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Manifeste pour une frugalité heureuse

Le blog s’ouvre aujourd’hui à un « article invité » d’un genre un peu particulier. En début d’année 2018, trois éminentes personnalités du monde la construction ont publié un Manifeste pour une Frugalité Heureuse. Je l’ai bien sûr signé dès que j’en ai eu connaissance, tant les sujets et les intentions rejoignent celles d’Incub’.

Je vous invite, si vous le souhaitez, à signer vous aussi ce Manifeste en suivant ce lien. Je laisse la parole à Alain Bornarel, Dominique Gauzin-Müller et Philippe Madec.

Manifeste pour une frugalité heureuse

Architecture et aménagement des territoires urbains et ruraux

Le temps presse

L’alarme sonne de tous côtés. Les rapports du GIEC confirment la responsabilité humaine dans le dérèglement global. Plus de 15 000 scientifiques l’affirment : il « sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, et le temps presse ». L’ONU déplore que les émissions de gaz à effet de serre stagnent à 52 Gt annuels, alors qu’il faudrait les limiter à 36, voire 24, pour rester en dessous des 2 °C qui autoriseraient un avenir apaisé. La COP 23 affiche son impuissance : les engagements pris lors de la COP 21, il y a 2 ans, conduisent à une hausse de plus 3 à 3,5 °C. Mais, restons optimistes, il est encore temps : « Nous avons 3 ans pour agir », avertissent Jean Jouzel et Pierre Laroutourou.

Les menaces s’accumulent

Au-delà des changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre, les menaces s’accumulent : décroissance accélérée de la biodiversité ; raréfaction de ressources épuisables ; pollution accrue de l’air, des terres et des mers ; inégalités grandissantes face au partage des richesses et aux impacts du dérèglement global… La seule maîtrise de l’énergie ne suffira pas.

Des paroles et des actes

Les choix politiques nationaux sont-ils à la hauteur des enjeux ? Les gouvernements successifs annoncent des initiatives qu’ils finissent par reporter. Ainsi, l’objectif des 50 % de nucléaire dans le mix électrique est repoussé aux calendes grecques, ruinant pour de nombreuses années l’essor des énergies renouvelables. Depuis la crise financière de 2008, la visée environnementale n’est plus le dessein essentiel qu’elle fut au début de ce siècle. La révision à la baisse des engagements, comme pour la RT 2012, l’annonce de mesures au budget notoirement insuffisant, comme pour la rénovation énergétique de l’existant, et la mise à mal du financement du logement social l’attestent et inquiètent.

Un mode de développement obsolète

Pourquoi refuser de voir l’avenir ? Sommes-nous pour toujours pris au piège d’un mode de développement aveugle ? Comment peut-on favoriser une production accrue de biens sans voir l’épuisement des ressources et les dérèglements planétaires ? Comment peut-on avantager la prospérité de la finance sans voir enfler les inégalités et notre dette envers la nature ? Comment peut-on privilégier la compétition égoïste sans voir les solidarités s’épuiser et la générosité s’étouffer ? Ce mode de développement d’un autre âge paralyse la transition écologique et sociétale.

La bonne nouvelle

Mais le monde change et des graines de possibles poussent sur toute la planète. Une agriculture soucieuse des humains et de la nature sort de la marginalité et les circuits courts se développent. Une économie coopérative, sociale et solidaire prend place en dehors des secteurs marchands et de ceux qui s’autoproclament collaboratifs. Dans les esprits, l’usage partagé prend le pas sur la possession, la mutualisation sur la privatisation, la sobriété sur le gaspillage. Un monde nouveau naît.

La lourde part des bâtisseurs

Les professionnels du bâtiment et de l’aménagement du territoire ne peuvent se soustraire à leur responsabilité. Leurs domaines d’action émettent au moins 40 % des gaz à effet de serre pour les bâtiments, et bien plus avec les déplacements induits par les choix urbanistiques, telle la forte préférence pour la construction neuve plutôt que la réhabilitation. Choix qui suppriment, tous les 10 ans, l’équivalent de la surface d’un département en terres agricoles. L’engagement collectif et individuel s’impose.

Frugalité en énergie

Le monde du bâtiment change aussi. À l’échelle du territoire, l’Ademe a présenté 165 porteurs de projets de production d’énergie renouvelable, locale et participative. À l’échelle du bâtiment, on construit des édifices sains et agréables à vivre sans ventilation mécanique ni climatisation, voire sans chauffage. Grâce à la ventilation naturelle, au rafraîchissement passif, à la récupération des apports de chaleur gratuits et à l’inertie thermique, la conception bioclimatique permet de réduire au strict minimum les consommations d’énergie, tout en assurant un confort accru. Nous savons le faire et cela ne coûte pas plus cher. Pourquoi ne pas généraliser ces pratiques ?

Frugalité en matière

Nous savons nous passer de matériaux qui gaspillent les ressources. La construction en bois, longtemps limitée aux maisons individuelles, est mise en œuvre à présent pour des équipements publics d’envergure et des habitations collectives de plus de 20 étages. Les isolants biosourcés, marginaux il y a peu, représentent près de 10% du marché et progressent de 10% chaque année. La terre crue, matière de nos patrimoines, sort du purgatoire dans lequel le XXe siècle l’avait plongée. Toutes ces avancées consolident le développement de filières et de savoir-faire locaux à l’échelle des territoires.

Frugalité en technicité

La frugalité en énergie, matières premières, entretien et maintenance induit des approches low tech. Cela ne signifie pas une absence de technologie, mais le recours en priorité à des techniques pertinentes, adaptées, non polluantes ni gaspilleuses, comme des appareils faciles à réparer, à recycler et à réemployer. En réalisation comme en conception, la frugalité demande de l’innovation, de l’invention et de l’intelligence collective. La frugalité refuse l’hégémonie de la vision techniciste du bâtiment et maintient l’implication des occupants. Ce n’est pas le bâtiment qui est intelligent, ce sont ses habitants.

Frugalité pour le territoire

Qu’il soit implanté en milieu urbain ou rural, le bâtiment frugal se soucie de son contexte. Il reconnaît les cultures, les lieux et y puise son inspiration. Il emploie avec soin le foncier et les ressources locales; il respecte l’air, les sols, les eaux, la biodiversité, etc. Il est généreux envers son territoire et attentif à ses habitants. Par son programme et ses choix constructifs, il favorise tout ce qui allège son empreinte écologique, et tout ce qui le rend équitable et agréable à vivre.

Pour un bâtiment frugal

La transition écologique et la lutte contre les changements climatiques concourent à un usage prudent des ressources épuisables et à la préservation des diversités biologiques et culturelles pour une planète meilleure à vivre. Le maintien des solutions architecturales urbanistiques et techniques d’hier, ainsi que des modes actuels d’habiter, de travailler, de s’alimenter et de se déplacer, est incompatible avec la tâche qui incombe à nos générations : contenir puis éradiquer les dérèglements globaux.
Le bâtiment frugal et le territoire frugal – urbain comme rural – sont les réponses que nous avons choisies. Nous les partageons dans nos enseignements, nos interventions et nos publications. Nous les mettons en œuvre dans nos réalisations pour accompagner l’instauration d’une société heureuse et écoresponsable.

Je veux signer le Manifeste

18 janvier 2018

Alain Bornarel (ingénieur)
Dominique Gauzin-Müller (architecte)
Philippe Madec (architecte et urbaniste)

Transition énergétique : surtout, attendre !

Rares sont les inventions permettant d’envisager un avenir énergétique radicalement différent. Bien souvent, quand on entend parler d’une de ces « révolutions », cela s’avère au final bien décevant. Mais la technologie que je vous présente aujourd’hui fait exception. D’abord parce qu’elle est techniquement simple, donc robuste. Mais surtout parce qu’elle change complètement notre regard sur une activité majeure de notre société : l’attente.

J’ai longuement discuté avec avec le chercheur Michel Bonvin, du Centre de Recherche en Énergétique Universitaire (CREU) avant qu’il accepte que je vous parle de cette technologie révolutionnaire. Tout ce que vous trouverez ici est donc sous son contrôle.

Je suis sûr que vous finirez cet article convaincu qu’en matière de Transition Énergétique, le mieux est certainement d’attendre !

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12 mars 2018

Chauffer la messe ou chauffer les fesses : la réponse du Design Énergétique

Cet article est le troisième d’une série. Je vous recommande de lire au préalable les articles précédents, qui vous donneront des éléments de contexte et de méthodologie.

Alors que j’avais été invité à visiter des églises, je ne vous ai parlé dans les deux articles précédents que de locaux tertiaires presque classiques. Où sont donc les lieux de culte ? Et bien… les voici ! Une belle occasion de poser une bonne fois pour toute la question du chauffage des églises.

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Étude de cas : Locaux d’enseignement mal ventilés

Je vous ai raconté dans l’article précédent de cette série de quelle manière notre « visite d’églises » nous a finalement confrontés à des locaux que j’ai appelés « associatifs ». Un peu inattendus dans un tel contexte, ces locaux nous ont ammenés vers des pistes de travail apparemment surprenantes. En effet, les enjeux sur l’usage semblaient, en première approche, d’une priorité bien supérieure au travail sur les aspects techniques.

Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

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Rénover le bâtiment ou organiser l’usage ?

Cet article est le premier d’une série. Il fait suite à un Accompagnement en Design Énergétique que j’ai réalisé pour une association paroissiale en région Rhône-Alpes. La démarche utilisée, les constats, les pistes d’amélioration, tout cela m’a semblé représentatif du large panel de sujets pouvant être abordés par le prisme du Design Energétique. J’ai déjà évoqué cette variété dans un précédent article. Néanmoins, de nombreux lecteurs du blog m’ont demandé plus de détails quant à l’approche ou les aspects très concrets du travail d’accompagnement. Ces articles me semblent répondre à leur demande.

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6 février 2018

Le Mystère de la Crêpe Sournoise

J’adore les crêpes. Je trouve qu’elles permettent facilement de se sentir à la fois cuisinier inventif et papa attentionné. Un petit « et si on faisait des crêpes ce soir ? », et la journée est relancée. Les enfants ne tardent pas à me rejoindre pour ajouter lait et oeufs (coquille, parfois), puis je peux frimer en les faisant sauter et virevolter. J’en fais donc très régulièrement. Les trois derniers verbes s’appliquent évidemment aux crêpes, pas aux enfants.

Donc lorsque, pour la Chandeleur, mon frère Laurent est passé dans la région et m’a lancé une proposition par un SMS laconique, je n’ai pas hésité une seconde. Il disait : « Ce soir, je te fais des crêpes vintage. On se retrouve chez Maman à 20h ».

crêpes - Michel OliverIl avait ajouté le lien vers une vidéo intitulée « Les crêpes vintage de Raymond Oliver ». Je vous invite à découvrir ce monument télévisuel et culinaire. J’en ai autant apprécié le visuel que les commentaires plein d’esprit qui suivaient. Je trépignais.

Pourtant, les risques que j’allais encourir lors de cette Chandeleur n’étaient pas du tout ceux que j’imaginais. J’allais être confronté au mystère de la Crêpe Sournoise.

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22 janvier 2018

Attestations RT2012 gratuites pour les architectes : 10 raisons de les encourager

J’ai annoncé il y a quelques jours le lancement prochain d’une formation en ligne dont l’un des objectifs est d’aider les architectes à réaliser eux-mêmes gratuitement les attestations RT2012 demandées au dépôt du permis de construire. Fondamentalement, cette formation n’est pas une nouveauté. J’en anime une dizaine de sessions par an depuis plusieurs années, ce qui représente pas mal d’architectes formés.

Mais le fait de diffuser massivement cette information a provoqué un phénomène surprenant. J’ai reçu de nombreux messages. Certains sont enthousiastes, beaucoup sont perplexes voire agressifs : mais pourquoi faire ça ? N’est-ce pas suicidaire venant d’un thermicien ? N’est-ce pas ôter toute valeur au travail de la performance énergétique ? Les questions sont nombreuses, et les suppositions sur mon intention vont bon train.

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Interview de Benoit Montels – chef de projet Expérience P2E

Vous vous dites peut-être à la lecture de ce blog que le design énergétique s’intéresse principalement aux sujets pratiques et concrets. Ce n’est pas faux. Néanmoins, le paysage énergétique mondial et national est largement structuré par des institutions et des organisations que le grand public, et parfois les professionnels, connaît peu. Leur influence sur les « thèmes » énergétiques n’en est pas moins importante.

C’est pourquoi j’ai souhaité vous présenter Benoit Montels. Venu du terrain, il travaille dans ces univers, souvent parisiens, où évoluent les grandes organisations et où se dessine le versant institutionnel de la Transition Énergétique. J’ai trouvé la rencontre édifiante et instructive. Je vous laisse découvrir cet échange, dont le contenu ne laisse pas supposer que nous sommes assis dans le sable d’une plage méridionale…

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Une brève histoire d’Incub’

En ce début d’année où fleurissent les vœux que l’on reçoit et les résolutions que l’on prend, j’ai voulu combiner deux envies. La première, c’est d’avoir comme chaque année un regard vers le passé. Cela me permet de mesurer le chemin parcouru et de mieux me projeter vers l’avenir. La deuxième, c’est de vous présenter Incub’ avec un peu plus de détails que dans notre page « À propos ».
Voici donc quelques étapes clés qui ont permis a Incub’ d’être ce qu’elle (il ?) est devenu aujourd’hui. Peut-être trouverez-vous que cette brève histoire mélange sans scrupule les aspects professionnels et les aspects plus personnels. Vous aurez raison : c’est probablement un des traits caractéristiques de cette histoire. Autant l’assumer pleinement !
J’en profite pour saluer et remercier chaleureusement toutes les personnes apparaissant explicitement ou implicitement dans cette histoire. Albert Jacquard disait « nous sommes principalement constitués de nos rencontres ». Je crois fermement que c’est aussi valable pour les entreprises.

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Quelques vêtements pour un an autour du monde… lesquels ?

Estelle, une lectrice assidue du blog, m’a récemment écrit un long message dont voici un résumé :

« Cher Pascal, j’ai lu attentivement ce que tu racontes sur l’habillement, et j’ai eu l’impression que cela m’avait beaucoup éclairée. Je pars bientôt pour un long voyage dans différents pays exotiques et je prépare mon sac à dos. Voici mon problème : une fois dans les magasins, les grands principes expliqués dans tes articles ne me servent plus à rien ! Je suis en effet assaillie de vendeurs me vantant les mérites de tel ou tel produit : la remarquable étanchéité mesurée en je ne sais quelle unité, ou l’incroyable respirabilité en telle autre… Bref, je ne m’en sors pas ! Je te serais donc très reconnaissante de me décrire un kit minimum que je dois prévoir pour parer à toutes les situations. Merci beaucoup de ton aide et à bientôt.

PS : Je suis un peu fauchée. Cela m’arrangerait que tes idées soient bon marché. »

Sans faire trop de pub, j’adresse un message à vous toutes et tous qui m’écrivez pour me soumettre un problème. Oui, vous êtes nombreux ! Et je vous fais presque toujours la même réponse :

  • soit c’est une urgence, et ma foi, il faut bien que je vive… vous pouvez m’acheter un temps de conseil dédié. Je vous ferai une réponse aux petits oignons, promis !
  • soit vous n’êtes pas pressés… et vous pouvez attendre que votre passionnant sujet devienne le sujet d’un article, dont tout le monde pourra bénéficier.

Estelle, donc, a patienté. Et comme sa question me semble pouvoir concerner nombre d’entre nous, voici quelques éléments de réflexion.

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Olivier Sidler – une interview (partie 2)

Nous avions laissé Olivier Sidler alors que nous discutions de la nécessaire réorganisation des processus de rémunération et de répartition d’honoraires dans les marchés afin de faciliter le déploiement de projet à haute ambition énergétique. Voici donc la seconde partie de son interview, dans laquelle nous parlerons recrutement, transmission d’entreprise (et de son esprit) et négaWatt.

(Pour retrouver la première partie de l’interview, voici le lien)

Olivier Sidler et le recrutement

Pascal Lenormand : Puisque nous parlons formation et culture des acteurs de l’entreprise : tu as dit que tu avais formé beaucoup de gens à Enertech, et tu as effectivement embauché majoritairement des ingénieurs très jeunes, sans expérience la plupart du temps. Pour quelle raison ?

Olivier Sidler : Oui, il s’agissait de jeunes sortant juste de l’école. C’est la conséquence d’expériences malheureuses avec des « seniors ». L’un d’eux avait 50 ans et je l’avais embauché pour qu’il encadre les plus jeunes afin de m’aider. Ça a été une vraie catastrophe, car il n’avait pas la rigueur de conception de ceux qui étaient là depuis quelques années. Mais le problème de fond des seniors est qu’ils arrivent avec ce que je qualifie « de mauvaises habitudes », comme l’absence d’un questionnement permanent sur le bien-fondé des choix faits, le surdimensionnement généralisé de tous les équipements, les solutions « toutes prêtes » mais inadaptées, etc. La plupart ne sont pas capables de se remette en cause au niveau où on leur demande. Or l’avantage de n’embaucher que des gens très jeunes est qu’ils ne sont pas pré formatés, ils sont ouverts à tout, et si on les choisit bien, « ils en veulent ». Ce que je recherchais, c’était des gens motivés, voire militants, il faut bien le dire. Car nous avancions à contre courant, et pour cela il fallait une motivation en acier trempé. Mais nous savions pourquoi nous faisions cela, nous savions que c’était la seule manière d’obtenir des bâtiments réellement performants, même si on était alors les seuls à le penser. Tu n’imagines pas le nombre de railleries de tout genre que nous avons subies lors du premier chantier de bâtiment très performant que nous avons réalisé en 2004 (l’INEED à Valence TGV – Consommation globale tous usages mesurés de 82 kWhep/m²utile/an).

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Canette ou bouteille ? La réponse du Design Énergétique.

J’adore mon métier. Découvrir chaque jour ce qu’est le Design Énergétique m’amène à me pencher sur des problèmes aussi divers que la transition énergétique de notre pays, le froid aux pieds chez le livreur de colis parisien ou la gestion du confort dans une yourte. Néanmoins à chaque jour suffit sa peine, et la fin de journée voit arriver, c’est normal, l’heure de l’apéro. Personnellement, cela consiste en une bière bien fraîche. Enfin une application concrète et immédiatement utile de la réflexion énergétique !

Mais quel ne fut pas un jour mon désarroi lorsque, en quête un peu tardive d’une bière à pouvoir partager entre collègues, je me retrouvais devant ce dilemme : exactement le même produit, vendu soit dans une canette métallique, soit dans une bouteille en verre. Fichtre ! Comment choisir ?

C’est dans de tels instants que le Design Énergétique s’apparente à un trouble obsessionnel compulsif : il me fallait trouver une réponse à cette dramatique question. Et comme cela m’a emmené dans des raisonnements qui me semblent représentatifs de la démarche fondamentale qui nous intéresse, je partage avec vous ces quelques élucubrations.

Voici donc le raisonnement que j’ai suivi.

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Olivier Sidler – une interview (partie 1)

Pour la première interview de ce blog, je ne pouvais pas interroger quelqu’un d’autre qu’Olivier Sidler. D’abord parce que si vous vous êtes posé la moindre question sur la performance énergétique des bâtiments ces 25 dernières années, il n’est pas possible que vous ayez raté son nom, ou celui de « son » bureau d’études,  Enertech. A titre plus personnel, une simple histoire résume pour moi l’homme qui se cache derrière le personnage, aussi connu pour ses coups de gueule. Il y a plusieurs années, lorsque je débutais tout juste dans l’énergétique du bâtiment, Olivier accepta de me rencontrer, malgré sa fatigue après une journée de formation. Il m’a écouté attentivement, nous partagions une choucroute à son hôtel. Finalement, il m’a dit « viens donc 15 jours chez moi, tu verras ce qu’est le boulot ». Il m’a accueilli, hébergé. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça, il m’a simplement dit : « Je ne sais pas, parce qu’il y a des gens qu’on sent bien. C’est normal de les aider ».

Laissons-le nous raconter l’histoire d’Enertech, de negaWatt, et nous rappeler que tout cela est arrivé à Félines-sur-Rimandoule, au fin fond de la Drôme. Et pour l’ambiance, imaginez un bord de mer Méditerranée vers Montpellier, juste avant l’heure de l’apéritif.

(L’interview sera publiée en deux parties. Il fallait bien nous arrêter, le vin blanc allait être tiède);

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29 septembre 2017

Les six composantes du confort thermique

Certains sujets semblent avoir le pouvoir particulier de générer des conversations quasi déterministes. J’entends par là, la chose suivante : Lancez un tel sujet et vous pouvez vous attendre à voir émerger toujours les mêmes questions, presque toujours dans le même ordre. D’une manière générale, je trouve que cela pose fortement la question de notre liberté de pensée sur de tels sujets. Témoignons-nous alors de notre pensée propre, ou de choses que nous avons progressivement intégrées et qui se retrouvent profondément ancrées dans notre culture et nos modes de pensée ?

Parmi ces sujets, je range celui de la « température de confort ». Faites l’expérience suivante : lors d’une conversation amicale ou familiale voire professionnelle, lancez la phrase suivante : « moi, franchement, 19°C, je trouve que c’est un peu froid. La bonne température pour mon confort, c’est 21°C. » Vous n’avez plus qu’a laisser dérouler. Je suis prêt à parier qu’a un moment émergera la phrase suivante : « De toute façon, le confort, c’est vraiment une notion subjective. » Une manière de dire que comme pour le beau ou le juste, nous sommes dans un domaine où l’objectivité s’avère difficile, voire impossible. Nous voilà bien avancés, surtout si nous travaillons dans un domaine où l’on recherche l’objectivité. Et pourtant, grâce à Povl Ole Fanger, notre situation n’est pas désespérée, loin de là. Cette approche de la thermique humaine me semble tellement fondamentale que j’ai eu envie de la partager avec vous.

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19 septembre 2017

Bâtiments responsables, usage et confort – une contribution à la réflexion

Le groupe de travail Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050 du Plan Bâtiment Durable clôturait il y a quelques jours une phase de concertation sur une note intitulée « Bâtiments responsables, usages et confort : quelles lignes directrices pour demain ? ». Je n’avais initialement pas prévu de participer à cette concertation, encore moins de publier à ce sujet. Mais un ami m’en a convaincu, et je me suis piqué au jeu.

Vous trouverez ici la note originale sujet de cet appel à contribution.

Voici donc, quasiment en l’état, la contribution que j’ai livrée aux rédacteurs de la note. Elle balaie plusieurs thèmes typiques du Design Énergétique des Bâtiments. J’en profite pour vous demander à la fin, par sondage, quelles sont les thèmes évoqués que vous souhaiteriez que j’aborde. Je suis à votre service !-)

Usage et Confort – Préambule général

Depuis 15 ans, le bureau d’études Incub’ est spécialisé en sobriété énergétique des bâtiments, discipline aujourd’hui incluse sous le vocable Design Énergétique. La posture particulière que nous adoptons quant à la question énergétique dans les bâtiments, découle finalement d’un constat simple :

C’est une erreur de considérer que le système énergétique dont on étudie les consommations est un bâtiment. Ce qui consomme de l’énergie, c’est l’interaction entre un usage et un bâtiment. 

S’il semble aujourd’hui si difficile au monde du bâtiment de « prendre en compte le confort et l’usage », c’est que sa logique est profondément ancrée dans une démarche technicienne. Dans un tel cadre de pensée, l’incertitude du vivant ne peut être prise en compte que par la caricature (les fameux « scénarios conventionnels ») facilitant le calcul ou une distanciation statistique (approches statistiques sur des scénarios possibles d’utilisation).

Il nous semble que la tâche de rendre les bâtiments « désirables pour ceux qui y résident » demande un profond changement culturel dans le monde du bâtiment. Nous espérons que les quelques commentaires ci-dessous illustreront dans quel sens.

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5 septembre 2017

Qu’est-ce qu’un expert en Design Énergétique ?

Voici une dizaine d’années maintenant que j’ose utiliser le terme de « expert » pour caractériser ma pratique professionnelle. Je pense pourtant que cela fait moins de deux ans que je me comporte comme tel avec mes clients. Le « saut » n’est pas simple à effectuer, encore moins à expliquer. Je pense aujourd’hui que la posture de l’expert est fondamentalement différente, parce que son rôle dans un projet est fondamentalement différent. Pour illustrer cela, je vous propose un parallèle avec une de mes aventures… médicales.

Il faut pour l’expert un problème sérieux.

Dans les premiers jours de cette année, j’ai pris une résolution : je me remets à l’escalade. Dire qu’il y a quelques années, j’ai beaucoup grimpé relève de l’euphémisme… Entre 1990 et 2005, l’escalade a été mon principal centre d’intérêt, un pivot dans l’organisation de ma vie. J’ai énormément grimpé en falaise, en montagne, en compétition, en bloc, en intérieur comme en extérieur. Je me suis aussi beaucoup abimé. En 1999, en particulier, je me suis salement amoché une épaule, arrachant ligament et nerfs. A la clé : une opération et une rééducation de plus d’un an et demi. Puis, en 2005, j’ai tout arrêté, du jour au lendemain. Je ne sais toujours pas pourquoi.

Début janvier 2017, me voici donc inscrit au club d’escalade local pour enfin retoucher à la verticalité. A la troisième séance, alors que je retrouvais tout juste mes sensations, mon bras gauche lancé vers le côté s’est quasiment détaché de mon corps. J’ai retrouvé cette très désagréable sensation de l’épaule qui se disloque. Verdict : les luxations sont de retour.

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Quatre méthodes infaillibles pour rater son projet de construction

Je vais être franc avec vous. Quand j’ai commencé à travailler dans le bâtiment, c’était en partie pour me trouver un nouveau métier. Mais aussi parce que je me disais que je pourrai moi aussi construire de mes mains ma super maison écologique que j’aurais moi-même conçue. Je le ferai bien sûr selon les principes bioclimatiques et écologiques les plus évolués.

La réalité fut fort différente. Au fur et à mesure que les années passaient, j’ai vu 10 puis 50 puis 200 projets de maison auto-construites. Elles l’étaient par des gens en général passionnés voire obsédés par leur projet. Il aboutissaient presque tous un résultat médiocre voire catastrophique.

Je ne vous cite qu’un exemple : il y a quelques années, je visitais une école alternative située dans le sud de la France. Les parents très motivés s’étaient regroupés pendant un été entier pour construire un nouveau bâtiment éco-conçu. Ils l’ont réalisé avec une ossature bois isolée en paille et recouvert d’un enduis terre. Je visitais ce nouveau bâtiment, fierté de l’école, d’une surface d’envions 80 m2. Nous étions alors 5 dans cette salle.

L’institutrice qui nous faisait visiter vantait les mérites de ces murs « respirants » et de l’ensemble des techniques écologiques mises en œuvre. Elle nous montrait les enduis terre, l’isolation en paille, nous parlait du chantier coopératif, etc. Soudain, elle s’interrompt : « Snif snif, il y a une couche pleine dans cette pièce ! » Effectivement, une légère odeur de caca enfantin flottait dans la pièce. Nous n’étions que 5, ce fut assez facile d’en détecter l’origine. Le bébé qui jouait tranquillement à l’autre bout de la pièce avait effectivement rempli sa couche…

Je vous pose la question : comment se fait-il que dans un bâtiment écologique à l’air sain, on puisse en quelques instants détecter l’odeur de couche d’un bébé situé à de 10m. de distance ? Une seule réponse possible : l’air ne se renouvelle pas. Or, un air qui se renouvelle pas, c’est une ambiance malsaine. Nous n’étions que 5 dans cette pièce, je vous laisse imaginer le résultat avec 25 enfants.

Cet exemple est resté pour moi l’un des archétypes du bâtiment réalisé avec la meilleure volonté du monde. Un groupe d’auto-constructeurs enthousiastes aboutit à un résultat joli, mais de qualité médiocre. Il m’a semblé, à la longue que différents profils-types d’auto-constructeur ou d’auto-concepteur se dessinent. Des sortes d’archétypes de fonctionnement de gens souhaitant réaliser par eux-mêmes tout ou partie de leur projet. Après 15 ans d’expérience, je considère ces profils comme de bons indicateurs d’échec d’un projet. Je vous laisse les découvrir… en gardant le sourire !-)

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Rafraîchir sans climatisation : le bon usage du ventilateur

J’ai reçu hier le message suivant :

« Bonjour Pascal,

je m’appelle Benoit et j’habite en colocation à Toulouse. En ce moment, il fait très chaud, et comme il n’y a pas assez de courants d’air dans notre appartement, je suis allé acheter un ventilateur. Je l’ai installé sur la fenêtre et je le laisse fonctionner toute la journée pour refroidir l’appartement. Voici ma question : est-il est plus efficace  que je tourne le ventilateur vers l’intérieur (pour souffler du vent frais vers l’intérieur) ou bien vers l’extérieur (pour rejeter l’air chaud vers l’extérieur) ?

Merci de ton aide, merci pour tes articles et à bientôt. »

Et bien, cher Benoit, je vais profiter de ta question pour décrire quelque phénomènes thermiques. Et ainsi, j’en arriverai à répondre à la question « Comment se servir efficacement d’un ventilateur ? »

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3 juillet 2017

Accompagnement en design énergétique – 6 nouveaux exemples

Accompagnement, coaching… Ces mots sont aujourd’hui tellement utilisés que lorsque je parle d’un « accompagnement en design énergétique », il est bien normal de se demander ce qui se cache derrière…

Je vous ai déjà proposé dans un article précédent 6 exemples d’accompagnements spécifiquement tirés du domaine du bâtiment (au sens large !). Aujourd’hui, je vous propose 6 nouveaux exemples, que je tire cette fois d’expériences dans des industries variées. Là encore, bien que je ne cite pas explicitement les personnages de ces situations, ils sont tous bien réels.

Comme vous pourrez le constater, la variété est au rendez-vous, et les questions énergétiques se nichent parfois à des endroits bien inattendus !

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27 juin 2017

Accompagnement en design énergétique – 6 exemples

Accompagnement, coaching… Ces mots sont aujourd’hui tellement utilisés que lorsque je parle d’un « accompagnement en design énergétique », il est bien normal de se demander ce qui se cache derrière…

Comme quelques exemples valent mieux qu’un long discours, je cite ici brièvement plusieurs cas tirés de la vie réelle. J’espère qu’ils pourront illustrer à quoi peuvent bien servir ces prestations. Bien que je ne cite pas explicitement les personnages et les bâtiments de ces situations, ils sont tous réels !

Vous vous reconnaissez dans l’un de ces exemples ? Et bien… soit nous l’avons vraiment vécue ensemble, et je vous en remercie. Soit vous voyez très bien de quoi je parle, et peut-être les autres situations vous inspireront ?

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OSCAR, Un pont jeté par les architectes vers les ingénieurs

OSCAR - pont

OSCAR - téléphone

Thierry est architecte depuis 18 ans, son agence compte maintenant 4 collaborateurs. Pourtant, à chaque fois qu’il se prépare à appeler l’ingénieur Sakaille, il ressent toujours la même lassitude. Gilbert Sakaille est l’ingénieur qui dirige le bureau d’études fluides auquel il a recours habituellement. L’entreprise s’appelle Bureau d’Études Techniques et Énergétiques. En abrégé… BETE.. Cela pourrait faire rire : un ingénieur chargé du chauffage qui s’appelle Sakaille, un BE à l’acronyme ridicule. Mais cela ne fait plus rire Thierry depuis longtemps. Avec un soupir, il décroche le téléphone.

Après les politesses habituelles, il entre dans le vif du sujet : « voilà, on a cette école à Brou-la-Bridoire, on voudrait faire du passif, et on commence l’esquisse… J’aurais besoin que tu me dise ce que je mets comme épaisseur d’isolant.

On entend le sourire de Gilbert Sakaille, même dans le téléphone : « Facile : envoies-moi les plans, et je te dis si ça passe ! »

Moment de solitude de Thierry… « Mais… pour implanter le bâtiment et faire une esquisse, j’ai besoin d’avoir une idée des épaisseurs ! »

Sakaille ne se démonte pas : « J’entends bien… mais pour ne pas dire n’importe quoi sur les épaisseurs, j’ai besoin de plans… ».

Un ange passe…

Thierry sent de nouveau un poids sur ses épaules, et se souvient avoir cherché la semaine dernière sur internet. Dans sa région des Causses du Bigarois, le BETE et l’ingénieur Sakaille sont les seuls interlocuteurs possibles. Il va falloir s’accrocher, une fois de plus.

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Hygiène de l’esprit pour les professions intellectuelles

Aujourd’hui, je voulais vous parler d’un sujet un petit peu particulier. Pas le design énergétique : je voulais vous raconter un tout petit morceau ma vie. J’ai fait des études d’ingénieur, que j’ai terminées il y a une quinzaine d’années. Et depuis 15ans, j’ai travaillé d’abord dans l’industrie, puis j’ai été consultant. J’ai donc toujours fait ce qu’on appelle des « professions intellectuelles ». J’ai également une vie artistique et musicale, et je considère que cela se passe aussi principalement dans la tête. Voila : j’ai toujours travaillé avec mon esprit plutôt que physiquement.

Il y a quelques années, j’ai commencé à me fatiguer et à perdre de l’entrain. Et il y a deux ans, j’ai vécu une véritable  » explosion en vol ». Comme, beaucoup de gens à notre époque, j’ai fait une sorte de burn-out généralisé. Cela m’a pris pas mal de temps pour re-construire toute la machine.Lire la suite…

Le design énergétique de vie quotidienne

Bien souvent, les exemples de Design Énergétique portent sur des objets. Qu’il s’agisse de bâtiments ou de produits manufacturés, on comprend en général assez rapidement de quoi il s’agit. Concernant les services, le lien est parfois moins évident.
Mais si je vous disais que l’on pouvait faire le design énergétique de sa vie quotidienne, me croiriez-vous ? C’est pourtant ce que je vais vous montrer dans cet exemple réel d’un groupe de familles, quelque part en Savoie.
Ce n’est qu’un exemple… Certains de leurs choix pourront vous sembler extrêmes, d’autres trop modestes. Finalement, ce qui est intéressant dans l’histoire, c’est l’endroit où chacun peut trouver des marges de manoeuvre. Le reste ne dépend que des contextes particuliers…

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La simulation thermique dynamique : comment l’utiliser ?

simulation thermique dynamique - infrarouge

La simulation thermique dynamique

S’il est un outil classique de l’énergéticien en phase de conception d’un bâtiment, c’est bien la Simulation Thermique Dynamique (STD). Là où un outil de type réglementaire systématise le recours à des scénarios d’usage conventionnels, le logiciel de STD permet de saisir et modifier tout à la fois :

  • Un modèle énergétique du bâtiment, avec l’ensemble de ses caractéristiques constructives : géométrie, orientations, caractéristiques de parois et de matériaux, inertie, etc.
  • Un climat, quel qu’il soit, réaliste ou non : une moyenne des 20 dernières années, un modèle de canicule ou un climat à température constante, avec ou sans soleil, avec ou sans vent, etc.
  • Des scénarios d’utilisation : on injecte dans le modèle de bâtiment et local par local, des scénarios d’occupation, de puissance dissipée, etc.simulation thermique dynamique - prisme

Le recours à la STD est devenu très courant dans de nombreux projets, tout particulièrement pour, au moins en théorie, détecter et corriger les risques de surchauffe. Elle est donc très souvent demandée dans les phases de conception, en général au même bureau d’étude qui a en charge tous les aspects énergétiques et fluides. En effet, aujourd’hui, la plupart des bureaux d’étude énergétiques proposent des STD (Simulation Thermique Dynamique) réalisées sur une dizaine de logiciels professionnels, comme Pleiades+Comfie, TRNSYS ou Energie +.

En résumé, depuis une dizaine d’année, le postulat est le suivant : il y a risque de surchauffe, faisons des calculs, ainsi les risques seront détectés, et donc réduits.

Génial.

Mais dans ce cas, pourquoi donc la MAF voit-elle arriver en nombre toujours plus grand les recours pour surchauffe critique ? Se passerait-il des choses imprévues ? Pourquoi trouve-t-on autant d’usagers insatisfaits se plaignant de ne pas pouvoir contrôler les ambiances ?

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4 mai 2017

UGG : l’histoire d’une botte qui n’aime pas la montagne

Le moins que l’on puisse dire c’est que Vanessa n’est pas très contente. Le premier jour des vacances au ski, elle a déballé ses jolies bottes UGG, trouvées à 189€ en promotion « Spéciales vacances d’hiver ». Elle avait tout de suite flashé, tellement elles avaient l’air chaudes et confortables. Ce serait parfait pour l’après-ski ! Malheureusement les désillusions s’étaient vite enchainées. Dès qu’elle avait mis un pied sur le trottoir tout juste déneigé, elle s’était pris un gadin mémorable. Clairement, les bottes fonctionnaient plus comme un patin à glace qu’un crampon pour face nord. Qu’a cela ne tienne. Vanessa avait tenu bon en marchant carrément la route, là ou l’on voyait le bitume.

ugg - porte moiDeuxième désillusion : au bout de 100m, elle commença a sentir une drôle de sensation. Baissant les yeux vers ses pieds, elle constata qu’une auréole sombre progressait rapidement vers sa cheville. Quoi ? Ces après-ski à 200€ ne sont pas étanches ? Elle en eu vite la confirmation quand elle sentit la sensation de mouillé pénétrer jusqu’à ses orteils. De retour, après à peine 20 minutes dehors, c’était la consternation. Les jolies bottes marron claires avaient pris un aspect maronnasse dégoulinant, ses orteils étaient congelés, et son moral n’était pas reluisant. Non mais c’est quoi ces après-ski qui ne supportent pas la neige ?

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Qu’est-ce que la performance ?

Il y a quelques mois de cela, j’étais invité à un colloque traitant de la « rénovation performante des écoles en climat méditerranéen». Nous y parlions en particulier de « l’implication des usagers ». Pendant deux jours, de doctes spécialistes, concepteurs et exploitants de lieux se sont succédés, expliquant par le détail les méthodes et techniques à employer et les résultats obtenus en matière de consommation énergétique et de confort. Nous avions convenu avec les organisateurs du colloque que, quitte à évoquer les usagers, autant inviter les premiers concernés. Une classe de CP/CE1 avait donc été conviée à parler à la dernière table ronde de l’évènement. Après 2 jours de kWh, de DJU, de rendements de systèmes et de modes constructifs, ces enfants décrivaient, dans la grande salle de la Mairie de Montpellier, ce qu’ils aimaient ou aimeraient dans leur école. Une partie de l’assistance a senti les poils se dresser d’émotion. Certain.e.s touchés par la délicatesse, le charme, la pertinence des jeunes « presque maîtres d’ouvrage ». D’autres plein.e.s de colère : que faisaient des enfants de 6 ans dans cette assemblée de spécialistes ?

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Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

J’ai connu négaWatt il y a plus de 10 ans, et depuis, j’ai eu l’occasion de côtoyer les membres de ce réseau de (très) près. Et quelque chose m’a toujours semblé difficile : de cet imposant travail à l’échelle nationale, imaginer ma petite vie negaWatt au quotidien. C’est une chose de lire « la consommation d’énergie finale dans l’industrie sera de 342 TWh/an en 2050 ». C’en est une autre d’en imaginer la signification dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, il y a un aspect « tous dans le même panier » qui rend difficile, parfois, de se projeter. Ainsi, si je lis « l’utilisation de l’avion (pour les longs courriers) diminue fortement de 2.72E11 km en 2017 à 1,34E10 km en 2050 »… Alors, ça veut dire quoi ?

Bref… j’ai eu envie de voir s’il y avait des manières simples de « vivre négaWatt » dès aujourd’hui. Pour dresser cette liste, je n’ai pris que des changements simples qui ne dépendent que de moi. Je laisse de côté ceux pour lesquels la société doit au préalable s’organiser. Voici donc 11 pistes d’actions simples, concrètes, parfois amusantes. Elles sont (presque) directement tirées du scénario négaWatt.

Le sympathique blog Comme Une Aille De Papillon vient de publier un article résumant un aspect très important du design énergétique.

Je vous invite donc à le découvrir via le lien ci dessous.

Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

20 mars 2017

Du bâtiment à haute performance énergétique au bâtiment habitable

Vers un Kamasutra de l’énergétique

On voit fleurir des guides d’utilisation, des campagnes de sensibilisation sur le bon usage, et autres réflexions pour trouver le moyen d’influer sur le comportement des utilisateurs de bâtiment à haute performance énergétique. À l’occasion, on met en place bridage de consignes, voire le rationnement énergétique. Tout cela relève d’une tendance assez générale à la correction du comportement déviant d’un usager considéré comme l’un des paramètres (difficile à régler…) de fonctionnement du système. Cette posture est très révélatrice de la logique d’action massivement à l’œuvre dans le domaine du bâtiment en général, et de l’énergétique en particulier.

Le processus peut se résumer ainsi : à partir d’un usage imaginé par des professionnels, un bâtiment est conçu. Puis, si (ou plutôt, lorsque) la réalité s’avère différente des prévisions… on cherche les moyens d’adapter (là aussi par des techniques) la réalité humaine à l’objet technique conçu.

Une métaphore automobile permettra peut-être de visualiser la situation : avec la généralisation des bâtiment à HAE, tout se passe un peu comme si le législateur avait décidé, qu’à partir de maintenant, tout le monde roulerait en Ferrari (hybride, peut-être, mais en Ferrari tout de même). Malheureusement,  sans demander si les gens savent conduire tout court, conduire des voitures de sport à plus forte raison et si de tels véhicules sont adaptés à tous les usages. Par ailleurs, le législateur, qui encourage la distribution et la lecture de modes d’emploi des Ferrari (parfois en italien, version française non disponible) envisage des mesures correctives pour toute personne qui roulerait trop vite (ou pas assez vite), ou entretiendrait mal sa voiture…

Et il n’est bien entendu pas pour autant question de revenir aux crachotants tacots d’il y a 40 ans, dont on sait bien l’impact qu’ils ont.
Vous trouvez que ça commence bien ?Lire la suite…

2 février 2017

Les vêtements imper-respirants (partie 3)

Nous avons vu dans un épisode précédent la distinction qu’il convenait de faire entre les propriétés d’un vêtement et celles du matériau qui le constitue.

Le monde est ainsi fait, de nos jours, qu’on a rarement l’occasion de revenir à la question de départ, celle qu’on devrait toujours se poser : de quoi ai-je besoin ? Pour ce qui nous intéresse, elle peut se poser ainsi : quel vêtement pour quelle activité ? La question subsidiaire est également : est-ce que ça vaut le coup de payer 300-500-700€ pour un vêtement dit « respirant ».

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16 octobre 2016

Les vêtements imper-respirants (partie 2)

Après le bref historique présenté dans la partie 1, nous allons nous pencher sur une question fondamentale : de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque la « performance » ?

Matériau ou vêtement ?

Évoquons tout de suite un point tout à fait essentiel, qui fait l’objet d’un raccourci systématique, ce qui arrange beaucoup de monde :

L’utilisateur final se fiche des caractéristiques du matériau. Il veut un vêtement qui soit, dans une certaine mesure et sous réserve d’une définition correcte des termes, étanche et respirant.

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20 septembre 2016

Les vêtements imper-respirants (partie 1)

imper-respirant - image 1

Un peu d’histoire : pourquoi des vêtements respirants ?

La question de la « respirabilité » a été mise en avant par l’entreprise Gore au cours les années 80. Mais pourquoi donc ? Ca n’allait donc pas avant ? Pour mieux comprendre, explorons le chemin de ce produit (LE Gore Tex), qui n’en est qu’un dans une entreprise aujourd’hui gigantesque. Tout le monde a entendu le discours : « laisse passer la vapeur d’eau vers l’extérieur, empêche l’eau liquide d’entrer ». Tout le monde à l’image en tête, laissant imaginer une sorte de sens unique. Mais d’où viennent ces idées et ce concept d’imper-respirant ?
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