Category Archives for "Transition énergétique"

Moi, Ministre de l’Écologie

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Chers compatriotes, 

Les enfants,

J’apprends aujourd’hui par voie de presse la démission anticipée de Monsieur de Rugy de son poste de ministre de l’écologie. Il ne m’appartient pas de juger des tenants et des aboutissants de cette situation.

Habitué en revanche aux profondes déductions de par la grande quantité de romans policiers que j’ai lus ces dernières années, j’en tire la conclusion qu’il va bientôt falloir nommer quelqu’un à ce poste. Je n’irai pas par quatre chemins : je pense que je suis la personne idéale pour cette mission.

Concernant mes compétences et mes opinions, le blog sur lequel je vous écris cette lettre, ainsi que cet autre me semblent représentatifs.

Je vais donc plutôt m’attacher ici à formuler une sorte de « lettre de motivation » en me contentant de lister une série d’arguments tout à fait percutants en faveur de ma nomination au poste de Ministre de l’écologie.

1- Les diplômes

J’ai beaucoup de diplômes. Certains relèvent un peu du « kit de base » du potentiel ministrable. Parmi ceux-là, je compte : 

  • un diplôme d’ingénieur d’une école aéronautique réputée de Toulouse (J’ai même bizuthé  Thomas Pesquet)
  • un diplôme commercial de la principale école de commerce de la même ville
  • un diplôme de HEC en management des organisations (Obtenu en ligne pour quelques dizaines d’euros… et alors ?)
  • un diplôme en stratégie digitale d’une école spécialisée de province

Bref… Ma capacité à naviguer dans l’univers franchouillard et bureaucratique de labellisation corporatiste a été validé par de multiples entités. Le bullshit, de quelque nature qu’il soit (technique, lexical, procédurier, politique, financier, etc.) ne me pose aucun problème.

J’insiste en revanche sur le fait que j’ai obtenu trois diplômes tout à fait remarquables :

  • un certificat professionnel en Maîtrise de l’énergie et en Construction écologique. Cela m’a demandé de côtoyer pendant six mois une promotion entière de gauchistes faucheurs d’OGM. On ne parlait pas encore de gilets jaunes, mais c’est tout comme. C’est dire ma capacité d’adaptation !
  • un certificat professionnel de Musicien Interprète des Musiques Actuelles. Là aussi, j’ai dû côtoyer pendant plus d’un an des jeunes chômeurs en rupture avec la société ayant pour projet de vivre de l’intermittence du spectacle (je vous jure…). Cela m’a donné l’occasion de réfléchir à des thèmes profonds tels que « heavy metal et recyclage des déchets » ou « influence des rythmiques ternaire dans la mise en place d’un festival écologique »
  • Un diplôme attestant que j’ai sauté à l’élastique du haut du pont de Ponsonnas (103 m). Dans un monde ou règnent le faux-semblant et la langue de bois, cela me semble attester d’une certaine objectivité : tu sautes… ou tu ne sautes pas. Point.

                            Lequel est le plus difficile à obtenir ?

2- Ma sociabilité est limitée

Je vais être franc : certains traits de ma personnalité relèvent des troubles du spectre autistique. Je suis plutôt agoraphobe, et je souffre d’assez importantes incompétences sociales. 

Très concrètement, les mondanités m’indisposent et m’angoissent. C’est parfait pour la fonction ! Je pourrai ainsi pleinement me consacrer au travail de ministre, agir pour préserver notre environnement, plutôt que de perdre mon temps dans des pince-fesses inutiles et coûteux. 

Ma difficulté fondamentale à saisir les enjeux implicites des conversations me semble un atout de taille : tout ce qui n’est pas explicite m’est inaccessible. Je peux ainsi en toute bonne foi poser des questions telles que « mais… on n’avait pas dit qu’on parlerait de la taxe carbone ? » ou « mais pourquoi tous ces gens de chez Total se trouvent-ils au Ministère ? », ou encore « franchement Donald, vous pensez qu’il y a une seule personne dans cette salle qui vous croit ? ».

Cela me semble pouvoir contribuer utilement à la clarté des discussions.

3- Aucun conflit d’intérêt

Je ne connais personnellement aucune personne importante, aucun Président Directeur Général d’aucun groupe important.

J’admet avoir une participation importante (51 %) dans la plus grande entreprise de conseil française en design énergétique. Son chiffre d’affaires attendra bientôt six chiffres, et il est vrai qu’une délocalisation à Saint-Pierre-de-Fursac (Creuse) ferait poser un risque lourd sur les deux employés de la filière.

Mais à part ça, mes liaisons avec l’industrie ou avec les lobbies sont absolument nulles. Et comme je suis malade sur les bateaux, que je suis mauvais au tennis, que je n’aime pas le golf et que je suis allergique à l’avion, il est assez difficile de me corrompre. 

Reste la bouffe. 

J’avoue que devant un bol de houmous, j’ai parfois du mal à me contrôler.

Mais franchement, parmi tous les autres ministrables, en connaissez-vous un seul qui n’ait jamais serré la pince à aucun capitaine d’industrie ? Avouez que, puisque nous sommes tous d’accord que le modèle économique et industriel des 30 dernières années nous a amené au bord du gouffre écologique, il est vraiment idéal de n’avoir aucune collusion avec lui.

(Même notre Président l’a récemment dit). 

4- Je travaille vite et fort

S’il y a une qualité que les gens me reconnaissent, c’est bien celle-là : je peux travailler beaucoup, vite et efficacement. C’est très important, car cela me permet de préserver un temps important à faire autre chose. Il me semble raisonnable de considérer que je pourrais abattre le travail d’un ministre normal en une à deux heures par jour. Ça tombe bien, parce que le matin, j’ai Crossfit, et qu’en fin d’après-midi, j’ai les enfants.

La première chose que je ferai en m’installant au Ministère sera de transmettre mes méthodes de productivité à l’ensemble des équipes. Les jeunes et sympathiques chargés de mission qui passent habituellement des nuits entières à préparer notes et rapports seront déchargés de tout ce travail de bullshittisation, tout le monde sera plus heureux, et ça coûtera beaucoup moins cher.

La base de l’écologie, n’est-ce pas, c’est d’abord de réfléchir à ce qui nous est vraiment utile.

5- Du concret

J’ai moi-même personnellement testé environ 97 % de ce qu’on appelle « les alternatives » en matière d’écologie, que ce soit dans le domaine de l’habitat, de l’alimentation, de la santé, des organisations, de l’économie, ou tout autre sujet qui importe à nos concitoyens. 

J’avoue avoir une lacune en ce qui concerne le nettoyage des oreilles par les bougies ou l’utilisation quotidienne des lave-linge à pédales. Mais pour le reste, je suis relativement au point.

La bougie auriculaire – ultime limite des expériences écologiques ?

Cela m’a permis, par exemple d’élaborer le célèbre « plan national de déploiement du caleçon long », un grand programme d’économie d’énergie à l’échelle du pays, dont j’ai montré qu’il présentait une rentabilité entre 250 et 450 %.

De la même manière, j’ai montré que la réglementation thermique des bâtiments s’occupait résolument depuis plusieurs dizaines d’années de certifier des bâtiments dysfonctionnels dans le monde réel, avec toutefois les avantages, reconnaissons-le, de fournir des emplois peu qualifiés et peu excitants à des jeunes qui perdent en quelques mois la conviction qu’ils peuvent faire quelque chose pour sauver notre monde.

Vous voulez concrètement « accélérer » sur les sujets liés à l’écologie ? Je suis là.

6- Je ne mets pas de cravate

En réalité, si je ne mets pas de cravate, c’est que je ne sais pas les nouer. Cela me fait clairement un point commun avec Monsieur Nicolas Hulot, qui est, reconnaissons-le, le Ministre de l’écologie qui a le mieux réussi ces derniers temps. Comme lui, je suis beaucoup allé en montagne et j’ai beaucoup plongé. Et comme lui, je ne coûte pas très cher en pressing.

 

 

 

 

 

 

 

Franchement… il y a un air, non ?

7- Mon patrimoine est facile à évaluer

En réalité, il n’y a pas à « évaluer » mon patrimoine. On peut véritablement le compter. Parmi les pièces remarquables, on trouve :

  • un camion/maison/bureau âgé de 20 ans, sans vignette Crit’air
  • un accordéon de fabrication italienne, et quelques instruments de musique étranges
  • une garde-robe d’environ 35 pièces (en comptant les chaussettes)
  • deux comptes et deux livrets ouverts à la caisse d’épargne de Cognin (Savoie)

Moi devant 60% de mon patrimoine (je parle du camion, pas de l’enfant)

Pour le reste, cela revient un peu à compter les pièces jaunes… Là aussi, je considère que le travail des fonctionnaires chargés de surveiller mon patrimoine de ministre sera grandement facilité.

8- Ma vie privée est fort simple

Je sais bien qu’au niveau de la communication, cela peut être utile, pour attirer le regard, d’envisager des escapades en scooter avec des actrices ou de supposer quelques relations sulfureuses avec des professionnelles de la nuit.

De ce point de vue, encore une fois, je ne ferai que mon travail de Ministre. Je suis, en amitié comme en amour, d’une affolante fidélité. Il va donc falloir trouver autre chose à donner aux magazines people. Dans mon ministère de l’écologie, on ne s’occupera que d’écologie.

Quoi que si Natalie Portman s’intéresse à ces questions, je lui en parlerai avec grand plaisir…

9- Service compris

Vous le savez peut-être, une partie de mon activité se déroule sur Internet, ce drôle d’univers dans lequel les gens vous vendent non seulement des produits ou des services, mais vous offrent constamment des bonus, des cadeaux supplémentaires. 

Et bien je vous le dis, Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, mes chers compatriotes, les enfants, en me choisissant comme Ministre de l’écologie, je vous offre deux bonus exceptionnels. 

Pour un Ministre recruté, vous obtenez en plus gratuitement :

1- un musicien professionnel (j’ai le diplôme, voir au 1)). Pensez-y : quoi de plus triste qu’un conseil des ministres sans animation ? Quoi de plus ennuyeux qu’une visite officielle de Donald Trump sans un air d’accordéon ? Eh bien moi, j’ai toujours un accordéon sous la main ! Encore une fois, pas besoin de recruter un groupe, de faire passer des auditions ou de prévoir un budget supplémentaire. Moi, ministre de l’écologie, l’animation musicale est comprise.

2- La parité. Et oui, parce qu’évidemment, si vous choisissez un homme, on vous reprochera de ne pas avoir choisi une femme. Et si vous choisissez une femme, d’aucuns penseront que vous l’avez choisie parce que c’est une femme, et non pour ses compétences. 

Mais je suis un cas à part. Non pas que je sois non-binaire ou transgenre. Les institutions ne me semblent pas encore prêtes à cela, même si on peut le regretter. 

Mais comme je dis souvent : j’ai une part féminine très développée. Cela fait rigoler Roger, mon coach de crossfit, mais je vous prie d’y penser, Monsieur le président, Monsieur le ministre, chers compatriotes, les enfants : on ne s’en sort pas de ce vieux modèle patriarcal éculé. Et on n’y gagne pas à forcer nos femmes les plus brillantes à se comporter aussi mal que les hommes pour arriver en haut de l’échelle.

Je représente l’alternative. Je serai un ministre homme qui tachera d’incarner les valeurs féminines 

Moi, et pas d’autres…

Voilà, Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, chers compatriotes, les enfants, ce que je voulais vous dire, afin qu’il vous devienne aussi évident qu’à moi-même que je suis véritablement la personne la plus indiquée pour occuper le poste de Ministre de l’écologie.

Je sais que d’autres noms prestigieux circulent. 

Par exemple celui de mon ami Jean-Marc Jancovici (je dis “mon ami”, parce que nous avons parlé une fois 5 minutes au téléphone en 2005).

Ou encore celui de mon ami Nicolas Meilhan (je dis “mon ami”, parce que nous sommes amis sur LinkedIn, j’ai même commenté l’un de ses posts !).

Ou encore Brune Poirson (je ne dis pas « mon amie » même si elle vient en Creuse, parce qu’elle n’a pas acceptée mon invitation sur LinkedIn).

Mais je vous prie d’examiner la valeur de toutes ces personnes à l’aune des éléments que je vous ai donnés. Vous noterez, par exemple que la plupart portent des cravates, a un jour serré la main d’un grand patron, et ne peuvent absolument pas faire la preuve qu’ils ont sauté à l’élastique du pont de Ponsonnas (103 m).

En me choisissant comme Ministre, vous faites le seul choix véritablement écologique. Vous faites le choix d’un inconnu, pourtant apte à communiquer avec l’ensemble des experts de la question, et incarner l’aspiration des citoyens à ce que l’écologie devienne enfin autre chose qu’un mot creux inlassablement répété par des fonctionnaires et politiques en costume dans des bureaux climatisés. 

J’attends votre coup de fil.

PS : J’avoue que cela m’arrangerait que vous me disiez rapidement que ma candidature est retenue. Cela me permettrait de rassurer l’agent immobilier qui refuse de me louer un appartement sous prétexte que je ne présente pas « assez de garantie ».

Séchage du linge et performance énergétique

Lorsque je demande autour de moi des exemples de “services énergétiques”, certaines réponses sont des grands classiques. Ce sont en général, les services qui sont pris en compte dans les calculs ou qui sont très visibles dans la vie quotidienne. Le chauffage, bien sûr, mais aussi l’eau chaude sanitaire ou l’informatique en font partie. Et puis, il y a les grands oubliés. J’appelle ainsi ces services énergétiques omniprésents, mais presque invisibles. Au premier rang de ces services oubliés, je classe le séchage du linge.

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Lessive : retour vers le futur

Le lavage du linge est un sujet énergétique et environnemental qui m’interpelle depuis de nombreuses années. Tout particulièrement, je suis frappé de la place qu’il prend, dans tous les sens du terme. Et il semble susciter une curiosité inversement proportionnelle.

J’ai donc eu envie d’aborder la question de manière large. Mais par où commencer ? Après avoir longuement hésité, je me suis dit qu’il serait instructif de nous plonger dans la question par un article invité. Par n’importe lequel : celui d’un témoignage du 19èmesiècle.

J’ai donc précisément reproduit ici un extrait du livre « La Maîtresse de Maison », de la Baronne Staffe (1892). On y découvre les instructions pour mener à bien une lessive en ville à la fin du 19ème siècle. Je vous invite à le lire avec curiosité, comme un ethnologue. Les sujets abordés sont multiples, et nous reparlerons de tout cela dans plusieurs articles. Bon voyage !

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Qu’est-ce que l’Assistance à Maîtrise d’Usage ?

Pour réfléchir aux questions énergétiques ou pour échanger avec des interlocuteurs, on s’appuie régulièrement sur des concepts fondamentaux. Ce sont un peu les « prémisses » des problèmes à résoudre. On considère bien souvent, pour avancer, que tout le monde est d’accord sur leur signification. C’est un peu notre point de départ commun. 

C’est par exemple le cas de la « performance énergétique ». J’ai pourtant expliqué, dans un article, à quel point cette notion pouvait cacher des compréhensions différentes. Or, si tout le monde ne comprend pas la même chose, il sera bien difficile de travailler ensemble !

Les mots structurent notre pensée, ainsi que la manière dont nous abordons un problème. Ainsi, travailler sur « le chauffage des églises » n’oriente pas la réflexion de la même manière que de travailler sur « le confort des paroissiens » (voir cet article pour l’illustration). C’est pour cette raison que je suis un peu obsédé par le sens des mots. Parce que sans une grande clarté sur leur sens, je ne n’arrive pas à réfléchir. 

Et l’expression « maîtrise d’usage » ou « assistance à maîtrise d’usage » (AMU), aujourd’hui de plus en plus connue, me semble nécessiter une clarification. 

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RE2020 : le secret bien gardé

(ATTENTION : Ces informations exclusives et surprenantes ont été diffusées le 1er avril 2019. La présence de résidus d’animaux marins dans l’article est fortement suspectée.) 

S’il y a un sujet énergétique qui occupe tout le monde en ce moment, c’est bien la future RE2020. Comme vous le savez, cette réglementation est appelée à remplacer l’actuelle RT2012. Elle devrait inclure de nouvelles notions, telle une approche de type Analyse de Cycle de Vie.

Je vous ai déjà raconté (ici ou ) de quelle manière j’ai contribué à des groupes d’experts. Je l’avoue, je suis resté critique tant sur le processus que sur l’ambition…

Mais j’ai reçu hier une note intermédiaire qui tranche avec les autres, à un point qu’il m’a semblé nécessaire de le partager avec vous.

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L’histoire d’un ballon de confettis

Cet article est un “article invité”

Caroline Ruelle est une amie de longue date de “mon autre vie”. C’est une artiste merveilleuse, auteur, compositrice et interprète. Vous l’avez peut-être croisée sur les routes. Nous échangeons souvent à propos de nos cheminements dans les “alternatives”.

Et récemment, elle m’a envoyé ce texte, ses voeux pour 2019. J’en ai été tellement touché, je l’ai trouvé tellement en phase avec les questionnements de tant de personnes que je croise, que je lui ai proposé de le publier ici. Elle a accepté, je l’en remercie. Je vous laisse donc avec Caroline et son ballon de confettis.

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Raclette : Norman n’a rien compris

raclette - bougie

Vous connaissez probablement Norman Thavaud (dit “Norman fait des vidéos”). Et si vous ne le connaissez pas, alors demandez à l’un de vos enfants ou ados. Ce cher Norman, donc, est l’un des plus célèbres Youtubeurs français. Et dès l’approche de l’hiver, l’une de ses vidéos circule abondamment : celle sur la raclette. Alors que j’écris cet article, elle dépasse les 12 millions de vues. Ce qui correspond (à l’heure où j’écris cet article) à 167 ans de trafic de ce blog… (mais ca progresse !).

Si cette vidéo est effrayante pour le designer énergétique que je suis, c’est qu’elle aborde un sujet fondamental du design énergétique. À un point tel que, lorsque je dois illustrer en quoi consiste cette pratique, je commence par parler de… raclette. Regardez la vidéo de Norman : vous y verrez la version électrique moderne de ce plat ancestral. À croire qu’il n’en existe plus d’autre.

C’est pour cela que je voulais vous présenter une merveille : la raclette à la bougie. Il s’agit de ce petit objet métallique, pouvant accueillir 1 poêlon et 3 ou 4 bougies chauffe-plat.

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Yves Marignac, expert nucléaire non-institutionnel (2)

Nous avions eu en fin d’année 2018 l’honneur d’accueillir Yves Marignac sur le blog. Dans la première partie de cette interview-fleuve, nous avions parlé de la posture très particulière de l’expert indépendant, de l’histoire de WISE-Paris. Et Yves nous avait déjà offert quelques histoires de “derrière le rideau”, de celles qui, toujours, me fascinent.

Et pour bien commencer cette nouvelle année 2019 (qui sera ce que nous déciderons tous d’en faire, à chaque instant) je vous propose de retrouver Yves Marignac, dans la seconde partie de l’interview. Nous sommes toujours dans les bureaux de WISE-Paris, entourés de murs entiers de documentation. Et Yves va nous parler de ses sujets d’inquiétude… Je vous l’avais dit en introduction de cette interview : quand Yves Marignac est inquiet, j’ai les mains moites. Je vous aurai prévenu.e.s.

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Le caleçon long pour sauver la planète

Je vous ai parlé dans un article récent de l’ampleur des économies envisageables par une baisse de la consigne de chauffage. Souvenez-vous : là où on évoque 7% d’économie depuis de nombreuses années, je vous ai dit qu’à mon sens, la valeur est plus élevée, jusqu’à atteindre 15, 20 ou même 30% dans certains cas. 

Et je suis rapidement passé sur une question importante : comment diable peut-on faire pour baisser cette fameuse consigne ?  Parce qu’évidemment, on ne chauffe pas pour le plaisir de chauffer ou de payer des factures : on chauffe un espace dans l’objectif d’une ambiance qui nous apporte du bien-être. Baisser la consigne, pourquoi pas ? Mais s’il s’agit de perdre sur le service rendu, alors il s’agit d’un arbitrage difficile entre économie et confort. 

A moins qu’il n’existe un moyen de baisser la consigne sans diminuer le confort…

Je vais « spoiler », comme disent les jeunes. Oui, ce moyen existe. J’en suis un fervent militant depuis plusieurs années. Il s’agit du caleçon long. Et je vais vous expliquer pourquoi.

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Le chiffre faux que tout le monde recopie sans réfléchir

C’est quasiment un “marronnier” lorsque l’hiver arrive et que les chauffages s’allument. À la télévision, dans les magazines et les journaux, et bien sûr, sur internet, vous pouvez voir passer ce conseil :  « si vous voulez réduire vos consommations de chauffage, il suffit de baisser vos consignes de 1°C et vous économiserez 7% sur votre consommation de chauffage ». Je pense qu’avant ma naissance, qui commence à dater, il circulait déjà. Et bien ce chiffre, il pose plusieurs problèmes dont je voulais vous parler. Après tout, moi aussi j’ai le droit de suivre les saisons pour mes sujets.

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Yves Marignac, expert nucléaire non-institutionnel (1)

Lorsque j’ai “plongé” dans les questions énergétiques, il y a maintenant quelques années, je pensais avoir les idées claires sur le sujet de l’énergie nucléaire. Et puis, j’ai rencontré Yves Marignac. La première fois que je l’ai entendu, je suis resté bouche bée pendant une heure. Cela se renouvelle à chaque fois que nous nous croisons, depuis maintenant plus de dix ans. Ces dernières années, je me disais à chaque fois : “mais POURQUOI n’ais-je pas mon enregistreur avec moi ?”.

Car cet homme a une capacité incroyable : vous prenez tranquillement un café, vous lancez une question apparemment anodine… et vous voilà parti pour un voyage. Non seulement il raconte une histoire digne d’un roman, mais il tisse pour vous des liens qui vous étaient invisibles et donnent une profondeur inimaginable au sujet. Et vous sortez de cette rencontre avec la sensation d’être plus intelligent, mieux armé pour réfléchir par vous-même. Il ne vous donne pas les réponses : il vous donne les outils pour construire les vôtres.

Nous évoquions depuis plusieurs mois l’idée d’écrire ensemble, et il m’a fait l’honneur et le plaisir d’accepter une interview. Au delà de son très haut niveau d’expertise qui l’amène à intervenir partout dans le monde, j’ai eu envie d’entendre Yves parler de sa position d’expert non-institutionnel. Car c’est un rôle rare, précieux pour nous citoyens, et dont la pratique relève, à mon sens, d’un quasi art martial.

(L’interview sera publiée en deux parties. Cette première partie aborde principalement son rôle d’expert non-institutionnel. Dans la deuxième partie, Yves nous donnera son analyse des principaux sujets de vigilance et d’inquiétude actuels sur le nucléaire).

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La question des scénarios conventionnels : enjeu majeur de la RE 2020

Aujourd’hui, c’est un article sur un thème proche de l’article précédent : je vous avais expliqué qu’en ce moment, il y a un processus d’élaboration de la future réglementation environnementale qui sera la suite de l’actuelle réglementation thermique. 

Dans ce processus, les services de l’état demandent des contributions à des experts sur différents thèmes. Ce sont des contributions libres et j’en ai fait une précédemment à propos de la prise en compte du confort d’été et il y a un deuxième sujet sur lequel je vais faire une contribution, c’est celui (on appelle ça les usages) des scénarios conventionnels. 

Alors qu’est ce que c’est qu’un scénario conventionnel ? Et pourquoi c’est important d’en parler ? Pour que vous compreniez bien, je vais vous expliquer comment fonctionne une réglementation.

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Confort d’été et Réglementation Thermique

Vous pourriez me dire que décidémment, je vous parle beaucoup de surchauffe et de confort d’été en ce moment. Et que c’est un peu étrange, étant donné que la saison de la raclette a déjà commencé. Je vous l’accorde. 

Mais l’actualité réglementaire autour de l’énergie est parfois taquine. Alors que l’hiver s’annonce,  le processus d’élaboration de la nouvelle réglementation environnementale, prévue pour 2020, bat son plein.

Pour cela, les services de l’Etat font appel à des groupes d’experts. Parmi eux, le groupe d’experts n°8 va s’intéresser spécialement à la question du confort d’été. Cet article est fondé sur la contribution que j’ai apportée à ce groupe de travail.

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Le diesel au prix de l’essence – une erreur de calcul ?

Au début du mois d’octobre 2018, on a vu se multiplier les publications évoquant le rapprochement du prix du gasoil avec celui de l’essence. Comme souvent sur de tels sujets, les écrits sont de qualité variable. Il y a certes des papiers tapageurs, mais aussi certains de grande qualité, comme celui du très bon site des Décodeurs, restant valable même s’il date de 2015.

Pourtant, même dans ces articles plutôt fouillés, on n’évoque en général que ces quelques angles pour évaluer la question :

  • le prix d’un litre de gasoil comparé à un litre d’essence ;
  • le fait que les véhicules diesel consommeraient souvent moins qu’un véhicule à essence ;
  • la comparaison des prix d’achat entre un véhicule au diesel et un véhicule à essence.

Je le dis souvent dans les articles de ce blog, il y a un défaut courant dans les analyses énergétiques : celui de s’intéresser à l’énergie plutôt qu’au service qu’elle nous rend. Sur cette question de la comparaison entre gasoil et essence, cela n’a pas manqué, ce défaut dans l’analyse ré-apparait.

Plus grave, je ne trouve pas d’explicitation claire à cette annonce d’un « rapprochement entre le prix du gazole et celui de l’essence ». J’ai donc eu envie de m’y pencher un peu…

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Pourquoi l’humanité est-elle avide d’énergie ?

Depuis la publication du livre Le design énergétique des Bâtiments, j’ai reçu de nombreux messages de lecteurs. J’en suis toujours très touché, et souvent aussi, questionné, voire remis en question, ce qui est très stimulant !

Voici ce que disait récemment l’un de ces retours : « J’ai le sentiment que vous tentez de poser la première pierre d’une nouvelle discipline de l’énergétique ».

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Énergie et financement d’origine renouvelable

Le fait de considérer l’argent comme une énergie peut apparaître, selon les milieux, comme très naturel ou complètement fantaisiste. Dans le cadre du design énergétique, j’ai l’habitude de penser l’énergie comme « cette chose qui nous permet de résoudre un problème ». J’aime aussi considérer que la mobilisation d’une forme d’énergie nous permet de résoudre l’écart entre ce qu’on a et ce que l’on voudrait.

Avec une telle acception du mot énergie, donc, je ne vois pas de frein majeur à appliquer quelques éléments de la réflexion énergétique à la circulation de richesse, dont l’argent est l’une des formes.Lire la suite…

La Transition Énergétique par le Crossfit

À celles et ceux qui s’intéressent au comptage de l’énergie, je recommande très souvent un article que je trouve fondateur. Écrit par Jean-Marc Jancovici en 2005, il s’intitule Combien suis-je un esclavagiste ? Ce long document, en reprenant l’idée assez ancienne d’esclave énergétique (voir par exemple Énergie et Equité, de Ivan Illitch) illustre deux choses de manière frappante :

  • le corps humain est, entre autres choses, une « machine énergétique », que nous pouvons utiliser pour nous rendre des services énergétiques. Nous l’alimentons (avec du riz, des lasagnes ou des biscottes), et il convertit tout cela en chaleur, déplacement et/ou information/conscience. 
  • la domestication des énergies fossiles a permis à l’humanité de sortir du recours aux seulesforces musculaires, mettant à disposition de ceux qui peuvent se l’offrir des quantités phénoménales d’énergie. Ainsi, Jancovici estime que le service rendu par une petite voiture correspond à celui fourni par plusieurs centaines de cyclistes-esclaves.

Je vous invite bien entendu à lire l’article au complet. Ce qui m’intéresse ici, pourtant, ce n’est pas tellement ce constat de l’incroyable quantité d’énergie mise à notre disposition. Ce que je veux, c’est utiliser cette lecture des services énergétiques pour éclaircir certains aspects de notre quotidien. Lire la suite…

Manifeste pour une frugalité heureuse

Le blog s’ouvre aujourd’hui à un “article invité” d’un genre un peu particulier. En début d’année 2018, trois éminentes personnalités du monde la construction ont publié un Manifeste pour une Frugalité Heureuse. Je l’ai bien sûr signé dès que j’en ai eu connaissance, tant les sujets et les intentions rejoignent celles d’Incub’.

Je vous invite, si vous le souhaitez, à signer vous aussi ce Manifeste en suivant ce lien. Je laisse la parole à Alain Bornarel, Dominique Gauzin-Müller et Philippe Madec.

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L’innovation qui révolutionne la Transition Énergétique

Rares sont les inventions permettant d’envisager un avenir énergétique radicalement différent. Bien souvent, quand on entend parler d’une de ces “révolutions”, cela s’avère au final bien décevant. Mais la technologie que je vous présente aujourd’hui fait exception. D’abord parce qu’elle est techniquement simple, donc robuste. Mais surtout parce qu’elle change complètement notre regard sur une activité majeure de notre société : l’attente.

J’ai longuement discuté avec avec le chercheur Michel Bonvin, du Centre de Recherche en Énergétique Universitaire (CREU) avant qu’il accepte que je vous parle de cette technologie révolutionnaire. Tout ce que vous trouverez ici est donc sous son contrôle.

Je suis sûr que vous finirez cet article convaincu qu’en matière de Transition Énergétique, le mieux est certainement d’attendre !

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Interview de Benoit Montels – chef de projet Expérience P2E

Vous vous dites peut-être à la lecture de ce blog que le design énergétique s’intéresse principalement aux sujets pratiques et concrets. Ce n’est pas faux. Néanmoins, le paysage énergétique mondial et national est largement structuré par des institutions et des organisations que le grand public, et parfois les professionnels, connaît peu. Leur influence sur les “thèmes” énergétiques n’en est pas moins importante.

C’est pourquoi j’ai souhaité vous présenter Benoit Montels. Venu du terrain, il travaille dans ces univers, souvent parisiens, où évoluent les grandes organisations et où se dessine le versant institutionnel de la Transition Énergétique. J’ai trouvé la rencontre édifiante et instructive. Je vous laisse découvrir cet échange, dont le contenu ne laisse pas supposer que nous sommes assis dans le sable d’une plage méridionale…

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La simulation thermique dynamique : comment l’utiliser ?

simulation thermique dynamique - infrarouge

La simulation thermique dynamique

S’il est un outil classique de l’énergéticien en phase de conception d’un bâtiment, c’est bien la Simulation Thermique Dynamique (STD). Là où un outil de type réglementaire systématise le recours à des scénarios d’usage conventionnels, le logiciel de STD permet de saisir et modifier tout à la fois :

  • Un modèle énergétique du bâtiment, avec l’ensemble de ses caractéristiques constructives : géométrie, orientations, caractéristiques de parois et de matériaux, inertie, etc.
  • Un climat, quel qu’il soit, réaliste ou non : une moyenne des 20 dernières années, un modèle de canicule ou un climat à température constante, avec ou sans soleil, avec ou sans vent, etc.
  • Des scénarios d’utilisation : on injecte dans le modèle de bâtiment et local par local, des scénarios d’occupation, de puissance dissipée, etc.simulation thermique dynamique - prisme

Le recours à la STD est devenu très courant dans de nombreux projets, tout particulièrement pour, au moins en théorie, détecter et corriger les risques de surchauffe. Elle est donc très souvent demandée dans les phases de conception, en général au même bureau d’étude qui a en charge tous les aspects énergétiques et fluides. En effet, aujourd’hui, la plupart des bureaux d’étude énergétiques proposent des STD (Simulation Thermique Dynamique) réalisées sur une dizaine de logiciels professionnels, comme Pleiades+Comfie, TRNSYS ou Energie +.

En résumé, depuis une dizaine d’année, le postulat est le suivant : il y a risque de surchauffe, faisons des calculs, ainsi les risques seront détectés, et donc réduits.

Génial.

Mais dans ce cas, pourquoi donc la MAF voit-elle arriver en nombre toujours plus grand les recours pour surchauffe critique ? Se passerait-il des choses imprévues ? Pourquoi trouve-t-on autant d’usagers insatisfaits se plaignant de ne pas pouvoir contrôler les ambiances ?

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Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

J’ai connu négaWatt il y a plus de 10 ans, et depuis, j’ai eu l’occasion de côtoyer les membres de ce réseau de (très) près. Et quelque chose m’a toujours semblé difficile : de cet imposant travail à l’échelle nationale, imaginer ma petite vie negaWatt au quotidien. C’est une chose de lire « la consommation d’énergie finale dans l’industrie sera de 342 TWh/an en 2050 ». C’en est une autre d’en imaginer la signification dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, il y a un aspect « tous dans le même panier » qui rend difficile, parfois, de se projeter. Ainsi, si je lis « l’utilisation de l’avion (pour les longs courriers) diminue fortement de 2.72E11 km en 2017 à 1,34E10 km en 2050 »… Alors, ça veut dire quoi ?

Bref… j’ai eu envie de voir s’il y avait des manières simples de « vivre négaWatt » dès aujourd’hui. Pour dresser cette liste, je n’ai pris que des changements simples qui ne dépendent que de moi. Je laisse de côté ceux pour lesquels la société doit au préalable s’organiser. Voici donc 11 pistes d’actions simples, concrètes, parfois amusantes. Elles sont (presque) directement tirées du scénario négaWatt.

Le sympathique blog Comme Une Aille De Papillon vient de publier un article résumant un aspect très important du design énergétique.

Je vous invite donc à le découvrir via le lien ci dessous.

Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.