Category Archives for "Bâtiment performant"

RE2020 : le secret bien gardé

(ATTENTION : Ces informations exclusives et surprenantes ont été diffusées le 1er avril 2019. La présence de résidus d’animaux marins dans l’article est fortement suspectée.) 

S’il y a un sujet énergétique qui occupe tout le monde en ce moment, c’est bien la future RE2020. Comme vous le savez, cette réglementation est appelée à remplacer l’actuelle RT2012. Elle devrait inclure de nouvelles notions, telle une approche de type Analyse de Cycle de Vie.

Je vous ai déjà raconté (ici ou ) de quelle manière j’ai contribué à des groupes d’experts. Je l’avoue, je suis resté critique tant sur le processus que sur l’ambition…

Mais j’ai reçu hier une note intermédiaire qui tranche avec les autres, à un point qu’il m’a semblé nécessaire de le partager avec vous.

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Design énergétique, kebab et gastronomie

Je ne vais pas très souvent au restaurant. D’abord parce que ce n’est pas vraiment dans ma culture. J’ai grandi en Creuse dans les années 80, et la densité d’établissement n’était déjà pas énorme. Et puis chez moi, on cuisine, on ne fait pas cuisiner. Le premier restaurant dont je me souvienne, j’y suis entré quand j’avais 10 ans, on y servait des pizzas. Depuis, j’ai appris à mieux connaître ces lieux, dans lesquels je me rends typiquement dans deux situations.

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Raclette : Norman n’a rien compris

raclette - bougie

Vous connaissez probablement Norman Thavaud (dit “Norman fait des vidéos”). Et si vous ne le connaissez pas, alors demandez à l’un de vos enfants ou ados. Ce cher Norman, donc, est l’un des plus célèbres Youtubeurs français. Et dès l’approche de l’hiver, l’une de ses vidéos circule abondamment : celle sur la raclette. Alors que j’écris cet article, elle dépasse les 12 millions de vues. Ce qui correspond (à l’heure où j’écris cet article) à 167 ans de trafic de ce blog… (mais ca progresse !).

Si cette vidéo est effrayante pour le designer énergétique que je suis, c’est qu’elle aborde un sujet fondamental du design énergétique. À un point tel que, lorsque je dois illustrer en quoi consiste cette pratique, je commence par parler de… raclette. Regardez la vidéo de Norman : vous y verrez la version électrique moderne de ce plat ancestral. À croire qu’il n’en existe plus d’autre.

C’est pour cela que je voulais vous présenter une merveille : la raclette à la bougie. Il s’agit de ce petit objet métallique, pouvant accueillir 1 poêlon et 3 ou 4 bougies chauffe-plat.

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Le chiffre faux que tout le monde recopie sans réfléchir

C’est quasiment un “marronnier” lorsque l’hiver arrive et que les chauffages s’allument. À la télévision, dans les magazines et les journaux, et bien sûr, sur internet, vous pouvez voir passer ce conseil :  « si vous voulez réduire vos consommations de chauffage, il suffit de baisser vos consignes de 1°C et vous économiserez 7% sur votre consommation de chauffage ». Je pense qu’avant ma naissance, qui commence à dater, il circulait déjà. Et bien ce chiffre, il pose plusieurs problèmes dont je voulais vous parler. Après tout, moi aussi j’ai le droit de suivre les saisons pour mes sujets.

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La question des scénarios conventionnels : enjeu majeur de la RE 2020

Aujourd’hui, c’est un article sur un thème proche de l’article précédent : je vous avais expliqué qu’en ce moment, il y a un processus d’élaboration de la future réglementation environnementale qui sera la suite de l’actuelle réglementation thermique. 

Dans ce processus, les services de l’état demandent des contributions à des experts sur différents thèmes. Ce sont des contributions libres et j’en ai fait une précédemment à propos de la prise en compte du confort d’été et il y a un deuxième sujet sur lequel je vais faire une contribution, c’est celui (on appelle ça les usages) des scénarios conventionnels. 

Alors qu’est ce que c’est qu’un scénario conventionnel ? Et pourquoi c’est important d’en parler ? Pour que vous compreniez bien, je vais vous expliquer comment fonctionne une réglementation.

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Confort d’été et Réglementation Thermique

Vous pourriez me dire que décidémment, je vous parle beaucoup de surchauffe et de confort d’été en ce moment. Et que c’est un peu étrange, étant donné que la saison de la raclette a déjà commencé. Je vous l’accorde. 

Mais l’actualité réglementaire autour de l’énergie est parfois taquine. Alors que l’hiver s’annonce,  le processus d’élaboration de la nouvelle réglementation environnementale, prévue pour 2020, bat son plein.

Pour cela, les services de l’Etat font appel à des groupes d’experts. Parmi eux, le groupe d’experts n°8 va s’intéresser spécialement à la question du confort d’été. Cet article est fondé sur la contribution que j’ai apportée à ce groupe de travail.

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Faut-il chauffer une salle de crossfit (ou pas) ?

Après une période de relative inactivité, je me suis remis au sport en 2017, vers le milieu du printemps. Sur les conseils d’un coach, j’ai alors découvert le Crossfit, une activité qui m’a déjà donné matière à réflexion dans un autre article.Vous avez par ailleurs déjà pu constater ma manière un peu compulsive d’aller mettre mon nez énergétique partout où je vais, que je fasse des crêpes, que je visite une église ou que je choisisse des chaussettes.

Il était donc normal que vers la fin juin, suant à grosses gouttes, j’aille voir Maxence, le sympathique propriétaire de la box Crossfit Chambéry pour lui parler surchauffe. 

Il m’a écouté, puis a dit : « mon vrai problème, c’est pas d’avoir trop chaud l’été, c’est qu’on a froid l’hiver. On prévoit d’ailleurs d’installer un chauffage ». 

J’écoute toujours attentivement Maxence, d’autant que c’est un rugbyman du genre tank de presque 100 kg, et que je le paye pour me faire souffrir. J’ai donc très rapidement accepté de suer tout l’été. Mais ce qu’il m’a dit de la stratégie qu’il envisageait pour l’hiver ne m’a pas rassuré. 

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Énergie et financement d’origine renouvelable

Le fait de considérer l’argent comme une énergie peut apparaître, selon les milieux, comme très naturel ou complètement fantaisiste. Dans le cadre du design énergétique, j’ai l’habitude de penser l’énergie comme « cette chose qui nous permet de résoudre un problème ». J’aime aussi considérer que la mobilisation d’une forme d’énergie nous permet de résoudre l’écart entre ce qu’on a et ce que l’on voudrait.

Avec une telle acception du mot énergie, donc, je ne vois pas de frein majeur à appliquer quelques éléments de la réflexion énergétique à la circulation de richesse, dont l’argent est l’une des formes.Lire la suite…

Manifeste pour une frugalité heureuse

Le blog s’ouvre aujourd’hui à un “article invité” d’un genre un peu particulier. En début d’année 2018, trois éminentes personnalités du monde la construction ont publié un Manifeste pour une Frugalité Heureuse. Je l’ai bien sûr signé dès que j’en ai eu connaissance, tant les sujets et les intentions rejoignent celles d’Incub’.

Je vous invite, si vous le souhaitez, à signer vous aussi ce Manifeste en suivant ce lien. Je laisse la parole à Alain Bornarel, Dominique Gauzin-Müller et Philippe Madec.

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Étude de cas : Locaux d’enseignement mal ventilés

Je vous ai raconté dans l’article précédent de cette série de quelle manière notre « visite d’églises » nous a finalement confrontés à des locaux que j’ai appelés « associatifs ». Un peu inattendus dans un tel contexte, ces locaux nous ont ammenés vers des pistes de travail apparemment surprenantes. En effet, les enjeux sur l’usage semblaient, en première approche, d’une priorité bien supérieure au travail sur les aspects techniques.

Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

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Rénover le bâtiment ou organiser l’usage ?

Cet article est le premier d’une série. Il fait suite à un Accompagnement en Design Énergétique que j’ai réalisé pour une association paroissiale en région Rhône-Alpes. La démarche utilisée, les constats, les pistes d’amélioration, tout cela m’a semblé représentatif du large panel de sujets pouvant être abordés par le prisme du Design Energétique. J’ai déjà évoqué cette variété dans un précédent article. Néanmoins, de nombreux lecteurs du blog m’ont demandé plus de détails quant à l’approche ou les aspects très concrets du travail d’accompagnement. Ces articles me semblent répondre à leur demande.

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22 janvier 2018

Attestations RT2012 gratuites pour les architectes : 10 raisons de les encourager

J’ai annoncé il y a quelques jours le lancement prochain d’une formation en ligne dont l’un des objectifs est d’aider les architectes à réaliser eux-mêmes gratuitement les attestations RT2012 demandées au dépôt du permis de construire. Fondamentalement, cette formation n’est pas une nouveauté. J’en anime une dizaine de sessions par an depuis plusieurs années, ce qui représente pas mal d’architectes formés.

Mais le fait de diffuser massivement cette information a provoqué un phénomène surprenant. J’ai reçu de nombreux messages. Certains sont enthousiastes, beaucoup sont perplexes voire agressifs : mais pourquoi faire ça ? N’est-ce pas suicidaire venant d’un thermicien ? N’est-ce pas ôter toute valeur au travail de la performance énergétique ? Les questions sont nombreuses, et les suppositions sur mon intention vont bon train.

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Olivier Sidler – une interview (partie 2)

Nous avions laissé Olivier Sidler alors que nous discutions de la nécessaire réorganisation des processus de rémunération et de répartition d’honoraires dans les marchés afin de faciliter le déploiement de projet à haute ambition énergétique. Voici donc la seconde partie de son interview, dans laquelle nous parlerons recrutement, transmission d’entreprise (et de son esprit) et négaWatt.

(Pour retrouver la première partie de l’interview, voici le lien)

Olivier Sidler et le recrutement

Pascal Lenormand : Puisque nous parlons formation et culture des acteurs de l’entreprise : tu as dit que tu avais formé beaucoup de gens à Enertech, et tu as effectivement embauché majoritairement des ingénieurs très jeunes, sans expérience la plupart du temps. Pour quelle raison ?

Olivier Sidler : Oui, il s’agissait de jeunes sortant juste de l’école. C’est la conséquence d’expériences malheureuses avec des « seniors ». L’un d’eux avait 50 ans et je l’avais embauché pour qu’il encadre les plus jeunes afin de m’aider. Ça a été une vraie catastrophe, car il n’avait pas la rigueur de conception de ceux qui étaient là depuis quelques années. Mais le problème de fond des seniors est qu’ils arrivent avec ce que je qualifie « de mauvaises habitudes », comme l’absence d’un questionnement permanent sur le bien-fondé des choix faits, le surdimensionnement généralisé de tous les équipements, les solutions « toutes prêtes » mais inadaptées, etc. La plupart ne sont pas capables de se remette en cause au niveau où on leur demande. Or l’avantage de n’embaucher que des gens très jeunes est qu’ils ne sont pas pré formatés, ils sont ouverts à tout, et si on les choisit bien, « ils en veulent ». Ce que je recherchais, c’était des gens motivés, voire militants, il faut bien le dire. Car nous avancions à contre courant, et pour cela il fallait une motivation en acier trempé. Mais nous savions pourquoi nous faisions cela, nous savions que c’était la seule manière d’obtenir des bâtiments réellement performants, même si on était alors les seuls à le penser. Tu n’imagines pas le nombre de railleries de tout genre que nous avons subies lors du premier chantier de bâtiment très performant que nous avons réalisé en 2004 (l’INEED à Valence TGV – Consommation globale tous usages mesurés de 82 kWhep/m²utile/an).

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Olivier Sidler – une interview (partie 1)

Pour la première interview de ce blog, je ne pouvais pas interroger quelqu’un d’autre qu’Olivier Sidler. D’abord parce que si vous vous êtes posé la moindre question sur la performance énergétique des bâtiments ces 25 dernières années, il n’est pas possible que vous ayez raté son nom, ou celui de “son” bureau d’études,  Enertech. A titre plus personnel, une simple histoire résume pour moi l’homme qui se cache derrière le personnage, aussi connu pour ses coups de gueule. Il y a plusieurs années, lorsque je débutais tout juste dans l’énergétique du bâtiment, Olivier accepta de me rencontrer, malgré sa fatigue après une journée de formation. Il m’a écouté attentivement, nous partagions une choucroute à son hôtel. Finalement, il m’a dit “viens donc 15 jours chez moi, tu verras ce qu’est le boulot”. Il m’a accueilli, hébergé. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça, il m’a simplement dit : “Je ne sais pas, parce qu’il y a des gens qu’on sent bien. C’est normal de les aider”.

Laissons-le nous raconter l’histoire d’Enertech, de negaWatt, et nous rappeler que tout cela est arrivé à Félines-sur-Rimandoule, au fin fond de la Drôme. Et pour l’ambiance, imaginez un bord de mer Méditerranée vers Montpellier, juste avant l’heure de l’apéritif.

(L’interview sera publiée en deux parties. Il fallait bien nous arrêter, le vin blanc allait être tiède);

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19 septembre 2017

Bâtiments responsables, usage et confort – une contribution à la réflexion

Le groupe de travail Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050 du Plan Bâtiment Durable clôturait il y a quelques jours une phase de concertation sur une note intitulée “Bâtiments responsables, usages et confort : quelles lignes directrices pour demain ?”. Je n’avais initialement pas prévu de participer à cette concertation, encore moins de publier à ce sujet. Mais un ami m’en a convaincu, et je me suis piqué au jeu.

Vous trouverez ici la note originale sujet de cet appel à contribution.

Voici donc, quasiment en l’état, la contribution que j’ai livrée aux rédacteurs de la note. Elle balaie plusieurs thèmes typiques du Design Énergétique des Bâtiments. J’en profite pour vous demander à la fin, par sondage, quelles sont les thèmes évoqués que vous souhaiteriez que j’aborde. Je suis à votre service !-)

Usage et Confort – Préambule général

Depuis 15 ans, le bureau d’études Incub’ est spécialisé en sobriété énergétique des bâtiments, discipline aujourd’hui incluse sous le vocable Design Énergétique. La posture particulière que nous adoptons quant à la question énergétique dans les bâtiments, découle finalement d’un constat simple :

C’est une erreur de considérer que le système énergétique dont on étudie les consommations est un bâtiment. Ce qui consomme de l’énergie, c’est l’interaction entre un usage et un bâtiment. 

S’il semble aujourd’hui si difficile au monde du bâtiment de « prendre en compte le confort et l’usage », c’est que sa logique est profondément ancrée dans une démarche technicienne. Dans un tel cadre de pensée, l’incertitude du vivant ne peut être prise en compte que par la caricature (les fameux “scénarios conventionnels”) facilitant le calcul ou une distanciation statistique (approches statistiques sur des scénarios possibles d’utilisation).

Il nous semble que la tâche de rendre les bâtiments « désirables pour ceux qui y résident » demande un profond changement culturel dans le monde du bâtiment. Nous espérons que les quelques commentaires ci-dessous illustreront dans quel sens.

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Quatre méthodes infaillibles pour rater son projet de construction

Je vais être franc avec vous. Quand j’ai commencé à travailler dans le bâtiment, c’était en partie pour me trouver un nouveau métier. Mais aussi parce que je me disais que je pourrai moi aussi construire de mes mains ma super maison écologique que j’aurais moi-même conçue. Je le ferai bien sûr selon les principes bioclimatiques et écologiques les plus évolués.

La réalité fut fort différente. Au fur et à mesure que les années passaient, j’ai vu 10 puis 50 puis 200 projets de maison auto-construites. Elles l’étaient par des gens en général passionnés voire obsédés par leur projet. Il aboutissaient presque tous un résultat médiocre voire catastrophique.

Je ne vous cite qu’un exemple : il y a quelques années, je visitais une école alternative située dans le sud de la France. Les parents très motivés s’étaient regroupés pendant un été entier pour construire un nouveau bâtiment éco-conçu. Ils l’ont réalisé avec une ossature bois isolée en paille et recouvert d’un enduis terre. Je visitais ce nouveau bâtiment, fierté de l’école, d’une surface d’envions 80 m2. Nous étions alors 5 dans cette salle.

L’institutrice qui nous faisait visiter vantait les mérites de ces murs « respirants » et de l’ensemble des techniques écologiques mises en œuvre. Elle nous montrait les enduis terre, l’isolation en paille, nous parlait du chantier coopératif, etc. Soudain, elle s’interrompt : « Snif snif, il y a une couche pleine dans cette pièce ! » Effectivement, une légère odeur de caca enfantin flottait dans la pièce. Nous n’étions que 5, ce fut assez facile d’en détecter l’origine. Le bébé qui jouait tranquillement à l’autre bout de la pièce avait effectivement rempli sa couche…

Je vous pose la question : comment se fait-il que dans un bâtiment écologique à l’air sain, on puisse en quelques instants détecter l’odeur de couche d’un bébé situé à de 10m. de distance ? Une seule réponse possible : l’air ne se renouvelle pas. Or, un air qui se renouvelle pas, c’est une ambiance malsaine. Nous n’étions que 5 dans cette pièce, je vous laisse imaginer le résultat avec 25 enfants.

Cet exemple est resté pour moi l’un des archétypes du bâtiment réalisé avec la meilleure volonté du monde. Un groupe d’auto-constructeurs enthousiastes aboutit à un résultat joli, mais de qualité médiocre. Il m’a semblé, à la longue que différents profils-types d’auto-constructeur ou d’auto-concepteur se dessinent. Des sortes d’archétypes de fonctionnement de gens souhaitant réaliser par eux-mêmes tout ou partie de leur projet. Après 15 ans d’expérience, je considère ces profils comme de bons indicateurs d’échec d’un projet. Je vous laisse les découvrir… en gardant le sourire !-)

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A quoi sert un ventilateur ?

J’ai reçu hier le message suivant :

« Bonjour Pascal,

je m’appelle Benoit et j’habite en colocation à Toulouse. En ce moment, il fait très chaud, et comme il n’y a pas assez de courants d’air dans notre appartement, je suis allé acheter un ventilateur. Je l’ai installé sur la fenêtre et je le laisse fonctionner toute la journée pour refroidir l’appartement. Voici ma question : est-il est plus efficace  que je tourne le ventilateur vers l’intérieur (pour souffler du vent frais vers l’intérieur) ou bien vers l’extérieur (pour rejeter l’air chaud vers l’extérieur) ?

Merci de ton aide, merci pour tes articles et à bientôt. »

Et bien, cher Benoit, je vais profiter de ta question pour décrire quelque phénomènes thermiques. Et ainsi, j’en arriverai à répondre à la question « Comment se servir efficacement d’un ventilateur ? »

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OSCAR, Un pont jeté par les architectes vers les ingénieurs

OSCAR - pont

OSCAR - téléphone

Thierry est architecte depuis 18 ans, son agence compte maintenant 4 collaborateurs. Pourtant, à chaque fois qu’il se prépare à appeler l’ingénieur Sakaille, il ressent toujours la même lassitude. Gilbert Sakaille est l’ingénieur qui dirige le bureau d’études fluides auquel il a recours habituellement. L’entreprise s’appelle Bureau d’Études Techniques et Énergétiques. En abrégé… BETE.. Cela pourrait faire rire : un ingénieur chargé du chauffage qui s’appelle Sakaille, un BE à l’acronyme ridicule. Mais cela ne fait plus rire Thierry depuis longtemps. Avec un soupir, il décroche le téléphone.

Après les politesses habituelles, il entre dans le vif du sujet : « voilà, on a cette école à Brou-la-Bridoire, on voudrait faire du passif, et on commence l’esquisse… J’aurais besoin que tu me dise ce que je mets comme épaisseur d’isolant.

On entend le sourire de Gilbert Sakaille, même dans le téléphone : « Facile : envoies-moi les plans, et je te dis si ça passe ! »

Moment de solitude de Thierry… « Mais… pour implanter le bâtiment et faire une esquisse, j’ai besoin d’avoir une idée des épaisseurs ! »

Sakaille ne se démonte pas : « J’entends bien… mais pour ne pas dire n’importe quoi sur les épaisseurs, j’ai besoin de plans… ».

Un ange passe…

Thierry sent de nouveau un poids sur ses épaules, et se souvient avoir cherché la semaine dernière sur internet. Dans sa région des Causses du Bigarois, le BETE et l’ingénieur Sakaille sont les seuls interlocuteurs possibles. Il va falloir s’accrocher, une fois de plus.

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La simulation thermique dynamique : comment l’utiliser ?

simulation thermique dynamique - infrarouge

La simulation thermique dynamique

S’il est un outil classique de l’énergéticien en phase de conception d’un bâtiment, c’est bien la Simulation Thermique Dynamique (STD). Là où un outil de type réglementaire systématise le recours à des scénarios d’usage conventionnels, le logiciel de STD permet de saisir et modifier tout à la fois :

  • Un modèle énergétique du bâtiment, avec l’ensemble de ses caractéristiques constructives : géométrie, orientations, caractéristiques de parois et de matériaux, inertie, etc.
  • Un climat, quel qu’il soit, réaliste ou non : une moyenne des 20 dernières années, un modèle de canicule ou un climat à température constante, avec ou sans soleil, avec ou sans vent, etc.
  • Des scénarios d’utilisation : on injecte dans le modèle de bâtiment et local par local, des scénarios d’occupation, de puissance dissipée, etc.simulation thermique dynamique - prisme

Le recours à la STD est devenu très courant dans de nombreux projets, tout particulièrement pour, au moins en théorie, détecter et corriger les risques de surchauffe. Elle est donc très souvent demandée dans les phases de conception, en général au même bureau d’étude qui a en charge tous les aspects énergétiques et fluides. En effet, aujourd’hui, la plupart des bureaux d’étude énergétiques proposent des STD (Simulation Thermique Dynamique) réalisées sur une dizaine de logiciels professionnels, comme Pleiades+Comfie, TRNSYS ou Energie +.

En résumé, depuis une dizaine d’année, le postulat est le suivant : il y a risque de surchauffe, faisons des calculs, ainsi les risques seront détectés, et donc réduits.

Génial.

Mais dans ce cas, pourquoi donc la MAF voit-elle arriver en nombre toujours plus grand les recours pour surchauffe critique ? Se passerait-il des choses imprévues ? Pourquoi trouve-t-on autant d’usagers insatisfaits se plaignant de ne pas pouvoir contrôler les ambiances ?

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Qu’est-ce que la performance ?

Il y a quelques mois de cela, j’étais invité à un colloque traitant de la « rénovation performante des écoles en climat méditerranéen». Nous y parlions en particulier de « l’implication des usagers ». Pendant deux jours, de doctes spécialistes, concepteurs et exploitants de lieux se sont succédés, expliquant par le détail les méthodes et techniques à employer et les résultats obtenus en matière de consommation énergétique et de confort. Nous avions convenu avec les organisateurs du colloque que, quitte à évoquer les usagers, autant inviter les premiers concernés. Une classe de CP/CE1 avait donc été conviée à parler à la dernière table ronde de l’évènement. Après 2 jours de kWh, de DJU, de rendements de systèmes et de modes constructifs, ces enfants décrivaient, dans la grande salle de la Mairie de Montpellier, ce qu’ils aimaient ou aimeraient dans leur école. Une partie de l’assistance a senti les poils se dresser d’émotion. Certain.e.s touchés par la délicatesse, le charme, la pertinence des jeunes « presque maîtres d’ouvrage ». D’autres plein.e.s de colère : que faisaient des enfants de 6 ans dans cette assemblée de spécialistes ?

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20 mars 2017

Du bâtiment à haute performance énergétique au bâtiment habitable

Vers un Kamasutra de l’énergétique

On voit fleurir des guides d’utilisation, des campagnes de sensibilisation sur le bon usage, et autres réflexions pour trouver le moyen d’influer sur le comportement des utilisateurs de bâtiment à haute performance énergétique. À l’occasion, on met en place bridage de consignes, voire le rationnement énergétique. Tout cela relève d’une tendance assez générale à la correction du comportement déviant d’un usager considéré comme l’un des paramètres (difficile à régler…) de fonctionnement du système. Cette posture est très révélatrice de la logique d’action massivement à l’œuvre dans le domaine du bâtiment en général, et de l’énergétique en particulier.

Le processus peut se résumer ainsi : à partir d’un usage imaginé par des professionnels, un bâtiment est conçu. Puis, si (ou plutôt, lorsque) la réalité s’avère différente des prévisions… on cherche les moyens d’adapter (là aussi par des techniques) la réalité humaine à l’objet technique conçu.

Une métaphore automobile permettra peut-être de visualiser la situation : avec la généralisation des bâtiment à HAE, tout se passe un peu comme si le législateur avait décidé, qu’à partir de maintenant, tout le monde roulerait en Ferrari (hybride, peut-être, mais en Ferrari tout de même). Malheureusement,  sans demander si les gens savent conduire tout court, conduire des voitures de sport à plus forte raison et si de tels véhicules sont adaptés à tous les usages. Par ailleurs, le législateur, qui encourage la distribution et la lecture de modes d’emploi des Ferrari (parfois en italien, version française non disponible) envisage des mesures correctives pour toute personne qui roulerait trop vite (ou pas assez vite), ou entretiendrait mal sa voiture…

Et il n’est bien entendu pas pour autant question de revenir aux crachotants tacots d’il y a 40 ans, dont on sait bien l’impact qu’ils ont.
Vous trouvez que ça commence bien ?Lire la suite…