3 exemples de mesures inexactes et très utiles

Mesure

Lorsque j’ai interviewé Olivier Sidler, il y a quelques mois, il a particulièrement insisté sur un point concernant l’histoire du bureau d’études Enertech : l’importance de la mesure. Dans un monde complètement déconnecté de réalités énergétiques, la mesure systématique et détaillée des phénomènes leur a donné une puissance de compréhension et de réflexion remarquable. Cela s’est également révélé un avantage concurrentiel certain. 

Il faut bien remarquer que ce n’est pas seulement la pose de milliers de capteurs qui fait la différence : c’est surtout l’usage qui est fait de la donnée. En effet, on ne peut pas dire que la donnée manque, de nos jours. Il y a quelques années, de nombreuses entreprises se sont créées pour mesurer… tout et n’importe quoi dans nos logements. L’hypothèse était qu’en lui donnant de l’information, monsieur ou madame tout le monde allait « prendre conscience » et modifier ses comportements. 

Bon… la réalité s’est montrée un peu différente.

Alors, est-il nécessaire d’avoir des centaines ou des milliers de capteurs et des dizaines d’ingénieurs de haut niveau pour que la mesure puisse servir à quelque chose ? 

Je ne le pense pas. Et j’avais envie de vous donner trois exemples de mon quotidien, pour vous montrer de quelle manière j’envisage l’utilisation de la mesure « à la maison ». 

Préambule: l’information n’est pas l’objectif

Avant que je détaille mes pratiques domestiques en matière de mesure, j’aimerais faire un rappel « théorique ». Dans cet article, j’explique un aspect très important de ma réflexion énergétique. Il s’agit probablement du versant le plus philosophique du design énergétique, un aspect dont j’ai longtemps eu besoin sans trouver de réponse. 

Pour le sujet d’aujourd’hui, voici ce qu’il faut retenir : l’information n’est PAS un service énergétique. J’entends par là qu’on peut utiliser beaucoup d’énergie pour produire ou transporter beaucoup d’information, certes. Mais ce n’est pas pour cela que cette information est utile. 

En disant celà, j’applique à l’information le même type de raisonnement autour de l’efficacité que pour les services classiques, la chaleur et le mouvement.

Ainsi, si vous brulez beaucoup de bois ou de pétrole dans de très grosses chaudières, mais qu’une faible partie de cette chaleur est employée pour « faire quelque chose », on dira que tout cela est très inefficace. 

La question se pose aussi pour l’information, dans une définition large. Comment évaluer “l’efficacité” d’une vidéo de chat sur Youtube, d’un film de Costa Gavras, d’un spectacle de Wadji Mouawad ou des Swing Girls ?

À cette question, ma réponse est aujourd’hui : si on ne peut pas mesurer cette efficacité, on peut l’évaluer subjectivement par la transformation intérieure provoquée. Dit autrement : l’efficacité d’une « information » ne peut s’évaluer que par sa capacité à faire de nous de « meilleurs humains ». Parfois (pas toujours), cela peut se manifester par une évolution de comportement. 

Et c’est là que nous rejoignons notre sujet du jour.

Si la mesure m’intéresse, et si je l’utilise aujourd’hui, ce n’est pas tellement dans une optique de chercheur, d’évaluation très précise. Je l’utilise à titre personnel comme un élément qui me permet d’ajuster mon propre comportement ou d’améliorer ma conscience du monde qui m’entoure.

C’est un point de départ assez différent, qui ne nécessite pas forcément de très grosses analyses, ni même de calculs pointus.

Par ailleurs, je ne cherche pas forcément à généraliser mes observations. Ce qui m’intéresse, c’est le lien entre mes actes et leurs effets sur un objet ou un service énergétique. Je regarde la relation usage-objet… Tiens donc : n’est-ce pas là le postulat de départ du design énergétique ? 

Bien sûr que oui. Mais trêve de préambules, voici trois domaines où j’utilise la mesure dans ma vie quotidienne. 

La mesure à la prise électrique

C’est bien souvent le premier exemple qu’on donne quand on parle de mesure. De fait, lorsque je recommande à des étudiants ou des stagiaires un investissement utile pour combler l’effrayant écart entre le monde réel et nos conceptions intuitives, je les oriente toujours vers un appareil à brancher directement sur une prise. 

J’utilise aujourd’hui une version améliorée de ces appareils, le VoltCraft SEM 6000. C’est un appareil peu coûteux et peu encombrant qui présente plusieurs avantages, parmi lesquels :

  • une programmation, qui permet de décaler certains usages, comme une charge de batterie
  • une récupération facile des données de plusieurs appareils via l’application sur téléphone, en connexion bluetooth
  • une présentation facile et rapide des données, qui évite un calcul ultérieur. 

Voici deux exemples de la manière dont j’utilise cet appareil :

La mesure de puissance instantanée

Je raconte souvent que, en plus de dix ans de formation professionnelle, j’ai moins de 5% de réponses justes aux questions sur la puissance moyenne des appareils courants. L’énorme majorité des gens (pros ou non) se trompe d’un facteur 5 à 20 sur les ordres de grandeur énergétiques. C’est pour moi le premier indice de la déconnexion dramatique avec le monde réel, et le fondement de lourds problèmes. 

Ainsi, j’adore évaluer les puissances appelées par tous les appareils qui m’entourent. Cela se révèle extrêmement instructif. Au-delà des valeurs individuelles, c’est surtout la hiérarchie que je trouve passionnante. 

Par exemple, j’ai mesuré la puissance typique de notre box internet autour de 30 W. Mais depuis que nous avons installé la fibre, cette puissance a augmenté pour aller autour de 35 à 40 W. A titre de comparaison, c’est le même ordre de grandeur que la puissance appelée par mon ordinateur en charge. 

Mais c’est 100 fois plus que la puissance appelée lors de la charge de mon appareil d’électro-stimulation (0,3 W), que j’utilise en ré-éducation. 

C’est 10 fois moins que la puissance appelée lors de la charge de la batterie de notre mobylette électrique (300W). Et c’est 100 fois moins que la puissance appelée pour recharger une Renault Zoé.

C’est 220 000 fois moins qu’une rame de TGV Duplex. Et c’est aussi 10 fois moins que la chaleur apportée par 1m2 de vitrage qui prend le soleil.

Progressivement, ces mesures et ces comparaisons permettent de se constituer un « panorama énergétique », d’évaluer ce qui est grand et ce qui est petit.

Pour l’enfant, ces notions de grandeurs et de comparaison de temps et d’espace se constituent dans les premières années, avant 5 ans. Pour l’énergéticien, bien souvent, cela ne se fait jamais… alors qu’on voit bien que sans celà, il est impossible de s’orienter dans le paysage des phénomènes énergétiques. 

La mesure de consommation

Le fait que l’appareil puisse enregistrer les appels de puissance permet de poser des ordres de grandeur sur les quantités d’énergie, voire de les convertir en argent. 

Par exemple, je peux voir de manière très simple la recharge de la batterie de la moto électrique. J’obtiens ainsi les informations suivantes :

1- La quantité d’énergie contenue dans le « réservoir » est de 2 kWh environ. Au prix où nous achetons l’électricité, c’est un plein d’environ 30 centimes. 

C’est l’énergie équivalente à 0,2 litres d’essence. Comme le moteur du véhicule a une puissance d’environ 2kW, avec une conversion électrique / mécanique très efficace, on comprend que cette énergie nous permet de rouler environ une heure « à fond ». Tout dépendra ensuite de la notion de « à fond ». 

2 – La charge dure environ 6 heures. Comme on a mesuré la puissance appelée par le chargeur (300W), cela semble assez logique. On « injecte » 300 Wh dans le réservoir toutes les heures. En 6 heures, on aura donc 300*6 = 1800 Wh. 

On observe aussi que la courbe “plonge” vers la fin, indiquant que la charge se ralentit. Je ne suis pas assez expert du sujet (vous l’êtes ? Expliquez moi pourquoi en commentaire !-)) pour en comprendre la cause… qui m’importe peu. Mais cela me permet de très vite comprendre que les deux dernières heures ne font que finaliser la charge. J’ai récupéré 80% de la capacité sur les 2/3 du temps total. 

La mesure à la douche

Parmi les services énergétiques importants dans un logement, l’eau chaude prend sa place ! Pour avoir de l’eau chaude en permanence, on installe dans les logements soit des systèmes très puissants (de l’eau chaude « instantanée », par exemple des chaudière double-service), soit des stockages en ballon. Ces derniers consomment en fait beaucoup d’énergie pour le maintien en température, beaucoup plus que pour la simple production. 

Classiquement, lorsqu’un plombier propose un ballon standard pour un logement, il pose un 200 litres pour 4 personnes, sans que se pose réellement la question du besoin réel. 

Ainsi, chez moi, l’eau chaude est produite par une chaudière gaz, sans stockage. Elle est totalement arrêtée du mois de mai au mois de septembre, car nous vivons alors sans eau chaude. Quant à savoir quel est notre réel besoin d’eau chaude… les informations disponibles sont très légères. Tout le monde a entendu des choses comme « prendre des douches plutôt que des bains », un poncif presque aussi éculé que le fameux « 7% pour 1° ». Comme on peut facilement le montrer, « une douche » peut se révéler aussi consommatrice que « un bain ». 

Ce qui m’a intéressé, et que je n’ai pu faire que récemment, c’est de savoir quelle quantité d’eau j’utilise vraiment pour me doucher. En admettant que je me douche à l’eau tiède, cela me dirait facilement combien d’eau chaude j’utilise. 

Cette mesure, je n’ai pu la faire que récemment, grâce à l’invention d’une petite entreprise grenobloise : le pommeau de douche Hydrao. 

La douche Hydrao

L’idée est tout bête (en apparence), et proprement réalisée. Une petite turbine installée dans le pommeau mesure le débit, mais alimente aussi en électricité un petit système électrique qui collecte la donnée. On peut récupérer la donnée ainsi collectée par bluetooth, lorsqu’on prend une douche uniquement. Elle est ensuite traitée sur une application dédiée. 

Là aussi, j’utilise cette mesure de deux manières différentes

La mesure de chaque douche

En plus du système de collecte de donnée, la turbine permet d’allumer des diodes. Cela donne certes une ambiance « pop » à la douche, mais là n’est pas l’intérêt majeur. On peut, en effet, choisir quatre paliers de consommation, associés à quatre couleurs de LED. 

À la livraison, on prend une douche standard, comme d’habitude, et le système propose une configuration permettant d’inciter à la réduction. 

Personnellement, j’ai rapidement programmé quatre paliers : 3 litres, 6 litres, 9 litres et 12 litres. Nous passons par le vert, le bleu, l’orange et le rouge. 

Hydrao

C’est très efficace, très intuitif. Mes enfants ont tout de suite retenu que si on dépasse « bleu », on n’est pas très bons. Et ils se font une compétition pour rester dans le vert. 

De mon côté, je constate que quand je prolonge la douche froide du matin (vous ais-je parlé de Wim Hof ? Cela viendra…), l’allumage en rouge me flanque la mauvaise conscience. Même avec de l’eau à 12°C.

Pour cette simple utilisation, qui ne demande pas de connexion bluetooth ou d’application (hormis à la configuration), je trouve l’objet entièrement justifié. À tous les gérants d’hôtels, dont plusieurs m’ont parlé des problèmes de consommation d’eau, je suggère ce genre de piste. Et pourquoi pas ajuster l’éclairage de la salle de bain entière sur cette mesure ? 

La mesure de la consommation moyenne

Lorsqu’on collecte les données, on peut obtenir la consommation sur les 10, 100, ou 1000 dernières douches. On oublie facilement le petit inconvénient des douches trop proches (entre deux enfants, par exemple) comptées comme une seule. 

Pour ma part, c’est l’information que j’attendais le plus. Résultat : notre moyenne familiale est autour de 8 litres par douche. 

hydro - mesure

Il y a de petites modulations à envisager. Parfois, deux voire trois douches dont comptées comme une seule. Cela donne de très grands pics sur le graphique. Il y a aussi ces moments où, parfois, on attend que l’eau chaude arrive avant d’avoir enclenché le pommeau. Et puis, je rappelle qu’au moins un tiers de l’année, nos douches sont froides, ce qui module la réflexion sur l’eau chaude. 

Bon admettons donc que nous sommes quelque part entre 7 et 10 litres en moyenne. Nous sommes quatre, ce qui fait donc 28 à 40 litres d’eau tiède pour les douches. Admettons que nous en prenons une par jour, ce qui en réalité est loin d’être le cas (ceux que cela fait frémir consulteront avec profit cet article). Admettons même que nous en prenions deux, à l’eau chaude. Cela nous ferait donc 80 litres d’eau tiède par jour. Soit environ 40 litres d’eau chaude. 

Question : si nous avions un ballon de 200 litres.. que ferions nous des 160 litres restant ? Rien… 

Et franchement, je n’ai pas l’impression de courir en prenant une douche de 5 litres. Rien à voir avec celles que je prends en itinérance dans Helmut, notre fourgon maison, où les douches s’approchent probablement des 2 litres. 

Ma conclusion à ce stade est la suivante : les marges d’économie sur le service « eau chaude sanitaire » sont gigantesques. La plupart des installations sont affreusement sur-dimensionnées, en tous cas pour des gens comme moi. La preuve ? Si elles ne l’étaient pas, nous atteindrions régulièrement le fameux « yapudochooooooooooode » sous le shampoing. Hormis dans un appartement accueillant 10 skieurs à 18h, ou dans les campings de mon enfance, je n’en rencontre en fait jamais. 

La mesure de mon corps 

J’ai régulièrement des problèmes de sommeil. Aux dernières nouvelles, cela serait en partie inhérent à mon profil psychologique de type « philo-cognitif » . Je suis content de le savoir, mais cela ne résout pas mon problème. Depuis longtemps, je tente donc de mieux comprendre comment fonctionne mon sommeil, et surtout de quelle manière je peux prendre soin de ma propre “machine corporelle”. 

Et dans cette recherche, j’utilise maintenant avec profit un outil assez fascinant : le Oura ring. Il s’agit d’un anneau connecté spécialisé dans la collecte et l’analyse de données du sommeil. Comme les autres outils de mesure, je l’utilise pour relier des comportements avec des observations, et en déduire des ajustements de mes habitudes. 

Voici quelques exemples de l’utilisation que j’en fais. 

La gestion de la dette de sommeil

J’ai une nette tendance à ne pas dormir assez. C’est dû en partie au fait que je me couche trop tard, bien souvent parce que « il y a toujours une petite chose à faire ». Et puis cela ne s’est pas arrangé quand j’ai eu des enfants, qui ont toujours été des petits dormeurs. Tous les parents savent que le temps-pour-soi est souvent pris sur les heures de sommeil déjà rationnées.

La mesure me permet de suivre à long terme mon état de forme et mes dettes de sommeil.

Ce graphique, par exemple, met en parallèle trois données, pour une période allant de fin août à mi-octobre :

  • mon temps total de sommeil
  • mon rythme cardiaque au repos
  • mon « readiness score », qui exprime mon niveau de forme

Sans même se pencher sur les unités, on voit très bien des correspondances :

  • quand mon temps de sommeil plonge, je m’épuise… et mon rythme cardiaque augmente. C’est à dire mon niveau de stress.
  • et il me faut 2 à 3 jours de nuits rallongées pour retrouver une tendance vers l’équilibre. 

Ces simples informations, ces tendances, m’aident beaucoup à me réguler, car elles me replacent dans un historique, dans une « gestion de patrimoine ». 

L’impact des pratiques bénéfiques et « nuisibles »

Depuis plusieurs mois, j’utilise régulièrement des pratiques de la méthode Wim Hof, à savoir le bain d’eau glacée et la « respiration Wim Hof ».

A l’inverse, il m’arrive, comme tout le monde, de faire un repas lourd ou de boire un peu d’alcool, le soir.

Au delà de mes ressentis, l’anneau me permet de mesurer l’impact de ces pratiques. Par exemple, le bain froid permet de ralentir mon rythme cardiaque très tôt dans la nuit, alors que repas lourd et alcool repoussent ce « point bas » de mon coeur. En réalité, mon corps passe son énergie à digérer plutôt qu’à se reposer. 

 

J’observe beaucoup d’autres phénomènes par cette mesure, je vais vous les épargner. Ce qui me semble très important, c’est d’oberver ceci : la mesure me permet de faire un lien beaucoup plus direct entre mes actes et leurs effets. Cela me redonne un pouvoir d’agir… ou de non-agir. 

De l’importance relative de l’exactitude

Tous ces appareils ne sont nullement normés ou réputés faire de la mesure « scientifique ». On trouve d’ailleurs sur internet (en particulier pour le Oura Ring) de nombreuses critiques quant à leurs forces, leurs faiblesses, ou leurs différences avec des appareils équivalents. 

En réalité… je m’en moque un peu. Ce n’est pas l’exactitude que je recherche, mais à comprendre les liens de cause à effet. 

Je dis souvent que dans le monde des phénomènes énergétiques, nous sommes comme des enfants ne sachant pas s’orienter. Ce que j’entends par là ? 

Le petit enfant qui découvre le monde autour de lui apprend, progressivement, ce qui est grand et ce qui est petit, ce qui est lourd et léger. Il se constitue des repères, des échelles qui lui permettent ensuite d’agir et se comporter de manière cohérente. 

Je répète souvent que depuis dix ans, j’observe que les gens que j’ai en formation (tous !) se trompent d’un facteur 5 à 20 sur les ordres de grandeur énergétiques. Qu’ils soient professionnels ou non, le résultat est constant. En matière d’énergie, donc, ils ne savent pas intuitivement ce qui est grand et petit, ce qui est lourd ou léger. Cette déconnexion du monde empêche d’élaborer des stratégies cohérentes, et de bâtir des relations de causes à effets efficaces. 

Tout se passe comme si les architectes mesuraient l’espace en se perdant dans les ordres de grandeur, créant un mur de 2 mètres là où ils pensaient mettre 15 mètres. 

C’est pour cette raison que l’exactitude de la mesure m’importe assez peu, tant que les ordres de grandeur sont respectés. Dans les trois exemples que je vous ai donnés, j’utilise une mesure assez grossière. On pourrait dire que la qualité de l’information n’est pas très bonne. 

Mais souvenez-vous : l’objectif n’est pas l’information, mais le changement de conscience. Si avec une information de qualité moyenne, je parviens à ajuster mon comportement de manière cohérente (ce que je fais avec la batterie, la douche ou mon sommeil), alors je suis très « efficace » dans l’utilisation de la mesure. 

Je le suis en fait beaucoup plus que quelqu’un qui mesurerait très précisément des phénomènes, mais n’irait pas jusqu’à la fameuse question : so… what ?

Ne nous trompons pas. De même que la valeur d’un calcul thermique n’est pas définie par le logiciel utilisé, mais par le talent de l’opérateur, la valeur d’une mesure dans le monde réel n’est pas le chiffre ou la précision de la donnée. Elle se définit par les conclusions qu’on pourra en tirer. 

 

Bonus – une anecdote sur les mesures 

Je finirai par une anecdote. Quand je travaillais dans l’industrie du sport, au début des années 2000, il était courant de faire des sessions de « mesure de terrain ». Il avait semblé très pertinent de partir faire du ski à 6 personnes à Whistler, au Canada, là où la neige est vraiment, vraiment très belle. Cela représente évidemment des coûts et de la logistique. L’équipe (dont je ne faisais pas partie… j’étais trop jeune) emportait des capteurs de température et d’humidité complexes et coûteux. Longtemps, j’ai précisé que ces mesures ne serviraient à rien si on n’avait pas de mesure de la température interne du skieur. C’est d’autant plus vrai dans des conditions variées de climat, d’activité, etc. Quand j’ai annoncé que cette mesure se faisait avec une sonde rectale (en réalité, un tout petit fil), la décision fut prise que… on s’en sortirait très bien sans température interne. 

Tout le monde est donc allé faire du ski pendant une semaine, et a ramené de nombreuses données. On n’a jamais rien pu en tirer…

L’année suivante, nous avons réalisé des mesures très simples en laboratoire, sur place, en conditions contrôlées et sans fantaisie. En quelques jours, nous avions plusieurs innovations importantes, dont un brevet important. 

Comme quoi, quand on sait ce qu’on cherche… Evidemment, cela ne permettait pas de se faire financer une semaine de poudreuse aux frais de la boutique !-).

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

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