30 juillet 2019

Moto électrique – avantages et inconvénients

Pour les entrepreneurs et entreprises, le transport est un gros sujet. C’est très concret, la question se pose au quotidien. Chez Incub’, bien sûr, la question se pose aussi, depuis la création, autant pour les transports “longue distance” que pour les trajets quotidiens. Comme nous ne vendons (presque) que de la prestation intellectuelle, nous échappons quasiment à la question du transport des biens. 

Nous avons largement réglé la question du trajet domicile-travail en systématisant depuis 10 ans le travail à domicile. De plus, pour l’instant, nous habitons à proximité de la ville, ce qui laisse un large choix de réseaux. Concrètement, tout se fait à vélo, en bus, ou via l’auto partage Citiz quand une voiture est nécessaire. 

Mais certaines situations quotidiennes restaient compliquées à gérer. Nous avons donc récemment investi dans notre premier véhicule de société, une moto électrique. C’est un type véhicule dont on parle assez peu, la voiture électrique prend beaucoup plus de place dans les débats. Alors j’ai trouvé utile de partager avec vous six avantages – et un inconvénient – que je lui trouve dans le cadre professionnel qui est le nôtre.

Note : je le redis à la fin de l’article, mais tout de même, et pour éviter les commentaires impulsifs : notre véhicule favori et premier choix reste le vélo. Le vrai, “musculaire”, comme on dit. On ne fait pas mieux. 

Moto électrique – avantage 1 : Léger mais costaud

Le premier avantage c’est le poids. Pourquoi ?

Parce que la moto pèse 70kg c’est à dire à peu près le même poids que moi, qui suis la chose à transporter. On a un rapport 1 pour 1 à peu près entre l’objet qui fournit le service et le service (le poids de bonhomme à transporter). Cela va même au-delà, puisqu’on peut embarquer un.e passager.e, ce qui fait quasiment un rapport 2:1.

Ce ratio poids transportés / poids du véhicules, c’est vraiment la base de la sobriété énergétique en matière de transport. Je ne connais pas d’autre véhicule motorisé d’un niveau de service équivalent qui offre un tel ratio. C’est d’ailleurs l’un des points principaux mentionné par France Stratégie dans un rapport de début 2019, pour faire baisser radicalement les émissions de CO2 liées à la mobilité (même si ce rapport ne parle que des voitures). 

Moto électrique – avantage 2 : Peu chère à l’investissement et à l’exploitation

Pour un professionnel, il est beaucoup plus visible que le coût a deux aspects : l’investissement et le coût d’exploitation. Du point de vue de l’investissement, le modèle que nous avons acheté a coûté 3200 euros TTC soit environ 2700 € HT. Sur la même base existe un modèle à 2700€ TTC. Cela reste fort peu coûteux pour un véhicule deux places, et c’est d’autant plus intéressant que ces véhicules bénéficient d’un amortissement accéléré

Mais je trouve surtout intéressant le coût d’exploitation et sa fiabilité dans le temps. Ce que nous observons, c’est qu’une recharge complète de batterie coûte environ 20 centimes d’euros pour environ 80 kilomètres. C’est très faible, mais surtout très stable ! Ce n’est pas une charge importante qui va osciller comme le coût de l’essence ou du gasoil.

Puisque je parle d’autonomie… C’est en réalité fort difficile, et surtout chez moi, en milieu un peu vallonné, de convertir “une charge” en km. C’est encore plus absurde que de tenter le lien entre une consommation conventionnelle et une consommation réelle pour un bâtiment. 

Moto électrique – avantage 3 : Je roule 100% renouvelable

Nos bureaux / logements sont depuis toujours alimentés en électricité chez Enercoop. Ça veut dire qu’on roule sur de l’électricité 100 % renouvelable provenant de productions françaises. Je ne connais pas, à ce jour, de véhicule thermique facilement accessible permettant de faire ça, à moins de s’alimenter en huile vierge (et ça devient compliqué avec les assurances) ou à 100% en gaz renouvelable, une offre qui n’est pas encore disponible. 

Sur cette moto, nous sommes donc alimentés avec de l’électricité de source renouvelable, pas seulement sur achats de certificats, et on trouve que c’est plutôt clean !

Moto électrique – avantage 4 : Silence, je roule !

Le quatrième avantage est pour moi presque l’un des principaux. On n’entend rien ! La moto ne fait pas un bruit, même pas le petit sifflement des voitures électriques. Si pour vous le deux-roues motorisé est un truc puant avec cet horrible bruit de taille haie, alors changez d’avis.

On arrive à se parler normalement quand on est à deux sur la moto c’est royal ! Moi qui suis à la fois musicien et avec des troubles de l’attention, en particulier liés au bruit, les villes sont des cauchemars. Je rêve d’une généralisation de ces déplacements silencieux.

Je suis toujours surpris que la majorité des gens me disent “oui, mais l’électrique, c’est dangereux, on ne les entend pas arriver”. Ça me semble absurde, ça me rappelle presque cette réaction spontanée quand je dis que mes enfants ne vont pas à l’école, du genre “ah bon, mais ils n’ont pas de vie sociale, alors ?” Personnellement, je ne connais pas de cas d’accident dont la cause ait été “le non bruit”.

Lorsque je roule à vélo, je ne passe pas mon temps à hurler pour prévenir que j’arrive, idem quand je cours. Et je n’ai JAMAIS eu la sensation que mon arrivée silencieuse me mettait, moi et les passants, en danger. Personne n’a jamais proposé un seuil de bruit minimal à respecter pour que les voitures créent moins d’accident. Et puis vous savez, il y a ces deux choses fascinantes et incroyables : la vigilance du conducteur et, comble de la technologie… le klaxon. 

Moto électrique – avantage 5 : Efficacité énergétique au top.

Il faut quand même que je vous parle un petit peu d’énergie et de design énergétique. Cette moto est équipée d’un moteur électrique Bosch de 2,9 kW, avec un couple de 150 Nm. À une époque, j’ai eu une 2CV4, nommée Pépette. Et bien, le moteur de la moto électrique (baptisée Olga) est à peu près 10 fois moins puissant, alors que le poids du véhicule est 7 fois moindre. Mais comparons avec une voiture électrique récentes comme la Zoé de chez Renault. Elle est équipée de moteurs allant de 68 à 79 kW, soit 23 à 27 fois plus que Olga. Olga est donc beaucoup, beaucoup moins puissance qu’une Zoé, qui est beaucoup, beaucoup moins puissante qu’une voiture thermique. Pourquoi ?

Parce qu’un moteur électrique converti l’énergie électrique en énergie mécanique avec un rendement de quasiment 100%. Cela signifie qu’on récupèrera presque toute l’énergie électrique en service de transport. 

Cette grande efficacité et ce couple important fourni quelque soit le régime ont un effet un peu surprenant : “ça envoie” dès qu’on “ouvre les gaz”, la machine est très nerveuse.

Notre modèle est l’équivalent d’un 50 cm3, mais ça accélère sérieusement ! Elle est vendue bridée avec une vitesse maximale de 45 km/h, conformément à la réglementation, même si elle peut être débridée (pour un usage uniquement en circuit privé) et ainsi monter quasiment jusqu’à 70 km/h.

Très concrètement, en usage urbain et périurbain, il n’y a finalement que peu de situations où c’est une contrainte, car on passe son temps à s’arrêter pour des piétons, à prendre un rond point ou un ralentisseur.

Moto électrique – avantage 6 : Sans permis (ou presque).

Je trouve que c’est un avantage non négligeable, en contexte professionnel, que la moto électrique ne nécessite pas de permis B. On peut la conduire avec le permis AM, à partir de 14 ans, un permis qui coûte 150 ou 200 €. Ça enlève une barrière à l’entrée, et on peut avoir des collaborateurs plus jeunes ou qui n’ont juste pas envie d’investir dans un permis de voiture. 

Des inconvénients ?

En fait, d’inconvénient, il n’y en a qu’un majeur : la moto électrique est une machine assez complexe équipée d’une batterie et sans effort musculaire. 

Je considère que sur une large gamme de déplacements urbains, ce ne sera jamais aussi “intelligent” qu’un vélo, LE véhicule urbain quasiment parfait. Je parle d’un vélo musculaire comme disent maintenant les vendeurs de vélo, un vrai vélo quoi, celui où il faut pédaler. (Peut-être faudra-t-il que j’en fasse un article : je ne crois pas vraiment au “vélo électrique” (hors vélo spéciaux, genre cargo, et encore…) sorte de semi-choix entre le vélo et la moto électrique, justement…)

Concrètement, nous n’y avons recours que lorsqu’on ne s’en sort pas avec le vélo ou le bus, bien souvent pour des questions de rapidité ou d’horaire décalés. La moto électrique est donc pour nous un très bon véhicule motorisé pour toutes les situations où les autres solutions ne fonctionnenent pas, pour faire une espèce d’intermédiaire entre le vélo justement et les cas où une voiture serait nécessaire. Je parle d’une voiture pleine, de gens ou de matériel – comme elles devraient toujours l’être.

En conclusion

Au final, j’ai envie de considérer la moto ou le scooter électrique comme un chaînon manquant dans la gamme des véhicules urbains. Si je trouve important d’en parler, c’est que les échanges sur les évolutions de mobilité se focalisent beaucoup sur la voiture électrique qui n’est pas un réel changement de paradigme.

Une voiture électrique reste un objet imposant, lourd et coûteux qui sert bien souvent à transporter… pas grand chose (un ou deux passagers). Pour un usage urbain, encore une fois, je trouve que ce genre de véhicules légers et pratiques, qui utilise certes des batteries et des systèmes électriques (mais beaucoup moins que l’équivalent automobile) représentent une vraie alternative, un palier dans les possibilités de mobilité. On peut ainsi imaginer une évolution souple entre les moyens de transport urbains, de la marche en passant par le vélo, par ce genre de véhicule deux roues légers électriques vers des véhicules plus lourds si (et seulement si) il y a besoin d’obtenir un service plus important.

pascal

Pascal est designer énergétique depuis plus de 15 ans, avec des expériences variées dans les domaines du bâtiment, des vêtements et équipements. Il est également musicien et écrivain, et habite en Savoie (France).

Click Here to Leave a Comment Below

Leave a Reply: