes, beaucoup sont perplexes voire agressifs : mais pourquoi faire ça ? N’est-ce pas suicidaire venant d’un thermicien ? N’est-ce pas ôter toute valeur au travail de la performance énergétique ? Les questions sont nombreuses, et les suppositions sur mon intention vont bon train.

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Interview de Benoit Montels – chef de projet Expérience P2E

Vous vous dites peut-être à la lecture de ce blog que le design énergétique s’intéresse principalement aux sujets pratiques et concrets. Ce n’est pas faux. Néanmoins, le paysage énergétique mondial et national est largement structuré par des institutions et des organisations que le grand public, et parfois les professionnels, connaît peu. Leur influence sur les « thèmes » énergétiques n’en est pas moins importante.

C’est pourquoi j’ai souhaité vous présenter Benoit Montels. Venu du terrain, il travaille dans ces univers, souvent parisiens, où évoluent les grandes organisations et où se dessine le versant institutionnel de la Transition Énergétique. J’ai trouvé la rencontre édifiante et instructive. Je vous laisse découvrir cet échange, dont le contenu ne laisse pas supposer que nous sommes assis dans le sable d’une plage méridionale…

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Une brève histoire d’Incub’

En ce début d’année où fleurissent les vœux que l’on reçoit et les résolutions que l’on prend, j’ai voulu combiner deux envies. La première, c’est d’avoir comme chaque année un regard vers le passé. Cela me permet de mesurer le chemin parcouru et de mieux me projeter vers l’avenir. La deuxième, c’est de vous présenter Incub’ avec un peu plus de détails que dans notre page « À propos ».
Voici donc quelques étapes clés qui ont permis a Incub’ d’être ce qu’elle (il ?) est devenu aujourd’hui. Peut-être trouverez-vous que cette brève histoire mélange sans scrupule les aspects professionnels et les aspects plus personnels. Vous aurez raison : c’est probablement un des traits caractéristiques de cette histoire. Autant l’assumer pleinement !
J’en profite pour saluer et remercier chaleureusement toutes les personnes apparaissant explicitement ou implicitement dans cette histoire. Albert Jacquard disait « nous sommes principalement constitués de nos rencontres ». Je crois fermement que c’est aussi valable pour les entreprises.

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Olivier Sidler – une interview (partie 2)

Nous avions laissé Olivier Sidler alors que nous discutions de la nécessaire réorganisation des processus de rémunération et de répartition d’honoraires dans les marchés afin de faciliter le déploiement de projet à haute ambition énergétique. Voici donc la seconde partie de son interview, dans laquelle nous parlerons recrutement, transmission d’entreprise (et de son esprit) et négaWatt.

(Pour retrouver la première partie de l’interview, voici le lien)

Olivier Sidler et le recrutement

Pascal Lenormand : Puisque nous parlons formation et culture des acteurs de l’entreprise : tu as dit que tu avais formé beaucoup de gens à Enertech, et tu as effectivement embauché majoritairement des ingénieurs très jeunes, sans expérience la plupart du temps. Pour quelle raison ?

Olivier Sidler : Oui, il s’agissait de jeunes sortant juste de l’école. C’est la conséquence d’expériences malheureuses avec des « seniors ». L’un d’eux avait 50 ans et je l’avais embauché pour qu’il encadre les plus jeunes afin de m’aider. Ça a été une vraie catastrophe, car il n’avait pas la rigueur de conception de ceux qui étaient là depuis quelques années. Mais le problème de fond des seniors est qu’ils arrivent avec ce que je qualifie « de mauvaises habitudes », comme l’absence d’un questionnement permanent sur le bien-fondé des choix faits, le surdimensionnement généralisé de tous les équipements, les solutions « toutes prêtes » mais inadaptées, etc. La plupart ne sont pas capables de se remette en cause au niveau où on leur demande. Or l’avantage de n’embaucher que des gens très jeunes est qu’ils ne sont pas pré formatés, ils sont ouverts à tout, et si on les choisit bien, « ils en veulent ». Ce que je recherchais, c’était des gens motivés, voire militants, il faut bien le dire. Car nous avancions à contre courant, et pour cela il fallait une motivation en acier trempé. Mais nous savions pourquoi nous faisions cela, nous savions que c’était la seule manière d’obtenir des bâtiments réellement performants, même si on était alors les seuls à le penser. Tu n’imagines pas le nombre de railleries de tout genre que nous avons subies lors du premier chantier de bâtiment très performant que nous avons réalisé en 2004 (l’INEED à Valence TGV – Consommation globale tous usages mesurés de 82 kWhep/m²utile/an).

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Canette ou bouteille ? La réponse du Design Énergétique.

J’adore mon métier. Découvrir chaque jour ce qu’est le Design Énergétique m’amène à me pencher sur des problèmes aussi divers que la transition énergétique de notre pays, le froid aux pieds chez le livreur de colis parisien ou la gestion du confort dans une yourte. Néanmoins à chaque jour suffit sa peine, et la fin de journée voit arriver, c’est normal, l’heure de l’apéro. Personnellement, cela consiste en une bière bien fraîche. Enfin une application concrète et immédiatement utile de la réflexion énergétique !

Mais quel ne fut pas un jour mon désarroi lorsque, en quête un peu tardive d’une bière à pouvoir partager entre collègues, je me retrouvais devant ce dilemme : exactement le même produit, vendu soit dans une canette métallique, soit dans une bouteille en verre. Fichtre ! Comment choisir ?

C’est dans de tels instants que le Design Énergétique s’apparente à un trouble obsessionnel compulsif : il me fallait trouver une réponse à cette dramatique question. Et comme cela m’a emmené dans des raisonnements qui me semblent représentatifs de la démarche fondamentale qui nous intéresse, je partage avec vous ces quelques élucubrations.

Voici donc le raisonnement que j’ai suivi.

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Olivier Sidler – une interview (partie 1)

Pour la première interview de ce blog, je ne pouvais pas interroger quelqu’un d’autre qu’Olivier Sidler. D’abord parce que si vous vous êtes posé la moindre question sur la performance énergétique des bâtiments ces 25 dernières années, il n’est pas possible que vous ayez raté son nom, ou celui de « son » bureau d’études,  Enertech. A titre plus personnel, une simple histoire résume pour moi l’homme qui se cache derrière le personnage, aussi connu pour ses coups de gueule. Il y a plusieurs années, lorsque je débutais tout juste dans l’énergétique du bâtiment, Olivier accepta de me rencontrer, malgré sa fatigue après une journée de formation. Il m’a écouté attentivement, nous partagions une choucroute à son hôtel. Finalement, il m’a dit « viens donc 15 jours chez moi, tu verras ce qu’est le boulot ». Il m’a accueilli, hébergé. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça, il m’a simplement dit : « Je ne sais pas, parce qu’il y a des gens qu’on sent bien. C’est normal de les aider ».

Laissons-le nous raconter l’histoire d’Enertech, de negaWatt, et nous rappeler que tout cela est arrivé à Félines-sur-Rimandoule, au fin fond de la Drôme. Et pour l’ambiance, imaginez un bord de mer Méditerranée vers Montpellier, juste avant l’heure de l’apéritif.

(L’interview sera publiée en deux parties. Il fallait bien nous arrêter, le vin blanc allait être tiède);

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29 septembre 2017

Les six composantes du confort thermique

Certains sujets semblent avoir le pouvoir particulier de générer des conversations quasi déterministes. J’entends par là, la chose suivante : Lancez un tel sujet et vous pouvez vous attendre à voir émerger toujours les mêmes questions, presque toujours dans le même ordre. D’une manière générale, je trouve que cela pose fortement la question de notre liberté de pensée sur de tels sujets. Témoignons-nous alors de notre pensée propre, ou de choses que nous avons progressivement intégrées et qui se retrouvent profondément ancrées dans notre culture et nos modes de pensée ?

Parmi ces sujets, je range celui de la « température de confort ». Faites l’expérience suivante : lors d’une conversation amicale ou familiale voire professionnelle, lancez la phrase suivante : « moi, franchement, 19°C, je trouve que c’est un peu froid. La bonne température pour mon confort, c’est 21°C. » Vous n’avez plus qu’a laisser dérouler. Je suis prêt à parier qu’a un moment émergera la phrase suivante : « De toute façon, le confort, c’est vraiment une notion subjective. » Une manière de dire que comme pour le beau ou le juste, nous sommes dans un domaine où l’objectivité s’avère difficile, voire impossible. Nous voilà bien avancés, surtout si nous travaillons dans un domaine où l’on recherche l’objectivité. Et pourtant, grâce à Povl Ole Fanger, notre situation n’est pas désespérée, loin de là. Cette approche de la thermique humaine me semble tellement fondamentale que j’ai eu envie de la partager avec vous.

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19 septembre 2017

Bâtiments responsables, usage et confort – une contribution à la réflexion

Le groupe de travail Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050 du Plan Bâtiment Durable clôturait il y a quelques jours une phase de concertation sur une note intitulée « Bâtiments responsables, usages et confort : quelles lignes directrices pour demain ? ». Je n’avais initialement pas prévu de participer à cette concertation, encore moins de publier à ce sujet. Mais un ami m’en a convaincu, et je me suis piqué au jeu.

Vous trouverez ici la note originale sujet de cet appel à contribution.

Voici donc, quasiment en l’état, la contribution que j’ai livrée aux rédacteurs de la note. Elle balaie plusieurs thèmes typiques du Design Énergétique des Bâtiments. J’en profite pour vous demander à la fin, par sondage, quelles sont les thèmes évoqués que vous souhaiteriez que j’aborde. Je suis à votre service !-)

Usage et Confort – Préambule général

Depuis 15 ans, le bureau d’études Incub’ est spécialisé en sobriété énergétique des bâtiments, discipline aujourd’hui incluse sous le vocable Design Énergétique. La posture particulière que nous adoptons quant à la question énergétique dans les bâtiments, découle finalement d’un constat simple :

C’est une erreur de considérer que le système énergétique dont on étudie les consommations est un bâtiment. Ce qui consomme de l’énergie, c’est l’interaction entre un usage et un bâtiment. 

S’il semble aujourd’hui si difficile au monde du bâtiment de « prendre en compte le confort et l’usage », c’est que sa logique est profondément ancrée dans une démarche technicienne. Dans un tel cadre de pensée, l’incertitude du vivant ne peut être prise en compte que par la caricature (les fameux « scénarios conventionnels ») facilitant le calcul ou une distanciation statistique (approches statistiques sur des scénarios possibles d’utilisation).

Il nous semble que la tâche de rendre les bâtiments « désirables pour ceux qui y résident » demande un profond changement culturel dans le monde du bâtiment. Nous espérons que les quelques commentaires ci-dessous illustreront dans quel sens.

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5 septembre 2017

Qu’est-ce qu’un expert en Design Énergétique ?

Voici une dizaine d’années maintenant que j’ose utiliser le terme de « expert » pour caractériser ma pratique professionnelle. Je pense pourtant que cela fait moins de deux ans que je me comporte comme tel avec mes clients. Le « saut » n’est pas simple à effectuer, encore moins à expliquer. Je pense aujourd’hui que la posture de l’expert est fondamentalement différente, parce que son rôle dans un projet est fondamentalement différent. Pour illustrer cela, je vous propose un parallèle avec une de mes aventures… médicales.

Il faut pour l’expert un problème sérieux.

Dans les premiers jours de cette année, j’ai pris une résolution : je me remets à l’escalade. Dire qu’il y a quelques années, j’ai beaucoup grimpé relève de l’euphémisme… Entre 1990 et 2005, l’escalade a été mon principal centre d’intérêt, un pivot dans l’organisation de ma vie. J’ai énormément grimpé en falaise, en montagne, en compétition, en bloc, en intérieur comme en extérieur. Je me suis aussi beaucoup abimé. En 1999, en particulier, je me suis salement amoché une épaule, arrachant ligament et nerfs. A la clé : une opération et une rééducation de plus d’un an et demi. Puis, en 2005, j’ai tout arrêté, du jour au lendemain. Je ne sais toujours pas pourquoi.

Début janvier 2017, me voici donc inscrit au club d’escalade local pour enfin retoucher à la verticalité. A la troisième séance, alors que je retrouvais tout juste mes sensations, mon bras gauche lancé vers le côté s’est quasiment détaché de mon corps. J’ai retrouvé cette très désagréable sensation de l’épaule qui se disloque. Verdict : les luxations sont de retour.

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Quatre méthodes infaillibles pour rater son projet de construction

Je vais être franc avec vous. Quand j’ai commencé à travailler dans le bâtiment, c’était en partie pour me trouver un nouveau métier. Mais aussi parce que je me disais que je pourrai moi aussi construire de mes mains ma super maison écologique que j’aurais moi-même conçue. Je le ferai bien sûr selon les principes bioclimatiques et écologiques les plus évolués.

La réalité fut fort différente. Au fur et à mesure que les années passaient, j’ai vu 10 puis 50 puis 200 projets de maison auto-construites. Elles l’étaient par des gens en général passionnés voire obsédés par leur projet. Il aboutissaient presque tous un résultat médiocre voire catastrophique.

Je ne vous cite qu’un exemple : il y a quelques années, je visitais une école alternative située dans le sud de la France. Les parents très motivés s’étaient regroupés pendant un été entier pour construire un nouveau bâtiment éco-conçu. Ils l’ont réalisé avec une ossature bois isolée en paille et recouvert d’un enduis terre. Je visitais ce nouveau bâtiment, fierté de l’école, d’une surface d’envions 80 m2. Nous étions alors 5 dans cette salle.

L’institutrice qui nous faisait visiter vantait les mérites de ces murs « respirants » et de l’ensemble des techniques écologiques mises en œuvre. Elle nous montrait les enduis terre, l’isolation en paille, nous parlait du chantier coopératif, etc. Soudain, elle s’interrompt : « Snif snif, il y a une couche pleine dans cette pièce ! » Effectivement, une légère odeur de caca enfantin flottait dans la pièce. Nous n’étions que 5, ce fut assez facile d’en détecter l’origine. Le bébé qui jouait tranquillement à l’autre bout de la pièce avait effectivement rempli sa couche…

Je vous pose la question : comment se fait-il que dans un bâtiment écologique à l’air sain, on puisse en quelques instants détecter l’odeur de couche d’un bébé situé à de 10m. de distance ? Une seule réponse possible : l’air ne se renouvelle pas. Or, un air qui se renouvelle pas, c’est une ambiance malsaine. Nous n’étions que 5 dans cette pièce, je vous laisse imaginer le résultat avec 25 enfants.

Cet exemple est resté pour moi l’un des archétypes du bâtiment réalisé avec la meilleure volonté du monde. Un groupe d’auto-constructeurs enthousiastes aboutit à un résultat joli, mais de qualité médiocre. Il m’a semblé, à la longue que différents profils-types d’auto-constructeur ou d’auto-concepteur se dessinent. Des sortes d’archétypes de fonctionnement de gens souhaitant réaliser par eux-mêmes tout ou partie de leur projet. Après 15 ans d’expérience, je considère ces profils comme de bons indicateurs d’échec d’un projet. Je vous laisse les découvrir… en gardant le sourire !-)

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A quoi sert un ventilateur ?

J’ai reçu hier le message suivant :

« Bonjour Pascal,

je m’appelle Benoit et j’habite en colocation à Toulouse. En ce moment, il fait très chaud, et comme il n’y a pas assez de courants d’air dans notre appartement, je suis allé acheter un ventilateur. Je l’ai installé sur la fenêtre et je le laisse fonctionner toute la journée pour refroidir l’appartement. Voici ma question : est-il est plus efficace  que je tourne le ventilateur vers l’intérieur (pour souffler du vent frais vers l’intérieur) ou bien vers l’extérieur (pour rejeter l’air chaud vers l’extérieur) ?

Merci de ton aide, merci pour tes articles et à bientôt. »

Et bien, cher Benoit, je vais profiter de ta question pour décrire quelque phénomènes thermiques. Et ainsi, j’en arriverai à répondre à la question « Comment se servir efficacement d’un ventilateur ? »

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3 juillet 2017

Accompagnement en design énergétique – 6 nouveaux exemples

Accompagnement, coaching… Ces mots sont aujourd’hui tellement utilisés que lorsque je parle d’un « accompagnement en design énergétique », il est bien normal de se demander ce qui se cache derrière…

Je vous ai déjà proposé dans un article précédent 6 exemples d’accompagnements spécifiquement tirés du domaine du bâtiment (au sens large !). Aujourd’hui, je vous propose 6 nouveaux exemples, que je tire cette fois d’expériences dans des industries variées. Là encore, bien que je ne cite pas explicitement les personnages de ces situations, ils sont tous bien réels.

Comme vous pourrez le constater, la variété est au rendez-vous, et les questions énergétiques se nichent parfois à des endroits bien inattendus !

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27 juin 2017

Accompagnement en design énergétique – 6 exemples

Accompagnement, coaching… Ces mots sont aujourd’hui tellement utilisés que lorsque je parle d’un « accompagnement en design énergétique », il est bien normal de se demander ce qui se cache derrière…

Comme quelques exemples valent mieux qu’un long discours, je cite ici brièvement plusieurs cas tirés de la vie réelle. J’espère qu’ils pourront illustrer à quoi peuvent bien servir ces prestations. Bien que je ne cite pas explicitement les personnages et les bâtiments de ces situations, ils sont tous réels !

Vous vous reconnaissez dans l’un de ces exemples ? Et bien… soit nous l’avons vraiment vécue ensemble, et je vous en remercie. Soit vous voyez très bien de quoi je parle, et peut-être les autres situations vous inspireront ?

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OSCAR, Un pont jeté par les architectes vers les ingénieurs

OSCAR - pont

OSCAR - téléphone

Thierry est architecte depuis 18 ans, son agence compte maintenant 4 collaborateurs. Pourtant, à chaque fois qu’il se prépare à appeler l’ingénieur Sakaille, il ressent toujours la même lassitude. Gilbert Sakaille est l’ingénieur qui dirige le bureau d’études fluides auquel il a recours habituellement. L’entreprise s’appelle Bureau d’Études Techniques et Énergétiques. En abrégé… BETE.. Cela pourrait faire rire : un ingénieur chargé du chauffage qui s’appelle Sakaille, un BE à l’acronyme ridicule. Mais cela ne fait plus rire Thierry depuis longtemps. Avec un soupir, il décroche le téléphone.

Après les politesses habituelles, il entre dans le vif du sujet : « voilà, on a cette école à Brou-la-Bridoire, on voudrait faire du passif, et on commence l’esquisse… J’aurais besoin que tu me dise ce que je mets comme épaisseur d’isolant.

On entend le sourire de Gilbert Sakaille, même dans le téléphone : « Facile : envoies-moi les plans, et je te dis si ça passe ! »

Moment de solitude de Thierry… « Mais… pour implanter le bâtiment et faire une esquisse, j’ai besoin d’avoir une idée des épaisseurs ! »

Sakaille ne se démonte pas : « J’entends bien… mais pour ne pas dire n’importe quoi sur les épaisseurs, j’ai besoin de plans… ».

Un ange passe…

Thierry sent de nouveau un poids sur ses épaules, et se souvient avoir cherché la semaine dernière sur internet. Dans sa région des Causses du Bigarois, le BETE et l’ingénieur Sakaille sont les seuls interlocuteurs possibles. Il va falloir s’accrocher, une fois de plus.

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Evitez le burn-out et améliorez votre créativité par l’hygiène de l’esprit

Aujourd’hui, je voulais vous parler d’un sujet un petit peu particulier. Pas le design énergétique : je voulais vous raconter un tout petit morceau ma vie. J’ai fait des études d’ingénieur, que j’ai terminées il y a une quinzaine d’années. Et depuis 15ans, j’ai travaillé d’abord dans l’industrie, puis j’ai été consultant. J’ai donc toujours fait ce qu’on appelle des « professions intellectuelles ». J’ai également une vie artistique et musicale, et je considère que cela se passe aussi principalement dans la tête. Voila : j’ai toujours travaillé avec mon esprit plutôt que physiquement.

Il y a quelques années, j’ai commencé à me fatiguer et à perdre de l’entrain. Et il y a deux ans, j’ai vécu une véritable  » explosion en vol ». Comme, beaucoup de gens à notre époque, j’ai fait une sorte de burn-out généralisé. Cela m’a pris pas mal de temps pour re-construire toute la machine.Lire la suite…

La simulation thermique dynamique : comment l’utiliser ?

simulation thermique dynamique - infrarouge

La simulation thermique dynamique

S’il est un outil classique de l’énergéticien en phase de conception d’un bâtiment, c’est bien la Simulation Thermique Dynamique (STD). Là où un outil de type réglementaire systématise le recours à des scénarios d’usage conventionnels, le logiciel de STD permet de saisir et modifier tout à la fois :

  • Un modèle énergétique du bâtiment, avec l’ensemble de ses caractéristiques constructives : géométrie, orientations, caractéristiques de parois et de matériaux, inertie, etc.
  • Un climat, quel qu’il soit, réaliste ou non : une moyenne des 20 dernières années, un modèle de canicule ou un climat à température constante, avec ou sans soleil, avec ou sans vent, etc.
  • Des scénarios d’utilisation : on injecte dans le modèle de bâtiment et local par local, des scénarios d’occupation, de puissance dissipée, etc.simulation thermique dynamique - prisme

Le recours à la STD est devenu très courant dans de nombreux projets, tout particulièrement pour, au moins en théorie, détecter et corriger les risques de surchauffe. Elle est donc très souvent demandée dans les phases de conception, en général au même bureau d’étude qui a en charge tous les aspects énergétiques et fluides. En effet, aujourd’hui, la plupart des bureaux d’étude énergétiques proposent des STD (Simulation Thermique Dynamique) réalisées sur une dizaine de logiciels professionnels, comme Pleiades+Comfie, TRNSYS ou Energie +.

En résumé, depuis une dizaine d’année, le postulat est le suivant : il y a risque de surchauffe, faisons des calculs, ainsi les risques seront détectés, et donc réduits.

Génial.

Mais dans ce cas, pourquoi donc la MAF voit-elle arriver en nombre toujours plus grand les recours pour surchauffe critique ? Se passerait-il des choses imprévues ? Pourquoi trouve-t-on autant d’usagers insatisfaits se plaignant de ne pas pouvoir contrôler les ambiances ?

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4 mai 2017

UGG : l’histoire d’une botte qui n’aime pas la montagne

Le moins que l’on puisse dire c’est que Vanessa n’est pas très contente. Le premier jour des vacances au ski, elle a déballé ses jolies bottes UGG, trouvées à 189€ en promotion « Spéciales vacances d’hiver ». Elle avait tout de suite flashé, tellement elles avaient l’air chaudes et confortables. Ce serait parfait pour l’après-ski ! Malheureusement les désillusions s’étaient vite enchainées. Dès qu’elle avait mis un pied sur le trottoir tout juste déneigé, elle s’était pris un gadin mémorable. Clairement, les bottes fonctionnaient plus comme un patin à glace qu’un crampon pour face nord. Qu’a cela ne tienne. Vanessa avait tenu bon en marchant carrément la route, là ou l’on voyait le bitume.

ugg - porte moiDeuxième désillusion : au bout de 100m, elle commença a sentir une drôle de sensation. Baissant les yeux vers ses pieds, elle constata qu’une auréole sombre progressait rapidement vers sa cheville. Quoi ? Ces après-ski à 200€ ne sont pas étanches ? Elle en eu vite la confirmation quand elle sentit la sensation de mouillé pénétrer jusqu’à ses orteils. De retour, après à peine 20 minutes dehors, c’était la consternation. Les jolies bottes marron claires avaient pris un aspect maronnasse dégoulinant, ses orteils étaient congelés, et son moral n’était pas reluisant. Non mais c’est quoi ces après-ski qui ne supportent pas la neige ?

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Qu’est-ce que la performance ?

Il y a quelques mois de cela, j’étais invité à un colloque traitant de la « rénovation performante des écoles en climat méditerranéen». Nous y parlions en particulier de « l’implication des usagers ». Pendant deux jours, de doctes spécialistes, concepteurs et exploitants de lieux se sont succédés, expliquant par le détail les méthodes et techniques à employer et les résultats obtenus en matière de consommation énergétique et de confort. Nous avions convenu avec les organisateurs du colloque que, quitte à évoquer les usagers, autant inviter les premiers concernés. Une classe de CP/CE1 avait donc été conviée à parler à la dernière table ronde de l’évènement. Après 2 jours de kWh, de DJU, de rendements de systèmes et de modes constructifs, ces enfants décrivaient, dans la grande salle de la Mairie de Montpellier, ce qu’ils aimaient ou aimeraient dans leur école. Une partie de l’assistance a senti les poils se dresser d’émotion. Certain.e.s touchés par la délicatesse, le charme, la pertinence des jeunes « presque maîtres d’ouvrage ». D’autres plein.e.s de colère : que faisaient des enfants de 6 ans dans cette assemblée de spécialistes ?

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Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

J’ai connu négaWatt il y a plus de 10 ans, et depuis, j’ai eu l’occasion de côtoyer les membres de ce réseau de (très) près. Et quelque chose m’a toujours semblé difficile : de cet imposant travail à l’échelle nationale, imaginer ma petite vie negaWatt au quotidien. C’est une chose de lire « la consommation d’énergie finale dans l’industrie sera de 342 TWh/an en 2050 ». C’en est une autre d’en imaginer la signification dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, il y a un aspect « tous dans le même panier » qui rend difficile, parfois, de se projeter. Ainsi, si je lis « l’utilisation de l’avion (pour les longs courriers) diminue fortement de 2.72E11 km en 2017 à 1,34E10 km en 2050 »… Alors, ça veut dire quoi ?

Bref… j’ai eu envie de voir s’il y avait des manières simples de « vivre négaWatt » dès aujourd’hui. Pour dresser cette liste, je n’ai pris que des changements simples qui ne dépendent que de moi. Je laisse de côté ceux pour lesquels la société doit au préalable s’organiser. Voici donc 11 pistes d’actions simples, concrètes, parfois amusantes. Elles sont (presque) directement tirées du scénario négaWatt.

Le sympathique blog Comme Une Aille De Papillon vient de publier un article résumant un aspect très important du design énergétique.

Je vous invite donc à le découvrir via le lien ci dessous.

Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

20 mars 2017

Du bâtiment à haute performance énergétique au bâtiment habitable

Vers un Kamasutra de l’énergétique

On voit fleurir des guides d’utilisation, des campagnes de sensibilisation sur le bon usage, et autres réflexions pour trouver le moyen d’influer sur le comportement des utilisateurs de bâtiment à haute performance énergétique. À l’occasion, on met en place bridage de consignes, voire le rationnement énergétique. Tout cela relève d’une tendance assez générale à la correction du comportement déviant d’un usager considéré comme l’un des paramètres (difficile à régler…) de fonctionnement du système. Cette posture est très révélatrice de la logique d’action massivement à l’œuvre dans le domaine du bâtiment en général, et de l’énergétique en particulier.

Le processus peut se résumer ainsi : à partir d’un usage imaginé par des professionnels, un bâtiment est conçu. Puis, si (ou plutôt, lorsque) la réalité s’avère différente des prévisions… on cherche les moyens d’adapter (là aussi par des techniques) la réalité humaine à l’objet technique conçu.

Une métaphore automobile permettra peut-être de visualiser la situation : avec la généralisation des bâtiment à HAE, tout se passe un peu comme si le législateur avait décidé, qu’à partir de maintenant, tout le monde roulerait en Ferrari (hybride, peut-être, mais en Ferrari tout de même). Malheureusement,  sans demander si les gens savent conduire tout court, conduire des voitures de sport à plus forte raison et si de tels véhicules sont adaptés à tous les usages. Par ailleurs, le législateur, qui encourage la distribution et la lecture de modes d’emploi des Ferrari (parfois en italien, version française non disponible) envisage des mesures correctives pour toute personne qui roulerait trop vite (ou pas assez vite), ou entretiendrait mal sa voiture…

Et il n’est bien entendu pas pour autant question de revenir aux crachotants tacots d’il y a 40 ans, dont on sait bien l’impact qu’ils ont.
Vous trouvez que ça commence bien ?Lire la suite…

2 février 2017

Les vêtements imper-respirants (partie 3)

Nous avons vu dans un épisode précédent la distinction qu’il convenait de faire entre les propriétés d’un vêtement et celles du matériau qui le constitue.

Le monde est ainsi fait, de nos jours, qu’on a rarement l’occasion de revenir à la question de départ, celle qu’on devrait toujours se poser : de quoi ai-je besoin ? Pour ce qui nous intéresse, elle peut se poser ainsi : quel vêtement pour quelle activité ? La question subsidiaire est également : est-ce que ça vaut le coup de payer 300-500-700€ pour un vêtement dit « respirant ».

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16 octobre 2016

Les vêtements imper-respirants (partie 2)

Après le bref historique présenté dans la partie 1, nous allons nous pencher sur une question fondamentale : de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque la « performance » ?

Matériau ou vêtement ?

Évoquons tout de suite un point tout à fait essentiel, qui fait l’objet d’un raccourci systématique, ce qui arrange beaucoup de monde :

L’utilisateur final se fiche des caractéristiques du matériau. Il veut un vêtement qui soit, dans une certaine mesure et sous réserve d’une définition correcte des termes, étanche et respirant.

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20 septembre 2016

Les vêtements imper-respirants (partie 1)

imper-respirant - image 1

Un peu d’histoire : pourquoi des vêtements respirants ?

La question de la « respirabilité » a été mise en avant par l’entreprise Gore au cours les années 80. Mais pourquoi donc ? Ca n’allait donc pas avant ? Pour mieux comprendre, explorons le chemin de ce produit (LE Gore Tex), qui n’en est qu’un dans une entreprise aujourd’hui gigantesque. Tout le monde a entendu le discours : « laisse passer la vapeur d’eau vers l’extérieur, empêche l’eau liquide d’entrer ». Tout le monde à l’image en tête, laissant imaginer une sorte de sens unique. Mais d’où viennent ces idées et ce concept d’imper-respirant ?
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